ACTE I, SCÈNE III
Non, non; je suis, quoi qu’il arrive.
Ton frère et non pas ton tyran.
FHROSINE.
Pour une famille étrangère ,
Pour des murs étrangers , pour de lointains climats , Quitter cette fertile terre Où s’essayaient mes premiers pas ;
Fuir la famille qui* m’est chère ;
C’est ce qu’un frère exige !...
Et ce qu’un frère Siirement ne souffrira pas.
Le ciel nous fit pour vivre ensemble :
Ce n’est qu’auprès de toi que je veux respirer. Puisqu’enfin ce jour nous rassemble ,
Il ne faut plus nous séparer.
PHROSINE
C’est tout ce que mon cœur désire.
J OLE
C’est tout ce que le mien prétend ,
Lui, qui ne connaît pas de plus doux sentiment Que celui que Phrosine inspire. : , :
PHRQSINE.
•Tamais frère ne fut aimé plus tendrement.
JD LE.
Eb bien ! pourquoi chercher hors de notre famille Le bonheur qui nous est offert ?
Qui croit ailleurs le rencontrer, le perd :
26 o phrosine et mélidore.
Ce n’est souvent qu’un vain éclair qui brille.
Que si Phrosine me chérit ,
Mon exemple la détermine ;
Quand Phrosine à Jule suffit ,
Que Jule suffise à Phrosine.
Je renonce à l’hymen , à tout engagement Qui poiurrait m’éloigner d’une sœur aussi chère.
PHROSINE
Ce sentiment si doux qu’on a pour un amant Ne nuit point à celui que l’on garde à son frère.
JULE.
Phrosine , vous m’aimez !
Oui. V
JULE.
Cet aveu m’éclaire :
D’un refus qu’à mes yeux tu voulais déguiser Il m’apprend les causes secrètes ;
Ne pense donc plus m’abuser :
Je vois trop ce que tu regrettes.
PHROSINE
Ah ! bien loin d’user de détour ,
Je vais vous découvrir mon âme.
Depuis votre départ, fixé dans ce séjour,
Pour prix de la plus vive flamme,
Mélidore obtint mon amour.
Pour combler mon bonheur, c’est en vous que j’espère; Je dois souhaiter doublement