SCÈNE I
L’AMBASSADEUR; BARNEVELDT, ROUBAIS, BRÈDÉRODE, MEMBRES des états;GOMEZ.
l’ambassadeur.
L’affront aujourd’hui fait à mon auguste maître De ceux qu’il doit venger est le plus grand peut-être. Le peuple en sa fureur n’eiit pas été plus loin ;
Il eût de l’avenir pris aussi peu de soin.
Sages , qui , disputant avec lui d’imprudence ,
Vous croyez si certains de votre indépendance, Ouvrez enfin vos yeux par la haine aveuglés ;
Voyez où tend l’écart de vus pas déréglés.
Du chef que vous suivez avec tant d’assurance,
Voyez, vous dis-je, où tend la secrète espérance.
BARNEVELDT
Ses projets sont connus comme approuvés par nous. Son espérance aspire où nous aspirons tous.
Son espérance aspire à finir un ouvrage Qu’en vain sans sa constance eût tenté son courage. l'a m d a SS a d £ u r.
Rival de ces tyrans qu’il feint de dédaigner,
Son espérance aspire à régner.
BARNEVELDT
A régner !
BRÉDÉRODE.
Nassau ! Qu’osez-vous dire, et que viens-je d’entendre? Nassau voudrait régner.»* Nassau pourrait prétendre...
BARNEVELDT
Qui l’a dit vous abuse , ou pour nous diviser ’Vous-même, en ce moment, vous voulez m’abuser. L’ignorez-vous ? Nassau , lassé des injustices Dont tantôt même encore on payait ses services , Allait chercher la paix sur des bords étrangers , Quand par ma voix instruit de ces nouveaux dangers , N’écoutant que le cri des communes alarmes ,
Plus que jamais fidèle , il a repris les armes.
l’ambassadeur.
Mais parmi les soldats , parmi les citoyens ,
Ses amis cependant lui cherchaient des soutiens ;
Mais, agent d’une trame aux murs d’Anvers formée, Ses complices en hâte arrivaient de l’armée.
Dans une heure, ici même , ils vont lui commander D’accepter un pouvoir qu’il n’ose demander.
Le chef de vos soldats , devenus vos arbitres ,
Dans une heure à Nassau va conférer les titres