‹ ŒuvresChapitre 168 sur 241 · ACTE III, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VII

PHROSINE

Je t’entends... Jule, rélevez- vous :

Ne songeons qu’au moment prospère Qui vient de me rendre un époux,

Et me fait retrouver un frère.

CHŒUR GÉNÉRAL

« Le ciel s’éclaircit sur nos têtes ;

« Sur l’onde où régnent les tempêtes « Le calme renaît à son tour.

« Ne perdons jamais l’espérance :

« Souvent le jour de la souffrance « Est la veille d’un heureux jour.

« Il est un terme pour la peine j « Il est un terme pour la haine :

<• Qu’il n’en soit pas pour notre amour.

NOTES ET REMARQUES

SUR

Un genre qu'il regarde comme bâtard.

C’est d’après cette opinion, sans doute, que l’auteur avait composé la préface suivante. Nous l’avons retrouvée dans ses papiers; elle est en tête d’un opéra intitulé Gil Bios, et portant la date de 1787.

<1 Le meilleur des opéras-comiques n’a pas le sens commun. Je ne suis pourtant pas ennemi de ce genre de spectacle. Les petits enfants y rient, les grandes personnes y pleurent, les gens sensés ne savent, à la vérité, s’ils y doivent rire ou pleurer; mais deshommes de beaucoup d’esprit ne l’ont pasdédaigné, d’excellents acteurs le jouent, et le public y abonde. L’alliage du pathétique à la bouffonnerie me paraît plus admirable encore dans cette espèce d’ouvrages que dans les tragédies de Shakspeare , tragédies quelquefois plus gaies que nos opéras-comiques, qui en revanche sont souvent plus tristes; tragédies si chères aux Anglais, grands partisans d'ailleurs de l’opéracomique , et gens de goût , comme on sait.

NOTES ET REMARQUES. 517

« Comme je vise à la célébrité, j’ai voulu avoir 'aussi mon opéra-comique. J’ai choisi à cet effet le sujet le plus triste que j’aie pu rencontrer, et je l’ai traité d’une manière assez gaie, je m’en flatte.

n Les connaisseurs me reprocheront peut-étre"^e n’avoir violé que deux des trois unités exigées par Aristote; je conviendrai avec eux qu’il était possible de moins respecter la vraisemblance, et que c’est trop de scrupule, sans doute, dans un drame où l’acteur parle quand on croit qu’il va chanter, et chante quand on croit qu’il va parler. Néanmoins je suis assez eontent de mon ouvrage, et j’espère que l’on sera assez juste pour penser de même, car il est passablement absurde pour un coup d’essai. »

Il ne faut pas conclure de ces plaisanteries, qui portent sur le genre , que M. Arnault ne rende pas justice au talent des auteurs auxquels ce genre doit sa faveur. Il a toujours donné de justes éloges aux comédies ingénieuses de Marmontel, aux drames intéressants de Marsollier, aux compositions si théâtrales de Sedaine ; et personne n’a plus applaudi que lui aux opéras-comiques de MM. Hoffman , Duval et Étienne, qui , sous ce titre, ont fait représenter plus d’une excellente comédie.

Mademoiaelle Contât.

Son talent a fait vingt-cinq ans la gloire du Théâtre français. Jamais on n’avait allié plus de noblesse à plus de grâces, et un sens plus juste à un esprit plus délié : de plus, ou n’a pas été plus jolie.

3i8 NOTES ET REMARQUES.

Madcmuiselle Leverd la rappelle quelquefois; mademoiselle Mars la fait souvent oublier.

Indépendamment de son talent , mademoiselle Contât possédait toutes les qualités sociales. Excellente sous tous les rapports, elle eût porté plus loin que personne le dévouement en amitié. L’auteur de Phrosine , arrêté comme émigré en 1792, dut la liberté à son active sollicitude. Ne croyant pas s’étre acquitté envers elle en lui dédiant un opéra, il a voulu lui payer un tribut plus éclatant de sa reconnaissance sur la tombe où elle est descendue avant l’âge. On trouvera dans cette édition la notice qu’il a publiée sur mademoiselle Contât, qui portait alors le nom de Parny, en conséquence de son mariage avec le neveu du TibuUe français.

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