livre; Xf, CHAPITRE VI
sian de la voix de la nation; mais cela jetteroit dans des longfueiBrs iûfihies , rendrait chaque député le maître de tous les autres^ et, datis les occasions les plus pressantes y toute la force de la nation pourroit être arrêtée par un caprice.
Quand les tlépqtés , dit très bien M. Sidney, ireprésentent un corps de peuple; comme en Hol^ lande y ils doivent rendre compte à ceux qui les ont commis : c'est autre chose lorsqu'ils sont dé^ pûtes par de$ bourgs , comme en Ang^terre>
Tous les citoyeûs-, dans les divers districts ^.cloi* vent avoir droit de donner leun voix pour choisir le représentant y excepté ceux qui sont dans un tel état de Ix^sesse qu'ils sont réputés n'avoir point de volonté propre.
Il y avoit un grand vice dans la plupart des anciennes républiques , c'est que le peuple avoit droit d'y prendre des résolutions actives et qui demandent quelque exécution , chose dont il est entièrement incapable. II ne doit entrer dans le gouvernement que pour choisir ses représentants', ce qui est très à sa portée : car, s'il y a peu de gens qui connoissent le degré précis de la capacité des hommes, chacun est pourtant capable de savoir en général si celui qu'il choisit est plus édairé que la plupart des autres.
Le corps représentant ne doit pas être choisi non plus pour prendre quelque résolution active,
3oO D£ LksPRIT DES LOIS.
chose qu'il ne feroit pas bien , mais pour faire des lois y ou pour voir si l'on a bien exécuté celles <ju'il a faites; chose qu'il peut très bien Êûre, ^t qu'il n'y a même que lui qui puisse bien faire.
Il y a toujxmrs dans un état des gens, distingués par la naissance , les richesses ou les honneurs; mais 9 s'ils étoient confondus parmi le peuple , et s'ils n'y ayoient qu'une voix comme les -autres , la liberté commune seroit leur esclavage , et ils n'a roieut aucun intérêt à la «défendre, parce que la plupart des résolutions seroient contre «ux. La part qu'ils ont à 1» législation doit donc être proportionnée aux autres avantages qu'ils ont dans l'état ; ce qui arrivera s'ils forment un corps qui ait droit d'arrêter les entreprises du peuple, comme le peuple a droit d'arrêter les leurs.
Ainsi la puissance législative sera confiée et au corps' des nobles, et au corps qui sera choisi pour représenter le peuple, qui auront chacun leurs assemblées et leurs délibérations à part , et des vues et des intérêts séparés.
Des trois puissances dont nous avons parlé, celle déjuger est en quelque façon nullç. Il n'en i:este que deux ; ex comme elles ont besoin d'une puissance réglante pour les tempérer, la partie du corps législatif qui est composée de nobles est très propre à produire cet effet.
Le corps des nobles doit être héréditaire. Il l'est