‹ ŒuvresChapitre 130 sur 241 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

L’hymen qui m’unirait au plus fidèle amant ,

Sans me séparer de mon frère.

J OLE

Sans nous séparer ! ah ! ma sœur ,

Comment osez-vous me le dire!

Effroyable discours! l’amour qui vous l’inspire Ne peut égaler ma fureur.

Sans nous séparer ! dans ton cœur ,

Pour moi seul désormais de glace ,

Dis-moi quelle sera ma place .»*

O souvenir doux et cruel pour moi !

Dans ton âme autrefois j’occupais la première ;

J’y régnais seul. O jour d’effroi !

Un étranger l’occupe tout entière ,

Et Jule n’est plus rien pour toi !

Jule , qui n’aime rien comme il aime Phrosine !

Enfin... ce Mélidore, objet d’un si beau feu,

Quels sont ses biens, quelle est son originei*... Que m’importe... il serait le premier de Messine ,

Qu’il n’obtiendrait pas mon aveu.

PHROSINE

De cette aversion extrême En vain je cherche le sujet.

IULE

Cet hymen blesse Aimar, Phrosine; il me déplaît;

Il doit vous déplaire de même.

Eh quoi !

J ULE.

N’insistez plus , ou craignez mon courroui.

PHROSINE

Par vous Phrosine est aussi poursuivie !

Aimar, dont votre cœur blâmait la tyrannie ,

Jule, est-il plus tyran que vous?

AIR

JUEE.

« Aimar fut juste ; cette ardeur « Pour tous les deux est un outrage ;

« Loin de condamner sa fureur,

« Mon cœur avec lui la partage.

« Que ton amant , ainsi que toi , n Craigne cette fureur extrême.

<■ Oui , l’inflexible Aimar lui-même « Est moins inflexible que moi.

«Tu pleures, coupable trop chère!

« Tout peut encore être oublié.

« Si ton repentir est sincère , n Déjà ton crime est expié :

« Le courroux , dans le cœur d’un frère ,

« Est toujours près de la pitié.

•< Abjure l’amour qui t’anime.

PHROSINE

« On ne se repent que d’un crime.

J U LE

« Ah! c’en est un que cette ardeur;

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