‹ ŒuvresChapitre 128 sur 241 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

PHROSINE, JULE.

PHROSINB.

Jule ! est-ce vous? bonheur suprême !

JULE.

Phrosine , ma sœur, est-ce vous ?

( A part. )

Retour trop prompt! moment que craignait ma faiblesse

PHROSINE

Retour trop lent! moment si doux ,

Qu’a tant désiré ma tendresse !

Mais quoi , vous vous taisez... D’où naissent vos soupirs Et le silence où votre cœur s’obstine P Auriez-vous quelques déplaisirs ,

Ou n’aimeriez-v<^us plus Phrosine ?

JULE.

Qui, moi , ne plus t’aimer ? ah ! lis mieux dans ce cœur Qui te cherche ensemble et t’évite ;

Si tu lui fais des reproches , ma sœur.

Ne lui feis que ceux qu’il mérite.

PHROSINE

Vous voulez, vainement éluder ces aveux

Qu’il faut que ma tendresse obtienne ,

Vos yeux, m’apprennent tout.

JULE.

Puisqu’ en6n tu le veux,

Je l’avoûrai ; j’ai cru voir des pleurs dans tes yeux , Ta douleur a causé la mienne.

Ah! Jule, il est trop vrai, mes pleurs ont révélé Le profond chagrin qui m’obsède.

JULE.

Phrosine , à ce chagrin n’est-il pas de remède

PHROSINE

11 eu est un , mon frère.

• JULE.

Et tu n'as pas parlé !

PHROSINE

D’Aimar, fier de son origine ,

Vous connaissez l’orgueil et les préjugés vains.

Je les connais et je le plains,

Puisqu’il les préfère à Phrosine.

PHROSINE

Il veut, charmé du vain nom de Roland,

Unir sa famille à la nôtre ;

Pour forcer mon consentement ,

Mon frère , il n’attend que le vôtre.

JULE.

Crois qu’il y compte vainement.

Moi ! qu’à ton malheur je souscrive !

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