‹ ŒuvresChapitre 19 sur 241 · I,’ AMBASSADEUR · texte numérisé non relu

I,’ AMBASSADEUR

Vous détournez les yeux. Vous ne sauriez, Gerrard,

D 'un juge inattendu soutenir le regard.

Je le conçois.

Appui du trône et de l’église ,

Je ne puis le nier, ce n’est pas sans surprise

Que je vous vois, sans bruit, sans titre, sans splendeur.

Chez ces républicains modeste ambassadeur.

Flattant les révoltés qu’on menaçait naguère.

Parler de paix aux lieux où vous portiez la guerre. l’ambassadeur.

Si Gerrard plus fidèle avait fait son devoir, '

J’y donnerais des lois au lieu d’en recevoir.

Parlez : depuis un an tpiel motif vous arrête .i*

Des millions de bras ici n’ont qu’une tête ;

Un seul coup suffirait pour les désarmer tous ; Long-temps, de le porter on vous a vu jaloux , Dévorer en espoir, d’honneurs surtout avide.

Le prix toujours offert à ce saint homicide.

Dans quel projet ici n’êtes-vous pas venu ?

Ne craignant rien, sinon que d’être prévenu;

Vous ne faisiez pas voir ce cœur pusillanime Quand Jaureguy , plus prompt à frapper la victime , Pensa vous dérober im honneur immortel ,

Et venger dans Anvers et le trône et l’autel. Croyez-en, disiez-vous, l’ardeur qui me dévore; Mes coups seront plus sûrs... et Nassau vit encore !

GERHARD

Oui , Nassau vit encore ; et Dieu seul l’a voulu.

A le frapper Dieu sait si j’étais résolu ;

Fidèle à deux devoirs si, pour punir un homme. Egalement proscrit par Madrid et par Rome,

Et déclaré par vous indigne de pardon ,

J’avais fait de ma vie un entier abandon :

Heureux de voir ainsi de mes erreurs passées ,

Au livre accusateur les traces effacées ,

Et le ciel accorder au sang d’un vrai martyr Ma grâce refusée aux pleurs du repentir !

Je pars : n’ignorant pas que le ciel autorise La fraude même utile à pareille entreprise ,

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