ACTE II, SCÈNE V. aS
JC LE.
Aimar surprit le traître , Alors qu’il enlevait cette perfide sœur !
Ce crime s’expiait, lorsque du ravisseur On a vu les amis paraître.
En vain par le grand nombre Aimar environné ,
Dans l’extrême péril montre tm courage extrême ,
Sous les yeux de Pbrosine même ,
Bientôt il tombe assassiné !
MÉLIDORE
Assassiné ! quelle imposture !
JCLE.
Par tous nos serviteurs ces faits sont avérés.
MÉLinORE.
Ou VOUS m’en imposez , ou bien vous ignorez Les détails de cette aventure.
Je connais Mélidore et ses tristes amours.
Je sais que, provoqué par votre orgueilleux frère.
Il mit tous ses efforts à défendre ses jours ,
En épargnant son adversaire.
Le seul Aimar, par la rage emporté.
De sa propre fureur est tombé la victime :
Sur le fer menaçant il s’est précipité;
Et le coup qui lui fut porté
Fut bien plus un malheur qu’un crime.
Moins à plaindre cent fois s’il avajt pu périr,
Dans ce coup Mélidore a trouvé sa ruine ;
Ne valait-il pas mieux mourir
a88 PHROSINE ET MÉLIDORE.
Que perdre le cœur de Phrosine ?
JOLE.
Ah ! loin qu'il en soit détesté ,
La perfide jamais ne l’aima davantage.
Que dites-vous , seigneur ?
JDLE.
Je dis la vérité.
Si vous n’en croyez pas ma rage , Peut-être en croirez-vous l’aveu Que , dans son désespoir extrême ,
Ici doit vous faire avant peu L’ingrate Phrosine elle-même.
MÉLIDORE
Quoi ! Phrosine viendrait ici ?
IULE
Elle vient vous ouvrir son âme ,
Vous avouer sa criminelle flamme.
Vous pouvez tout encor sur ce cœur endurci.
Que votre sagesse l’éclaire.
Ce n’est plus qu’en vous que j’espère.
Descendu parmi les rochers Qui bordent le nord de cette île ,
J’ai dû vous prévenir avant que les nochers Aient trouvé pour Phrosine un abord plus facile.
BIÉLIDORE.
Elle peut compter sur ma foi j Sans plus différer, qu’elle vienne.