CHAPITRE XÎÏI
Des écrits.
Les écrits conti^ntient quelque chose de plus permanent que les paroles; mais lorsqu'ils ne pré-^ parent pas au crin^e de lèse<-majesté , ils'Ue sont point une matière du crime dç lèse-majesté.
Auguste et Tibère y attachèrent pourtant la peine de ce crïme < ; Auguste ,* à l'occasion de certâins écrits faits coptre d€|s hompies et des femmes illustres ; Tibère , à causé de cei^x qu'il crut faits contre lui. Rien ne. fut plus fatal k la liberté ronuûne.CrémutiusGdrdus fut accusé parce que dans •ses annales il avoit appelé. Gassius le dernier des Romains/'.
Les écrits satiriques né sont ^ère connus dans les états despotiques , où Rabattement d'un côté ^ et l'ignorance de l'autre, ne donnent ni le talent ni la volonté d'en faire. Dans la démocratie on ne les empêche pas, par la ^ison même, qui dans le
* Tacite, jânnaL^UY.i, Gela comtmna sous les règnes suivants. Foyez la loi première^ au code defamos, UMlit,
* Tacite, Jnnal, , liv. iv.
DB L*JESPRIT DBS LOIS. T. I. ^4
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gouverneineiit d'un seul les fait défendre^ Comme ils sont ordinairement composés contre des gens puissants ^ ils flattent dans la démocratie la malignité du peuple qui gouverne. Dans la monarchie on les défend ; mais on en fait plutôt un sujet de police que de crime : ils peuvent amuser la malignité générale ^ consoler les mécontents , diminuer l'envie contre les places ^ donner au peuple la patience de souffrir^ et le feire rire de ses i^uffrances.
L'aristocratie est le gouvernement qui proscrit le plus les ouvrages satiriques. Les -magistrats y Sont de petits souverains , qui ne sont pas assez grands pour mépriser les injures. Si dans la monaf chie quelque trait va contre le monarque , il est si haut que le trait n'arrive point jusqu'à lui; un seigneur aristocratique en est percé de part on part Aussi les décemvirs, qui fbrmoient une tifiistocratiei punirent «-ils de mort les écrite sati-^ riques '.
■ I^a loi des Doaze-Tables.
LnrRE.xn^ chapitre xiy. 371