ACTE IV, SCÈNE III
Je l’avourai, cent fois je me suis demandé Si le meurtre par Dieu peut être commandé ?
De Clément cinq pourquoi ne suit-on pas l’exemple ? Sa foudre avait marqué les chevaliers du Temple, Quand les rois ont tonné sur cet ordre apostat ,
Signalé par l’église aux rigueurs de l’état.
Pour sa cause le ciel veut que je me dévoue;
Que le ciel pour vengeur et m’appelle et m’avoue ;
Que par l’église enfin son décret proclamé Légitime l’ardexir dont je suis enflammé.
Cette ardeur de l’opprobre est surtout ennemie : J’accepte le martyre , et non pas l’infamie.
l’ambassadeur.
Animé d’un amour plus saint , plus épuré ,
Vous marcheriez au but d’un pas plus assuré;
De ce siècle immolant l’opinion frivole A ce Dieu qui pour vous à chaque instant s’immole ,
A ce Dieu qui pour vous ici-bas descendu,
A la croix douloureuse expira suspendu !
Mais vous voulez qu’il parle : eh bien ! homme incrédule Il veut bien dissiper votre imprudent scrupule :
De ce lieu, pour l’instant, ne vous éloignez pas.
( Il sort.)