‹ ŒuvresChapitre 12 sur 241 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Consultez-vom avant que de vous satisfaire.

Pour 1 état croyez-vous n’avoir plus rien à faire ?

GUILLAUME

Je le crois. Cependant qu’abusé par les grands Contre un tyran le Belge implorait des tyrans, Abîmant sous nos mers le pouvoir despotique, N’ai-je pas au Batave acquis la république ?

Ce pays sous le joug ne peut plus revenir.

Par l’union d’Utrecht fixant son avenir

J’ai, contre les efforts du plus puissant des princes.

Ralliant à jamais l’effort des sept provinces ,

Par la solidité de ce lien nouveau ,

Réuni leurs sept dards en un même faisceau.

Ils se défendront seuls. Désormais plus tranquille. Et , grâce à mes travaux, certain d’être inutile. Souffrez que dans l’oubli j’attende le trépas.

Je pars, j’en ai le droit.

BARNEVBLDT.

Non , vous ne l’avez pas.

Confondre les ingrats par de nouveaux services ,

A force.de bienfaits punir leurs injustices.

Voilà comment se venge un homme tel que vous. Dans Rome aussi jadis Camille eut des jaloux;

Par des soupçons aussi sa vertu fut flétrie :

Il ne leur répondit qu’en sauvant la patrie.

Vengez-vous de la vôtre en combatuuit.

GUILLAUME

Ami,

Cessez; n’ébranlez pas ce cœur mal affermi Dans l’affligeant devoir que ma vertu s’impose ; N’ébranlez pas l’appui sur lequel je repose ;

Ne m’affaiblissez pas par un zèle indiscret.

A ce peuple inconstant épargnant un décret ,

Pour m’infliger moi-même un utile ostracisme , Lorsque j’aurais besoin de tout votre héroïsme,

Par un contraire effort gardez-vous d’ajouter Aux peines qu’un effort si grand doit me coûter.

Poim y persévérer j’ai besoin de courage.

Laissez-moi tout le mien; et, tant qu’un témoignage

Unanime, éclatant, ne m’aura pas prouvé

Que le vœu des soldats du peuple est approuvé,

De ses préventions sans prévenir le terme.

Souffrez qu’en ce palais du moins je me renferme.

J’y reste en citoyen ; mais au jour du combat ,

S’il vient, cher Barneveldt, j’en sortirai soldat.

BARNEVELDT

Ce grand jour , croyez-moi , ne peut se faire attendre.

( On entend l'air national. )

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