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ACTE III, SCÈNE IV. Gi

Contre un d’ Albe, un Granvelle, ou tout autre oppresseur. Si tel est le traité conçu par votre maître, Expliquez-vous, après nous avoir fait connaître Quel garant de sa foi nous répond aujourd’hui.

On peut en exiger quand on traite avec lui.

l’aMBASS ADEUH.

Sa parole royale.

BRKDÉRODE.

Et c’est sur un tel gage...

l’ambassadeur.

Le refuser, aux rois ce serait faire outrage.

barneveldt.

Bien loin de le penser, je les veux pour garants.

Est-ce outrager les rois que douter des tyrans ?

l’ambassadeur.

A l’exemple du roi qu’ici je représente,

Inaccessible aux traits d'une audace imprudente,

Sur le fait qu’aux soupçons elle ose signaler.

C’est à Nassau lui seul que j’en veux appeler.

BARNEVELDT

Qu’il parle.

GUILLAUME

Si j’accède aux vœux qu’il vient d’émettre , Philippe entre mes mains l’autorise à remettre IVIon fils depuis quinze ans retenu prisonnier.

Si je parle, approuvez que ce soit le dernier.

BARNEVELDT

Non, prince; le conseil ne sera pas complice

De l’injure qu’ici tous fait votre injustice :

Certain qu’en votre cœur le sang, même une fois,

Ne peut pas du devoir intimider la voix.

C’est votre avis, Nassau, qu’il veut d’abord entendre.

GUILLXUME.

Fortifiez, grand Dieu, ce cœur débile et tendre. Pour vaincre le penchant dont il est combattu Plus que d’honneur encor j’ai besoin de vertu;

J’en aurai. Repoussant un souvenir sinistre ,

Peut-on croire qu’au vœu porté par un ministre Philippe se rattache avec sincérité ?

Croyons plutôt qu’instruit par la nécessité.

Et cachant ses projets sous une autre apparence,

Il change de langage et non pas d’espérance.

Pour moi , je l’avoùrai, je ne puis concevoir Qu’un despote vieilli dans l’abus du pouvoir. Dépouillant tout-à-coup l’orgueil du diadème.

Puisse ainsi franchement se condamner lui-même , Surtout lorsque sa foi, consacrant ses erreurs,

En vertus à ses yeux transforme ses fureurs.

Jugez Philippe : en vain tous les rois de la terre Se porteraient garants du remords salutaire Qui soudain, de son cœur amollissant l’airain , Change en roi généreux ce cruel souverain.

S’il n’est que cette voix qui de lui me réponde ;

Si la joie à grands cris, de tous les points du monde , En proclamant l’exil des noirs inquisiteurs.

Ne ferme pas la bouche à ses accusateurs ;

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