‹ ŒuvresChapitre 127 sur 241 · ROMANCE · texte numérisé non relu

ROMANCE

« Ainsi, d’un préjugé barbare « Je serais victime en ce jour !

.. Et r orgueil à jamais sépare « Ceux que devait unir l’amour.

-< Au sein d’une famille obscure,

" Libre d’obéir à mon cœur,

« Que ne te devais-je, ô nature !

« Moins de gloire et plus de bonheur.

« Le nom de Roland qui m’adore « Séduit un frère ambitieux ;

■> Mais mon cœur trouve en Mélidore ■' Des titres bien plus précieux.

« Lequel des deux faut-il en croire ,

« Ou de mon frère ou de mon cœur •> Le bonheur vaut-il mieux sans gloire ,

■< Que la gloire sans le bonheur ?

« L’orgueil dans les cœurs inflexibles ■■ A donc éteint tous sentiments !

« Ambitieux sont insensibles ,

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« Amants seuls plaignent les amants.

'< Eh quoi ! la flamme \fi plus pure « Pourrait-elle avilir un cœur « Non ; la honte est dans le parjure ,

« Et ma gloire est dans mon bonheur. »

Oui, cher amant, oui, Mélidore,

De l’orgueilleux Aimar qu’importe la fureur ?

Libre, je t’ai donné mon cœur;

Esclave, hélas! je te le donne encore.

Que dis-je esclave ! quelle erreur !

Quand ma fortune prend une nouvelle face ,

Auprès de l’amitié l’amour trouvera grâce.

Cy< VA TI NE.

« Jule, par son retour, me rend un protecteur.

« Le sang des Faventins, qui coule dans ses veines,

« Est le moindre de nos liens.

« La plus tendre amitié nous unit de ses chaînes.

« Dès l’enfance, je m’en souviens,

« il n’eut de peines que les miennes ,

« 11 n’eut de plaisirs que les miens.

« Découvrons-lui mon cœur et l’amour qui m’anime.

« Mon sort à sa voix doit changer ;

« Si c’est un frère qui m’opprime ,

« Un frère va me protéger. »

J’entends du bruit, on vient; que vois-je! c’est lui-nièint'-

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