‹ ŒuvresChapitre 222 sur 241 · CUPIDON · texte numérisé non relu

CUPIDON

Palais où respira Psyché,

Dans votre enceinte, hélas! quel intérêt m’entraîne?

Le désespoir m’en avait arraché,

Et le désespoir in’y ramène !

Si mon courroux m’est odieux , \

Si ma rigueur fait mon supplice ,

Pourquoi revenir en ces lieux Où tout m’en prouve la justice ?

Ah! cette lampe, ce poignard,

Disent sans cesse à mon regard Les attentats de l’inhumaine.

Rendons-lul fureurs pour fureurs !

Je me plais aussi dans les pleurs j Je suis aussi dieu de la haine !

Ou plutôt fùyons-les, ces odieux témoins De la plus noire ingratitude.

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4üb POESIES LYRIQUES.

Ce bois à ma douleur fait espérer du moins Une plus douce solitude.

Qu’il est changé , cet asile enchanteur Dont Psyché n’est plus souveraine,

Ce bois , confident de mon cœur,

Jadis riant de mon bonheur.

Aujourd’hui triste de ma peine !

Sont-ce là ces heureux bosquets Dont le myrte et la rose embellissaient l’ombrage?

De mon sort trop fidèle image ,

La rose ici s’éteint sous la ronce sauvage,

Et le myrte affligé sèche au pied des cyprès.

Le demi-jour si doux qu’y cherchait ma tendresse N’est plus qu’une sombre clarté ,

Qu’une douteuse obscurité,

Horrible même à ma tristesse.

Tout gémit. Les zéphyrs, les flots.

Partageant la douleiu* dont mon âme est atteinte , N’y soupirent que des sanglots.

N’y murmurent que la plainte.

Philomèle a fui ces déserts :

Ils ne redisent plus son chant plaintif et tendre ;

Et l’oiseau de la nuit lui seul y fait entendre Ses lugubres concerts.

Tant de mélancolie et m’étonne et me touche!

Un seul mot la ferait cesser :

Ce mot est dans mon cœur : se peut-il que ma bouche Se refuse à le prononcer !

Non, je veux en vain m’efforcer De renoncer à la cruelle,

Ce cœur qu’elle a voulu percer.

Malgré moi ce cœur la rappelle.

Hélas ! si de mon souvenir Je ne dois jamais la bannir Pourquoi prolonger son absence?

C’est un destin trop rigoureux Que d’être à la fois malheureux Par son crime et par ma vengeance.

Viens consoler par ton retour Le deuil affreux qui m’environne j Viens , Psyché : le plus tendre amour N’est-il pas celui qui pardonne?

Myrtes flétris, relevez-vous ;

Relève-toi , rose nouvelle^:

Reprends tes accords les plus doux ,

Mélodieuse Philomèle.

Viens consoler par ton retour Le deuil affreux qui m’environne;

Viens , Psyché : le plus tendre amour N’est-il pas celui qui pardonne ?

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