‹ ŒuvresChapitre 30 sur 241 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

MAURICE, SAINTE-ALDEGONDE

SAINTK-ALDEGONDE.

Ainsi, Maurice, ainsi Nassau nous abandonne.

Ce malheur me confond bien plus qu’il ne m’étonne. Sur les cœurs paternels la nature a des droits Dont le plus fort en vain croit triompher deux fois.

MAURICE

Telle est la vérité, brave Sainte- Aldegonde.

Nassau se tait, plongé dans sa douleur profonde. Mais il pleure , et , malgré son silence absolu ,

C’est nous apprendre assez 'ce qu’il a résolu.

SAINTE-AUDE GOND E

Je reconnais bien là Philippe et son génie !

Je reconnais bien là sa froide tyrannie.

Son art de menacer , dans un cœur étranger ,

Un cœur indifférent à son propre danger.

Mais votre père eût- il souscrit à leur demande,

Votre père n’est pas perdu pour la Hollande,

Et le projet qu’ici je viens exécuter ,

Malgré lui-même ici peut encor l’arrêter.

MAURICE

S’il en sortait, sa gloire en sortirait flétrie.

Ah ! sauvez notre gloire en sauvant la patrie.

Quel est votre projet, digne ami.'’

SAINTE- A LDEGONDE.

D’achever

L’édifice imparfait qu’on nous vit élever Aux lieux à l’Espagnol fermés par votre père.

Il est solide encor, j’en réponds; et j’espère Qu’au milieu des assauts qui pourraient survenir,

La main qui l’a fondé saura le soutenir.

MAURICE

Cette main tremble.

SAINTE-ALDEGONDE

Eh bien , de cette main , Maurice , Il faut fortifier la vertu protectrice.

Dans le cercle où Guillaume est encore enfermé De droits insuffisants il fut long-temps armé ;

Il faut de sa puissance , enfin mieux assurée ,

Ainsi que la limite étendre la durée.

Le camp s’est prononcé : son désir est le mien ;

Son désir est celui de tout bon citoyen :

Que Guillaume, a-t-il dit, soit comte de Hollande.

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