‹ ŒuvresChapitre 68 sur 241 · COMÉDIE EN TROIS ACTES · texte numérisé non relu

COMÉDIE EN TROIS ACTES

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EU FiTlIEE 1814.

Notandi Sunt tibi roorrA.

Hokat.

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QUI ÉTAIT F.N TKTF. DF. I.A PEEMIÈRK ÉDITION.

■ Cet ouvrage, annoncé avec faveur, n’a pas été accueilli avec indulgence. Est-il aussi bon qu’on le disait? est-il aussi mauvais qu’on l’a dit? C’est ce dont le lecteur va décider. Le parterre, qui n’est pas le public, aime assez à casser les opinions faites par des particuliers, qui sont encore moins le public que lui. Mais n’est-il pas aussi sujet à tomber dans un excès de rigueur, que les amis de l’auteur à tomber dans un excès d’indulgence? Dans les querelles littéraires surtout, la raison se trouve presque toujours entre les deux opinions.

Cette opinion mitoyenne, qui devient celle du public, ne se forme qu’i la longue, soit par une série de représentations, soit par la lecture.

De ces deux ressources, l’auteur, malgré la bonne volonté des acteurs, a cru devoir préférer la seconde. Eût-il été mieux écouté, mieux entendu, mieux jugé à une seconde représentation , donnée au milieu de préventions si défavorables ? C’est à la lecture à rappeler l’ouvrage sur la scène, s’il n’en est pas indigne.

On a fait à l’auteur le reproche d’avoir rabaissé un de nos plus grands hommes, en le montrant sous des rapports familiers. Tous les héros ne gagneraient pas à être représentés ainsi ; mais il en est qui n’ont pas besoin d’échasses pour paraître grands, et qu’on peut faire descendre au niveau des

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autres hommes sans les rapetisser : ils sont tellement supérieurs au vulgaire, que leurs actions, comme leurs pensées, conservent toujours le caractère de l’héroïsme , dans quelque situation qu’ils se trouvent, dans quelque forme qu’ils s’expriment.

Les héros qui gagnent à nous laisser pénétrer dans leur familiarité sont ceux qui à la grandeur d’âme joignent l’originalité d’esprit et la bonté de cœur. Leur esprit prêtant à leurs sentiments des expressions particulières, leur compose une physionomie qui plaît davantage peut-être que ces traits généraux par lesquels tous les grands hommes se ressemblent. Un héros peint sous cet aspect ne perd rien en grandeur, et gagne eu amabilité : pour rire de ses saillies, on ne l’en admire pas moins. Si comique qu’il soit dans la cabane de Michaut, Henri IV y est tout aussi roi que sous les lambris du Louvre.

Ces observations sont applicables à du Guesclin. Il a aussi sa physionomie, que notre tragédie ne peut pas lui conserver, et que la comédie peut reproduire en le saisissant dans une de ces circonstances si communes dans sa vie , où le plaisant et l’héroïque se trouvent naturellement alliés.

Le trait que l’auteur a choisi nous semble réunir ces deux conditions. L’impossibilité où du Guesclin se trouve de se racheter, par une suite de la libéralité avec laquelle il a employi â racheter ses amis le prix de sa propre rançon ; l’embarras où le jettent les conséquences de cette généreuse imprévovancc, quand , lié par sa parole d’honneur , il se x'oit dans l’imjKJSsibilité de défendre son propre château où l’ennemi l’assiégc, sont les situations les plus propres à faire ressortir ce roi^ lange de courage et de bonté, de fierté et de bonhomie, dr

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ruse el de loyauté, de franchise et d’ironie, qui furnient le caractère du bon connétable.

Tous les faits représentés ou rappelés dans ce drame sont historiques; l’on n’a inventé que le cadre qui les réunit.

Quant aux mœurs, ce sont celles de l’époque, reproduites avec une fidélité scrupuleuse. Cette fidélité n’ a-t-elle pas même été portée trop loin? pour le succès du jour, oui; pour le succès durable, c’est ce qu’il faut voir. Remarquons, en attendant, que ce ne sont pas celles de ces mœurs qui sont tombées en désuétude, telles que les habitudes guerrières dans un ecclésiastique, qui ont été mal accueillies, mais bien celles dont nous conservons encore des restes, telles que les préjugés de la dame du Guesclin. La cause de cette différence dans les effets est assez piquante à rechercher, et peu difficile à trouver. A mesure que les lumières se sont accrues et répandues, le nombre des esprits superstitieux a diminué, et les superstitions sont devenues d’autant plus ridicules quelles ont semblé n’étre plus le partage que des petites gens et des petits esprits. La belle Tiphaine n’a donc pas été jugée d’après les idées de son siècle, mais d’après les idées du nôtre, dans lequel ce qui était l’indice d’un génie supérieur en i366 n’est plus que la preuve de l’ignorance et de la crédulité. La croyance et la pratique de l’astrologie judiciaire avaient pourtant valu à cette noble dame le surnom de Fée; elle était d’ailleurs, par ses vertus et sa grandeur d’âme , digne de son noble époux , avec lequel elle rivalisait de générosité. On a voulu la peindre ressemblante : les petites défectuosités même rendent les portraits de famille plus reconnaissables.

Un journaliste a trouvé quelque conformité entre ce personnage et celui de M. Crédule : l’auteur conçoit la possibilité 3. 9

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du fait, quoiqu’il n’ait ni vu ni lu M. Caédule Moins malheureux sous ce rapport que les journalistes, les auteurs ne sont pas obligés de tout connaître.

Cette discussion, et plus encore la lecture de la comédie qu’elle précède, prouveront sans doute que l’auteur est bien élcHgné, comme il en a été accusé, d’avoir voulu confondre les genres , et que ce drame n’est pas, ainsi que quelques personnes ont semblé l’insinuer, une tragédie anglaise ou allemande, mais une simple comédie, conforme à toutes les règles du théâtre français, soit sous le rapport de l’unité, soit sous celui du ton, qui nous semble également exempt de recherche et de négligence, de bassesse et d’enflure. Mais cela ne constitue pas seul le style comique. Molière ne se borne pas à être naturel ; il est surtout plaisant.

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