‹ ŒuvresChapitre 174 sur 336 · LIVRE XI, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE XI, CHAPITRE VI

. Mais , si les tribunaux ne doivent pas être fixes , les jugements doivent Fétrè à un tel poi^ qu'ils ne soient jamais qu'un tekte* précis de la loi. S'ils étoient utfie opinion particulière du juge, on vivroit dans la société sans savqii! précisément les engagements que l'on y contracte.

Il faut méi^e que les juges soient de la <epndition de l'accusé, ou ^s pairs, ppur qu'il ne puisse pas se mettriB dans l'esprit qu'il $oit tombé entre les inains de gens portés à lui Êiire violence.

Si la puissance législative laisse à l'exécutriée le droit d'emprisonner des citoyens qui peuvent donner cautiofi de leur conduite, il n'y a plus de libertié, à-moins qu'ils ne soient arrêtés pour répondre sanis délai à une accusation, que la loi a rendue capitale; auquel cas ilsi sont réellement libres, puisqu'ils ne sont soumis qu'à la puissance de la loi.

Mais si la puissance législative se croyoit en danger par quelque conjuration .secrète contre l'état ou quelcfue intelligence avec les .enii^mi$ du dehors, elle pourroit, pour un temps court et limité, permettre à la puissance exécutrice de faire arrêter le$ citoyen^ suspects, qui ne perdrpient leur liberté pour un temps que pour la conserver pour toujours.

Et c'est le seul moyen conforme à la iraison de suppléer à laXyrannique magistrature des éphpres,

aqS DB l'esprit des lois.

et aux inquisiteurs dt'état de Venise , qui sont aussi

despotiques.

Ck)mine dans un état libre tout homme qui e3t censé avoir une ame libre doit être* gou^rné par lui-même^ il faudroit que le peuple en corps eût la puissance législative ; mais comme cela est impossilfle dans les grands états, et est sujet à beaucoup d'inconvénients dans les petits , il faut que le peuple fasse^ par ses représentants tout ce qu'il lie peut faire par lui-même.

L'on connc^t beaucoup mieux les ^soins de sa ville que ceux des autres villes, et on juge mieux de la capacité de ses voisins que de celle de ses autres compatriotes. Il ne faut donc pas que les ihetnbres du corps législatif soient tirés en général duieorps de la nation, mais il. convient que, dans diaqne lij^xi principal , les habitans se choisissent un représentant.

Le-grand avantage des représentants c'^st qu'ils sont capables de discuter leâ affaires. Le peuple n'y est point dii tout propre , ce qubforme un des grands inconvénients dé la démocratie.

Il n'est pas nécessaire que les représentants qui ont reçu de ceux qqi les ont choisis une instruction générale en reçoivent une particuUère sur chaque affaire, comme cela se pratique dans les diètes d'Allemagne. Il est vrai que , de cette manière, la parole deis députés seroit plus l'exprès-

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