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LES PRÉCÉDENTS, SAINTE-ALDEGONDE, GUILLAUME

( Gnillaame est appnyé sur lai, et soatena par de Maldre. )

GUILLAUME, assis.

Elite du conseil, élite de l’armée.

Amis , de vous revoir que mon âme est charmée !

Sur un lit sans honneur je n’expirerai pas :

Je meurs sous les drapeaux, je meurs entre vos bras. La cour qui m’assassine elle seule est flétrie...

J’espérais être encore utile à la patrie !...

Pauvre peuple ! c’est toi qu’en moi l’on veut frapper ; Mais à des nouveaux fers tu sauras échapper.

Jurez-moi son bonheur: c’est jurer ma vengeance... Entre vous si mon nom maintient l’intelligence ,

Quand Barneveldt encor préside vos états ,

Quand un autre Nassau marche avec vos soldats.

Ne craignez pas les rois, bravez Madrid et Rome. Elles perdent l’honneur : vous ne perdez qu’un homme. ( Consternation générale. )

BRÉDÉRO DE.

O perte irréparable !

SAINTE-A.LDEGONDE.

Oh ! de tous les malheurs ,

io6 GUILLAUME DE NASSAU.

Le seul qui de mes yeux ait arraché des pleurs !

BARNETELDT. •

Qu’il soit vengé !... Nassau, dans la tombe enfermée, Si ta valeur est morte à jamais pour l’armée ,

Qu’au moins ton souvenir, animant nos soldats , Vive à jamais présent au milieu des combats.

Suspendons aux drapeaux cette écharpe sanglante.

( Il noae au drapeau l'écharpe de Guillanme. )

Qu’inspirant à la fois la rage et l’épouvante ,

Ce témoin d’un forfait que nous courons punir Dans les rangs espagnols nous guide à l’avenir. Guillaume et liberté! voilà pour notre gloire, Voilà le cri de guerre et le cri de victoire.

NOTES ET REMARQUES

SUR

Qu’ils tentèreut tous deux d’opprimer.

Deux princes furent mis à la tête du gouvernement des Pays- Bas du vivant de Guillaume : l’archiduc Mathias, frère de l’empereur Rodolphe II, et après lui le duc d’Anjou, antérieurement connu sous le nom de duc d’Alençon , et frère de Henri III, roi de France. Don Juan d’Autriche gouverna aussi les dix-sept provinces; mais il y avait été envoyé par Philippe second.

Le troisième assassinat qa'on ait tenté snr sa personne.

Guillaume succomba le lo juillet i584; en i58a, il avait été atteint d’un coup de pistolet , tiré presque à bout portantpar un Biscayen nommé Jauréguy; et en i583, un Espagnol, Nicolas Salcédo, de concert avec François Baza, Italien,

io8 NOTES ET REMARQUES

avait conspiré aussi contre les jours de cet infortuné prince. ( Fo/ez plus bas les notes 6 et 27 .) •

L’archevèqae de Matines.

11 est ici question du cardinal de Granvelle. Ce ministre, que Philippe II avait donné pour conseil à Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas, fut le provocateur de la révolution qui se manifesta dans ces contrées, tourmentées par son fanatisme et par sa tyrannie. Zélé partisan des doctrines du concile de Trente, pour les faire recevoir dans ces provinces, Granvelle y voul.iit établir l’inquisition. On ne s’étonne pas qu’un pareil homme se soit fait approbateur du massacre de la Saint-Barthéicmi; mais on peut s’étonner qu’il soit recommandé à l’estime des siècles par la Biographu universelle.

Je ne crois pas avoir calomnié le nom de Borgia.

Tel était le nom du pape Alexandre VI.

* PAGE ir.

Balthazar Gerrard.

Ce misérable était originaire de Yillafans en Franche- Comté. 11 nourrissait depuis six ans l’horrible projet qui

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lui avait été inspiré par l’édit de Philippe, et dans letpiel les exhortations des jésuites l’avaient confirmé. On est fâché de voir Alexandre Farnèse complice d’un tel crime.

Le fanatisme seul porta Gerrard à l’acte atroce qu’il expia dans les supplices. Les récompenses qu’il en espérait n’étaient pas de ce monde. Philippe II paj'a toutefois consciencieusement à la famille de cet assassin les a 5 , 000 écus promis; tle plus , il accorda à cette famille roturière toutes les prérogatives qu’avait reçues de Charles VII la famille de la pucelle d’Orléans. Quand la Franche-Comté eut passé , par droit de conquête, sous les lois françaises, M. de Vanolle, intendant de cette province, vengea la noblesse et la morale, en refusant de reconnaître pour valides des titres si horriblement mérités. Il les foula aux pieds, et mit à la taille les héritiers de Gerrard.

Une branche de cette famille était allée s’établir dans les Pays-Bas autrichiens ; elle y conserva ses privilèges. Les héritiers de Guillaume de Nassau , qui ont reconnu pour nobles toutes les familles anoblies par les gouvernements auxquels le leur succède , ont ratifié peut-être le prix dont le sang de Guillaume avait été payé.

Jaaréguis ( Jean).

Biscayen. Il était au service de Gaspard Anastro , banquier d’Anvers ; le fanatisme seul le porta aussi au crime où sou maître le poussait par intérêt. Philippe avait promis à ce dernier, en cas de réussite, quatre-vingt mille ducats.

NOTES ET REMARQUES

Louise de Coliguy.

Fille de l’amiral de ce nom, et veuve du comte de Téligny, qui tous deux avaient été massacrés dans la nuit du au 24 août 1772 , fête de la Saint-Bai'thélemi : elle fut la quatrième femme de Guillaume, et la mère du prince Frédéric- Henri, qui parvint au stathoudérat après la mort du prince Maurice.

Ce sol s’est abreuvé du saug de mes trois frères.

Ludovic, Adolphe et Henri de Nassau. Ludovic et Henri furent tués en 1674 à la bataille de Mooch; Adolphe était mort dès 1 568 , dans une bataille près de Groningtie , où il avait reçu le coup mortel de la main du comte d’Aremberg en le lui donnant.

Adolescent , déjà Maurice ose aspirer

Aux plus bi’illants destins où l’homme puisse atteindre.

Maurice de Nassau, fils de Guillaume et d’Anne de Sa.xe, sa seconde femme : il succéda à son père dans le stathoudérat ; mais il participa plus à ses talents qu’à ses vertus. Ce défen-

SUR GUILLAUaiE DE NASSAU. m

seur de la Hollande en devint l’oppresseur. Maurice fut un des plus grands capitaines de son temps. ,

PAGE i8.

Si Baren à Madrid n’était pas en otage.

Philippe-Guillaume, comte de Buren, fils aîné de Guillaume de Nassau , et d’Anne d’Egmond, sa première femme , et filleul de Philippe II : il étudiait à l’université de Louvain en i567, quand , enlevé par ordre du roi catholique , il fut conduit en Espagne. Pour le préserver de l’hérésie, son scrupuleux parrain le tint enfermé vingt-huit ans dans un cluUeau où il n’avait d’autre plaisir que de jouer aux échecs avec le chapelain qui l’instruisait et le capitaine qui le gardait. Celui-ci s’étant permis un jour de mal parler du prince d’Orange, le comte de Buren le jeta par la fenêtre. C’est tout ce qu’il a fait de brillant. En i 5 g 5 il recouvra sa liberté, et fut remis en possession de ses biens. En 1606, il épousa Léonore de Bourbon, sœur du prince de Condé, premier prince du sang de France. Il habitait depuis quelques années Bréda, ancien héritage de ses pères. Il mourut à Bruxelles en 1618; et, comme il n’avait pas d’enfants, le titre de prince d’Orange, qu’il avait pris à la mort de Guillaume, passa au prince Maurice, qu’il avait institué héritier de ses diverses seigneuries.

Barneveldt ( Jean d’OIden ).

Grand pensionnaire de Hollande, l’un des hommes qui contribuèrent le plus à consolider en ee pays l’indépendance que Ouillaumey avait fondée. Magistrat savant, négociateur adroit,

NOTES ET REMARQUES

citoyen incorruptible , il servit pendant quarante ans la république , soit dans les conseils, soit dans les ambassades, avec une habileté et une intégrité qui lui avaient acquis un crédit rival de celui du stathouder. Maurice, à l’adolescence duquel il avait pour aipsi dire servi de tuteur , contrarié par ce républicain dans le projet de s’emparer du pouvoir souverain , devint son implacable ennemi et environna sa vieillesse d’outrageset de persécutions. Il avait juré la pertede ce gi’and homme. Pour l’effectuer, il chercha dans une querelle de religion des moyens que les querelles politiques n’avaient pu lui fournir. Deux opinions opposées sur la grâce divisaient deux théologiens deLeyde , Gomar et Armin. De l’école, ces disputes se propagèrent dans la société , qui se trouva bientôt partagée en deux factions. Barneveldt ayant approuvé les opinions des arminiens , Maurice se prononça pour les gomaristes. La haine qu’il portait au grand pensionnaire l’emporta sur l’indifférence qu’il avait pour ces matières , dont la connaissanone lui était rien moins que familière. Un synode assemblé à Dordrecht ayant condamné la doctrine des arminiens, Maurice fit arrêter les chefs de ce parti, et Barneveldt, jeté en prison, se vit livré à une commission. Jugé par elle, le péride la patrie fut condamné à perdre la tête sur l’échafaud , comme traître envers la patrie, et aussi pour avoir contriste au possible l’Eglise de Dieu. Ce sont les termes de la sentence. Elle reçut son exécution le i3 mai 1617. Barneveldt avait alors soixante-douze ans. Sa mort est une tache ineffaçable a la mémoire de Maurice , qui en eut moins de regrets que de remords. Cette catastrophe a fourni à Lemière le sujet d’une tragédie , ouvrage austère , où l’on trouve des beautés de l’ordre le plus élevé.

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SUR GUILLAUME DE NASSAU. , ii3

*’ PaGK 19.

Sar les bords de l’Escaut Farnèse a reparu.

Alexandre Famèse , fils de Marguerite d’Autriche et d’Ottario Farnèse, duc de Parme et de Plaisance, lequel était fils de Pierre-Louis Farnèse, né d’un mariage contracté frauduleusement avec une dame de Bologne par le cardinal Farnèse, depuis proclamé pape sous le nom de Paul III. Alexandre succéda dans le gouvernement des Pays - Bas à don Juan d’Autriche, qui avait succédé à Marguerite. C’est lui qui ramena sous le joug de Philippe II les provinces catholiques. Scs succès toutefois ne s’étendirent guère au-delà de l’Escaut. Le siège d’Anvers est une des opérations les plus étonnantes dont les fastes de la guerre nous aient conserve le souvenir. Farnèse y renouvela les prodiges qu’ Alexandre avait faits au siège de Tyr, et que le cardinal Richelieu reproduisit au siège de La Rochelle. Scs deux incursions en France , l’une en 1 690 pour faire lever le siège de Paris , l’autre eu iSga pour faire lever le siège de Rouen, réussirent. Farnèse, comme capitaine , n’eut de rivaux parmi scs contemporains que dans Henri IV et dans Maurice. Il est filcheux qu’on trouve le nom de ce prince compromis dans toutes les dépositions des assassins qui ont successivement attenté à la vie de Guillaume. C’est à son aïeul le pape Paul III que l’on est redevahie de la l)ulle incœna Domini, qui tous les ans, au jeudi-saint, anathématisait les hérétiques et aussi les rois qui établissaient sur leurs pciqdes des contributions nouvelles sans l’autorisation du saint siège. On lui doit de plus la bulle qui approuvait l’institution des jésuites. Clément XIV supprima la publication de La première de ces bulles, et révoqua celle qui instituait les

ii4 NOTES ET REMARQUES

jésuites; mais Pic Yll a rétabli depuis cette milice des papes : est-ce dans le but d’étre utile aux rois ? c’est ce que le temps nous apprendra.

Sainte-Aldegonde est là.

Philippe de Marnix , baron de Sainte-Âldegonde , né à Bruxelles, fut tout à la fois homme de lettres, homme d’état et homme de guerre ; disciple de Calvin , il avait embrassé avec ferveur la réforme religieuse; ami de Ouillaume , il ne fut pas partisan moins zélé de la réforme politique. C’est lui qui rédigea l’arrêté par lequel les gentilshommes belges s’engagèrent, en i566, à ne pas souffrir dans leur pays l'établissement de l'inquisition. Le prince d’Orange l’employa dans des négociations importantes. Bourgmestre de la ville d’Anvers en 1 584 > il y fut assiégé par le prince de Parme , et quoiqu'il ait été obligé de rendre cette place l’année suivante , il n’acquit pas moins d’honneur en la défendant que le duc en la prenant.

Sainte-Aldegonde a publié un grand nombre d’ouvrages de controverse. Il écrivait aussi en vers. Sa traduction des Psaumes en vers hollandais était fort estimée de son temps On lui attribue léchant national qui se chante encore aujourd’hui en Hollande ; il était occupé à traduire la Bible en flamand quand il mourut , en i SgS , à Leyde.

'4 page 20.

De Leyde et de Harlem les héros vous attendent.

Ces deux villes sont célèbres par la résistance qiTelles op-

SUR GUILLAUME DE NASSAU. ii5

posèrent aux Espagnols. Harlem, assiégée en i 573 par Frédéric de Tolède, fils du duc d’Albe, ne succomba qu’après une défense de sept mois ; Leyde , moins malheureuse , assiégée en 1 574 par Requesens, résista pendant cinq mois à tous les fléaux réunis , et dut sa délivrance au parti que prirent les Hollandais de rompre les digues et d’inonder le pays : Mieux vaut, A\S 9 xent-\\ü, pays gâté que perdu. L’inondation, qui submergea le camp espagnol, amena jusque sous les murs de Leyde la flottille que Guillaume avait équipée à Roterdam. Quand Leyde fut délivrée, il y avait sept semaines que le pain y manquait.

PAGE a3.

Par l’anion d’Utrecht fixant son avenir.

On donna ce nom au traité par lequel les provinces de Hollande, de Zélande , d’Utrecht, de Frise , de Gueldre , de Brabant et de Flandre , tout en gardant chacune leur gouver ■ nement particulier , formèrent une association politique , et s’engagèrent à s’entre-secourir contre toute attaque extérieure, et à contribuer en hommes et en argent à la défense commune. Cet acte, rédigé par Guillaume, est la base de la constitution par laquelle la Hollande a été régie pendant plus de deux cents ans. Ce traité prit le nom de la ville où il avait été conclu, le ag janvier 1579.

PAGE 48- Moi, le roi.

Yo , el rey, telle est la formule qui , dans tous les actes émanés du trône, précède en Espagne la signature royale.

NOTES ET REMARQUES

Est-ce pour abroger dq ntile pouvoir?

Non, c'est poar rappeler Philippe à son devoir

Que le cri général quinze ans s’est fait entendre.

Les Pays-Bas en effet ne réclamaient que l’observation des privilèges dont la garantie leur avait été jurée par les rois d’Espagne , héritiers des domaines de la maison de Bourgogne. Ce n’est pas contre les lois mais pour les lois qu’ils s’étaient armés.

Bredérode.

Nom historique porté ici par un personnage fictif, auquel ou prête toutefois les opinions qu’eut le véritable comte de lirédérode, l’un des plus zélés défenseurs des privilèges des Pays-Bas , et celui des seigneurs qui le premier prit les armes pour les défendre. Ce seigneur descendait des anciens comtes de Hollande. Il mourut en 1 566.

’9 page 56.

D’Albe.

Ferdinand Alvarez de Tolède, duc d’Albe, généralissime des armées impériales sous Charles-Quint. En 1646 , il gagna contre les protestants la bataille de Mulberg. Sous Philippe H . il conquit à ce roi le Portugal; mais il lui fit perdre les sept Provinces-Unics , qui s’étaient révoltées contre sa tyrannie-

Le duc d’Albe fut l’homme le plus dur , le plus orgueilleux et le plus vindicatif de son temps. Il avait pour principe « qu’un pays rebelle devait être ruiné. » Ce fut sa règle de

conduite dans les Pays-Bas ; il se vantait d’avoir fait mourir dix-huit mille hommes de la main du bourreau pendant cinq ans et demi qu’il gouverna ces malKeureuses provinces, et cela indépendamment d’un nombre plus considérable encore de Flamands qui avaient été tués sur le champ de bataille ou égorgés dans les villes prises. A son lit de mort , tourmenté par le souvenir de tant d’horreurs, comme il ne dissimulait pas ses terreurs, Philippe II lui fit dire, pour le tranquilliser, qu’il prenait sur lui le sang qui avait été répandu sur le champ de bataille, et que le duc ne répondrait que de celui qu’il avait fait couler sur les échafauds. On ne dit pas si , d’après cette garantie, il mourut en paix.

Roubais.

Nom historique aussi. Le marquis de Roubais fut du nombre des seigneurs flamands qui, après avoir embrassé la cause de la liberté, s’en détachèrent par suite de la jalousie que leur inspira la grande popularité du prince d’Orange. Guillaume n’eut pas d’ennemi plus cruel parmi ses compatriotes que le marquis de Roubais, qui porta la haine jusqu’à solder un officier français , son prisonnier, pour assassiner le prince d’Orange. On a voulu rappeler ces faits en prêtant ses dispositions malveillantes au personnage qui porte ici son nom.

D’Egmont lai-méme en vain élève donc la voix.

Lamoral , comte d’Egmont , issu d’une des grandes maisons de Hollande, servit avec distinction sous Charles-Quint. Gé-

ii8 NOTES ET REMARQUES

néral sous Philippe II , il gagna les batailles de Saint-Quoitin et de Gravelines. Ce roi ne lui pardonna pas néanmoins de s’étre rangé du parti des seigneurs flamands qui s’opposèrent à l’établissement de l’inquisition dans les Pays-Bas et demandèrent le rappel du cardinal Granvelle. D’Egmont, qui s’était laissé abuser par les égards , les faveurs même que lui prodigua Philippe, auquel il avait été porter à Madrid les remontrances des provinces flamandes, périt victime de sa confiance. Arrêté après son retour par ordre du duc d’Albe chez le duc d’Albe même, il fut condamné à mort par un tribunal spécial , dit conseil des troubles. La sentence fut exécutée, le 8 juin i568, sur la grande place de Bruxelles. Guillaume avait prédit à d’Egmont le sort qui l’attendait. N’ayant pu réussir à le désabuser et à l’engager à recourir aux armes contre la tyrannie de Philippe, il lui avait dit dans une conférence tenue à Villebruck , en terminant leur discussion , qui avait été vive : « Fiez-vous à la clémence de Philippe ; X quant à moi , je vais mettre ma tête à l’abri chez l’étrannger. — Adieu donc, prince sans terres, lui dit d’Egmont. — « Adieu donc, comte sans tête, répliqua Guillaume.»

Dans les notes de la Henriade , du nom Lamoral on a fait l’amiral. Il est étonnant qu’on ait tout nouvellement reproduit cette faute, qui avait déjà été signalée.

’’ P AGF. 67.

De son sceau garde encor l’injnriease empreinte.

L’insurrection des Pays-Bas contre Philippe II date du mois de mai i568, époque à laquelle Louis de Nassau y ren tra les armes à la main , et ce n’est qu’en i58i , le a6 juillet.

que les états- généraux assemblés à La Haye déclarèrent Philippe déchu des droits de souveraineté pour avoir violé les lois fondamentales. En conséquence de ce décret , le sceau du roi fut rompu , les commissions données en son nom furent révoquées , et l’on exigea des officiers civils et militaires un nouveau serment. Ainsi pendant quinze ans tous les actes que les états opposaient aux actes du roi avaient été scellés du sceau de ce prince, et c’est en son nom qu’on lui faisait la guerre.

Dont vons déshéritez les Hapsbourg, les Valois.

La maison d’Autriche, à laquelle appartenait Philippe II, devait son élévation au trône impérial à Rodolphe, comte de Hap.sbourg, qui fut élu empereur en 1173.

Par Valois, l’ambassadeur rappelle ici que le duc d’Alençon, prince de la maison de Valois, avait été proclamé souverain des Pays-Bas par les États.

Le voilà donc proscrit par Utrecht et par Rome.

C’est-à-dire , en conséquence des principes qui servent de base à l’union d’Utrecht et de ceux que professe la cour de Rome.

CaltÎTez donc l’ivraie an milien du bon grain.

Métaphore empnmtée à l’Évangile. Voyez Saint Matthieu , ch. xm.

l ‘iO

NOTES ET REMARQUES

De Clément cinq ponrqaoi ne snit-ou pas l’exemple?

Bertrand de Got. Cepape en supprimant l’ordre desTempliers en i3io , en conséquence d’un procès dont l’instruction dura trois ans, l’avait dénoncé en effet à la justice séculière, et avait justifié la rigueur de Philippe-lc-Bcl aux yeux de ceux qui ne le réputaient pas complice de ce prince.

La foi de Janregny , la fervenr de Salcède. .

« Je suis prêt, disait Jaureguy au banquier Anastro son maî- « tre , à faire ee que le roi désire si ardemment ; je méprise a également et la réeompense qui m’est offerte et le danger « auquel je m’exposerai pour la mériter. Je sais que je péri- « rai : la seule chose que j’exige de vous , c’est que vous fas- «siez prier Dieu pour le repos de mon âme, et que vous en- « gagiez sa majesté â secourir mon père dans sa vieillesse. » On ignôre si les vœux de ce misérable ont été exaucés, et si le roi Philippe a fait une pension et octroyé des lettres de noblesse à la famille de ce valet ; mais on sait qu’un prêtre nommé Timerman, auquel il se confessa, loin de le détourner de cet horrible dessein, l’y encouragea et lui donna l’absolution.

Salcède ou Salcédo , mû par un intérêt pareil , fut encouragé aussi au crime parles ministres du Dieu de paix. On prétend que l’espérance d’obtenir le paradis par cette horrible action avait conduit à Delft quatre scélérats qui se disposaient à frapper Guillaume, quand Balthazar Gerrard les prévint le 8 juillet i584-

Advienne qne pourra.

Vieil adage qui, pour être complet, doit être précédé de ces mots: Fais ce que dois. Napoléon-Louis, roi de Hollande, en avait fait sa devise : c’est celle d’un honnête homme.

De l’état je suis l’homme.

D’an pins bean nom jamais se pent-il qn’on me nomme ?

J’en connais tout le poids , et je le soutiendrai ;

J’en connais tons les droits , et je les maintiendrai.

Stathouder signifie en effet l’homme de l’état. Guillaume croyait appartenir à l’état, et différait en cela de Philippe, qui pensait que l’état lui appartenait. Je maintiendrai est la devise des princes d’Orange.

Je lance contre toi le terrible anathème

Par qui l’Hébren parjure , autrefois poursuivi ,

S’est vu livrer au fer des enfants de Lévi.

Les enfants d’Israël, après avoir forniqué avec les filles de yiloab et de Madian, ayant adoré leur dieu Belphégor et mangé «le la chair des victimes immolées sur ses autels , Dieu irrité «lit à Moïse : «Prenez tous les chefs du peuple et pendez-les « en plein jour à des gibets, pour détourner ma fureur dedes- « sus Israël. » Toile cunctos principes populi , et suspende eos tTontra solem in patibuUs , ut avertatur furor meus ah Israël. En conséquence Moïse dit aux juges d’Israël : Occidat unus-

122 NOTES ET REMARQUES

quisque proximos suos qui initiati sunt Beelphegor •, >< que cha- » cun de vous tue ceux de ses proches qui ont été initiés au culte «de Béelphégor. »( Nombres, c. xxv. )

Les prêtres delà nouvelle loi s’autorisent souvent de l’ancienne. Quand le pape Pie VII sacra l’empereur Napoléon, telle fut sa prière : « Dieu tout-puissant et éternel , qui avez «établi Hazaël pour gouverner la Syrie et Jéhu roi d’Is- « raël en leur manifestant votre volonté par la voix du pro- « phète Élie , qui avez également répandu Fonction sainte des «rois sur la tête de Saül et de David parle ministère du pro- 0 phète Samuel, répandez par mes mains les trésors de vos grâces «et de vos bénédictions sur votre serviteur Napoléon , que,

« malgré notre indignité personnelle , nous consacrons aujour- « d’hui empereur en votre nom.n

De ces coenrs dévorés de la ferveur du temple.

Ceci rappelle aussi un passage des livres sacrés : Zelus domus tuœ comedit me, « le zèle de votre maison m’a dévoré ,» dit le Psalmiste, ps. lxviii, v. 10.

Ce passage est extrait des versets suivants :

Extraneus foetus sont fmtribus mets, et peregrùuts JUiis matris meœ.

Quoniam zelus domus tuœ comedit me.

« Je suis devenu comme un étranger à mes frères, et comme « un inconnu aux enfants de ma mère.

«Pareeque le zèle (de la gloire) de votre maison m’a dévoré.» ( Traduction de Lemaître de Sact. )

Clément Marot traduit ainsi ces versets :

JVIes irères m'ont tenu pour étranger ,

Mescogny m'ont les enfants de ma mère;

Car de ton temple, ô Dieu! eu qui j'espère,

Le zèle ardent est venu me manger.

Les pasteurs et les professeurs de Genève ont substitué à cette version , qui ne leur parait pas assez élégante , les vers suivants , qui se chantent dans leurs temples :

Ceux de mon sang m’ont traité d’étranger.

J’ai paru tel aux enfants de ma mère,

Lorsqu’on a tu dans toute ma misère De ta maison le zèle me ronger.

On peut préférer la prose de Sacy à ces vers-là, même sans être catholique.

Jacob de Maldre.

Tel était le nom de l’écuyer de Guillaume.

PAGE io3.

La vertu qu’on retrouve au céleste banqnet.

Jacques Clément, Ravaillac, avaient communié avant de frapper Henri III et Henri IV : ces scélérats aussi avaient préludé à l’assassinat par le sacrilège.

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