‹ ŒuvresChapitre 13 sur 241 · UN SOLDAT · texte numérisé non relu

UN SOLDAT

Nassau , de la patrie écoutez la prière.

Promettez , promettez à l’élite guerrière ,

Qui brille de vous suivre à de nouveaux combats , Que vous retournerez avec vos vieux soldats ,

Avec vos compagnons de dangers et de gloire.

Aux champs où si souvent vous suivit la victoire ; Aux champs où vos amis, de votre honneur jaloux , Ne veulent succomber ni triompher sans vous.

GUILLAUME

Liiberté , tu vaincras ! J’en al pour assurance

Leur fierté , leur courage , et leur persévérance.

Si pourtant vous pouviez triompher sans danger,

Sous vos drapeaux, ingrats! loin d’aller me ranger. Dans vos lauriers futurs refusant tout partage ,

Croyez qu’à l’instant même en mon vieil héritage J’irais... Ah! qu’ai-je dit! Non, mes amis, croyez Que le dangereux poste où vous me renvoyez ,

Pour ce cœur toujours jeune a cent fois plus de charmes Qu’un parti , quel qu’il soit , qui, m’arrachant aux armes , Déroberait aux coups dont vous seriez frappés , Quelques restes de sang aux poignards échappés.

MAURICE

Mon père, et moi pourrai-je enfin, malgré mon âge, Faire sous vos regards l’essai de mon courage. Apprendre, en combattant sous im tel général.

Les secrets de cet art nécessaire et fatal ,

Qui maître des états les renverse ou les fonde ,

Et non moins que les lois fait les destins du monde

GUILLAUME

Tu préviens mes désirs : le moment est venu Où de Maurice aussi le nom sera connu.

Oui, tout Nassau, mon fils, doit l’exemple au plus bravej Oui, tout Nassau, mon fils, est né soldat batave.

Mes trois frères sont morts les armes à la main ;

Et si le tien jadis , dans les murs de Louvain,

Sans respect pour l’étude et ses saints privilèges ,

N’eùt pas été ravi par des mains sacrilèges.

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