‹ ŒuvresChapitre 20 sur 241 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

J’ose , pour mieux servir et l’église et l’état ,

A notre auguste foi saintement apostat ,

Me proclamer partout victime de mon zèle,

A propager l’erreur sous sa forme nouvelle ;

Et, grâce à l’intérêt que j’ai l’art d’obtenir,

Jusqu’à Nassau lui-même on me voit parvenir.

Je me le figurais arrogant et farouche ,

La fureur dans les yeux , le blasphème à la bouche , Et, craignant qu’à mes coups il ne pût échapper, Déjà saisi du fer j’étais prêt à frapper :

Quand s’avançant vers moi : « Je sais votre détresse « A vos malheurs , ami , ma pitié s’intéresse j « Venez, vous n’êtes pas sur un sol rigoureux ;

« C’est un refuge ouvert à tous les malheureux.

« Si le courage en vous s’unit à l’industrie,

« Restez , vous n’avez fait que changer de patrie :

« En tout lieu l’homme utile est bientôt citoyen,

« N’avez-vous pas un toit , habitez sous le mien. « Puis me tendant la main... Vous devinez le reste.

Un accueil moins humain m’eût été moins funeste. Interdit , atterré , contre tant de douceur Je sentis tout-à-coup se briser ma fureur.

A ses discours sa voix prêtait encor des charmes. Dans mes yeux étonnés je retrouvai des larmes.

Le courage expira dans mon cœur énervé:

En se livrant à moi Guillaume s’est sauvé.

l’ambassadeur.

Qu’honorait-il en vous ce sujet infidèle ?

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Kt vob seuls préjuges , foblrmrt combattus ,

Out pu se laisser preadre a ses ferasses Tertus.

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11 se peut : cependant cet intérêt si tendre Sur ses emiemis même il se jdaît à l’étendre, lui vu des Espagnols à sa perte attachés,

De lu tiiuin des bourreaux par la sienne arrachés : Tumlis (|ue de la foi le tribunal suprême Murquuit son front proscrit du sceau de l’anathème, J'iù vu son noble zèle, à ses persécuteurs Prodiguant ses secours et ses soins protecteurs , Soustraire à la fureur des poignards hérétiques Les plus fougueux agents des fureurs catholiques. Ah ! si les dons heureux qui font l’homme de bien , Le géuért'ux guerrier et le vrai citoyen StuU de fausses vertus à vos yeux équitables. Quelles sont , dites-moi , les vertus véritables ?

l'ambassadeur.

Ces vertus , c’est la foi des enfants d'Israël ;

C'est leur soumission aux volontés du ciel ;

C'est leur attachement au Dieu tle leurs ancêtres; C'est leur cbeissance à la voix de ses prêtres ;

C est , pour trancher enfin ties discours superlStw»

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