FEMMES DE LEUR SUITE
Clémence, notre abbé rentre aujourd’hui bien tard.
Comme il va beaucoup mieux, ma tante, je le gage, Il aura, suivant son usage,
Voulu faire un tour de rempart.
La garnison, je crois, s’y trouve réunie.
CLF.MBNCEj gaiement.
Il la passe en revue... A présent vous viendrez, Monsieur Clisson, quand vous voudrez.
LA RANÇON DE DU GUESCLIN. 167 Voilà votre écharpe finie.
(A la dame du Guesclin. )
Sauf le respect que je vous dois,
En vos mains, bien souvent, le fuseau se repose;
Ou quand il tourne entre vos doigts ,
Vous rêvez à toute autre chose.
Je pense que la lune entre dans son déclin.
CLÉMENCE
Et qu’en augurez-vous , sage et docte Tiphaine * ?
Qu’avant la semaine prochaine Nous ne verrons pas du Guesclin.
CL EMENCE.
Mon oncle ? votre époux ? Je crois tout le contraire.
Aux astres tu ne connais rien.
CljEMENCEÿ en riant.
Et vous... Mais changeons d’entretien.
Si nous chantions pour nous distraire ?
Chanter , et quoi ?
CLÉMENCE
1.1e chant qu’autour de votre époux Chantait la nation bretonne ,
Quand l’Anglais marcha contre nous.
Quand l’Anglais tomba sous nos coups.
i68 LA RANÇON DE DU GUESGLIN.
CLÉMENCE
Vous le chantez mieux que personne.
(Elle prend an luth et accompagne.)
Onbliant ses malheurs passés ,
L’étranger , d’nne main hardie ,
Jnsqne sons nos murs menacés Porte le meurtre et l’incendie.
A la voix dn noble Bertrand Réveille-toi , peuple fidèle ;
An champ d’bonneur il nons attend ,
Au champ d’honneur il nons appelle 9.
( Le choeur reprend les quatre derniers vers. )
Français , par d’étrangères lois ,
Yerrons-nons nos lois étonffiées ?
Sons des hras vaincns tant de fois Verrons-nons tomber nos trophées ?
LE CHŒUR
A la voix , etc.
CLÉMENCE
11 n'est pas permis d’hésiter Entre la gloire et l’infamie :
Ponr les sauver il faut quitter Ses enfants , sa mère et sa mie.
LE CHŒUR
A la voix , etc.