LUXATIONS DU TIBIA
Le tibia peut se luxer sur le fémur dans deux autres, qui sont complètes, le tibia est quatre sens différens. De ces quatre luxations , porté soit en avant, soit en arrière, deux sont latérales et incomplètes; dans les Les luxations latérales sont rares.
(ï) L'observation suivante me'rite d'être phce'e ici à cause de la rareté' de la lésion qui en fait le sujet, et de la gue'rison qui l'a suivie; nous l'extrayons d'un journal étranger qui vient d'être cre'e' tout re'ceniment {L' Observateur médical Belge) :
Rupture transversale du tendon rotulien. Guérison. —Eu juin l833, M'D. , âge de 25 ans, roLusIe, élevant la jambe droite pour la poser sur un camion, perdit l'équilibre et tomba sur les fesses. La jambe gauclie se flcc'iit dans la cbute. Sensation de craquement dans le genou gauche, douleur de'cbirante. Le blesse ne put se relever, la jambe restait flecbie; gonflement. Le malade croyant n'avoir affaire qu'à un accident le'ger, passa dix j ours dans son lit en appliquant sur le genou de simples compresses d'eau viuaigre'e. Au bout de dix jours, même gonflement, même douleur; un me'decin fait appliquer des cataplismes et ^o sangsues en quatre fois. Yiagt jours après, diminution du gonflement et delà douleur. Le malade ne pouvait appuyer sur le pied, ni porter la jambe en avant. Liniiiiens volatils campJirés ; repos pendant vingt autres joitrs. Le me'decin se relira, affirmant que le temps dissiperait la douleur etla faiblesse du membri'. Le 20 sspten?- Lre, deux mois et demi après l'accident, le malade fit appeler M. Yanderlinden.Le genou, légèrement tuméfie, prc'sentait à l'œil un enfoncement assez considcrablBà la partie supérieure du tibia; les os étaient dans une intégrité parfaite , mais la rotule était un peu remontée vers la cuisse et offrait une mobilité anormale. En longeant avec l'indicateur lasurface du tibia, on sentait à la tubérosité une li\»ne transversal^, et immédiatement après, un vide dans lequel on pouvait loger le pouce. Il y avait duar. rupture transversale du tendon rotulien dont une petite partie était restée atfacbée à la tubérosité du tibia.
M. Yauderlinden rapprocha la rotule du tibia à l'aide de deux espèces de guêtres lacée.':, dont l'une embrassait la jambe, et l'autre la moitié inférieure de la cuisse; trois cordons passant en avant sur la rotule et sur ses côtés , et attachés aux deux guêtres, pouvaient se serrer à volonté. l/articulation fut maintenue dans une immobilité complète par une forte attelle. T.e malade gnrda cet appareil pondant trois mois , avec la seule précaution de resserrer les cordons tous les cinq jours. Au bout de ce temps, le vide au-dessous de la partie inférieure delà rotule étant eulièremeut effacé, on enleva l'altelle et on cessa deserrerles cordons. On fit faire une sangle qui après avoir fait le tour du cou passait sous la phmte du pied, et l'on permit au mabde l'usage
LUXATIONS LATÉR4LES. — Dans la luxation pratiqua l'extension de la jambe sur la "cuisse en dedans, le tibia est déplacé de manière dans une position fléchie du membre-, l'cxlenà ce que le condyle interne du fémur porte sion fut soutenue pendant une demi-heure , et
sur le carlilage semi - lunaire externe , et le tibia fait , à la partie interne de l'articulation , une saillie qui révèle au premier coup d'oeil la nature de la maladie. Le premier cas de cette espèce que j'aie vu, s'est présenté à l'hôpital Saint-Thomas , tandis que j'y étais élève , et je me rappelle que trois circonstances m'ont frappé : 1° la difformité considérable du genjDU due à la saillie du tibia; 2° la facilité avec laquelle l'os fut réduit par une extension directe: et 3° le peu d'intensité
par plusieurs personnes, avant que la luxatioa fût réduite.Le membre se tuméfia énormément, et resta ainsi pendant plusieurs semaines, le climat étant probablement défavorable. Mais enfin l'inflammation céda aux saignées locales, A l'époque où. je vis le malade , dix-huit mois après l'accident, il ne pouvait fléchir la jambe à angle droit avec la cuisse. Il y avait aussi un mouvement anormal de latéralité dans l'articulation , dû à la lésion des ligamens. La fracture du péroné avait déterminé une lé-
de l'inflammation qui suivit un accident si sion du nerf sciatique poplité externe, ainsi grave en apparence. Le malade fut en effet qu'on pouvait le reconnaître à l'engourdisse-
renvoyé de l'hôpital au bout de quelques semaines.
Le tibia est quelque fois dévié du côté externe de l'articulation, le condyle externe du fémur répondant au cartilage semi-lunaire interne ou plutôt en arrière de ce cartilage. La déformation est analogue à celle qu'on observe
meut do la partie externe de la jambe et du pied.
Luxation en avant. — Les signes de cette luxation , lorsque le sujet est couché, sont les suivans : le tibia fait une saillie en avant; le fémur est déprimé et déjeté un peu latéralement, en même temps qu'en arrière.
dans la luxation en dedans , la réduction, est Cet os exerce sur l'artère poplitée une cornégalement facile et le malade guérit avec peu pression telle, qu'elle fait cesser les pulsations
d'afl'aiblissement dans le genou.
Il me semble que dans ces deux luxations , le tibia est plutôt dans un état de torsion sur le fémur, état par lequel le condyle de ce dernier est par rapport au tibia, porté presqu' autant en arrière qu'en dehors ou en dedans.
Observation ÛO'. — Un des aldermen de Londres étant à cheval pendantla nuit, et n'apercevant pas une barrière , vint heurter contre elle avec son cheval, qui, se tournant subitement, jeta son cavalier sur la barrière ; sa jambe se trouva prise entre elle et le cheval , de sorte que le corps était d'un côté de la barrière et la jambe de l'autre. Il se fit uneluxa-
de la pédieuse. La rotule et le tibia sont tirés en avant parle muscle droit.
Observation 1x2'. — Tels étaient les symptômes observés sur un homme nommé Briggs, qui entra à l'hôpital de Guy , dans l'année 1802 , non - seulement pour cet accident, mais aussi pour une fracture compliquée du tibia de l'autre jambe avec luxation de la tète du péroné. M. Lucas pratiqua l'amputation de la jambe fracturée chez cet homme , qui existe encore à Walworth. La réduction fut facile dans ce cas , en faisant la contre extension sur la cuisse au-dessus du genou , et l'extension sur la jambe en ayant soin d'incliner le tibia un peu en bas. A peine la réduction fut-elle pra-
tion incomplète du tibia en dehors. Cet os fut tiquée, que la compression de la poplitée cessa,
aisément replacé, et quelques heures après on et que les pulsations reparurent dans l'artère
combattit le gonflement et l'inflammation qui pédieuse. devinrent considérables. Lorsque le malade
voulut s'appuyer sur ce membre , le ligament capsulaire était tellement faible,qu'il fut obligé de porter une genouillère en cuir très-fort, pour soutenir les os et conserver leurs rapports. A l'aide de ce bandage il se guérit graduelle-
Observation 63% communiquée par le docteur Toogood.— «Le5 décembre 1806, Francis Newton, sujet athlétique, âgé de 30 ans, tomba de devant un charriot pesamment chargé de charbon, et, s'étant embarrassé le pied dans lo
ment et assez bien pour pouvoir reprendre l'u- brancard, fut trainô à une très-grande dissage du cheval avant la fin de l'année. tance. Je le vis deux heures après l'accident.
Le genou gauche était très-tuméfié ; le tibia, Observation ûl* — Dans un cas de luxation du le péroné et la rotule , étaient chassés en haut genou, survenue chez un habitant des Barbades au-devant de la cuisse: le fémur occupait la par une chute de cabriolet, le tibia fut luxé et le partie supérieure du mollet ; le condyle interne péroné fracturé un peu au-dessous de sa léte.La perforait presque la peau. C'était une luxation tète du tibia faisait une saillie considérable à la complète du tibia en avant, et l'aspect du partieinterncducondyledufémur.MM.Caddcl membre était si effrayant, que je désespérai et Richards, chirurgiens aux Barbades, virentle d'obtenir la réduction , qui , à ma grande surmalade un quart-d'heure après l'accident. On prise, offrit peu de diflllcultés. Deux hommes
«h'S Lécjuilles. Le genou recouvrant peu à peu sa force et sa fleiibilite' naturelle , on 6ta les bas laces ; on prescrivit tlesLains et <lcs Irictions mercuiielles. Au bout de sept mois, la guc'risou était complète ; il n'existait plus aucune trace de h lésion. {Note des trad.)
LUXATIONS. 33 maintinrent la cuisse tandis que je faisais l'ex- il put faire quatre milles en voiture, et martension de la jambe, et le malade fut immé- cher pour venir de son auberge chez moi: la diatemcnt soulagé. Le membre fut placé dans jambe t-tait peu enflée, et jouissait de quelques dcsatlelles; le traitement antiphlogistique et le mouvemens. Depuis ce moment, sa guérisou a plus parfait repos furentprescrils. Il n'y eut que été si parfailequ'il a repris son métier de charries symptômes modérés. Au bout d'un mois, je relier, et qu'il boîte à peine (1). permis au malade de se lever, et,le29 janvier,
(l) Les luxations complètes du genou étant 1res rares, tant à causa du volume des eltre'mite's osseuses articulaires qu'à raison de la force de leurs moyens d'union , nous croyons devoir reproduire l'observation suivante qui est imprimée dans le Bulletin général de thérapeutique , i5 août l834, p. 07.
Observation A. — Luxation du tibiaen avant. —Au mois de février ib34, une femme de 5 j à 60 ans commissionnaire, revennit le soir d'un pays voi>in, par un temps très-froid et de très-miuvaischeminsj la marche devenue très-difiTu-ile par le ile'gel qui coinmenç lit , en fatiguant à l'excès cette femme qui portait un fjrdeau assez lourd, eut bientôt épuise ses forces de'jà compromises par un èt.it assez marque d'ivresse. Dans sa démarche mal assurée, chancelante , elle glisse du bord élevé du chemin dans un fossé assez profond. La secousse imprimée au corps , le jette en avnnt sur le revers du fossé dont le niveau atteignit la partie moyenne des cuisses j mais les pieds, retenus au fond , ne permirent pa.i au corps d'obéir au mouvement qui le jetait ea avant, les fémurs alors supportèrent seuls l'effort de la chute; arrêtés par le bord du fossé" ils furent chassés en arrière, et le gauche Surmontant la résistance des liens de l'articulation, abandonna la surface articulaire de la jambe, et, glissant en arrière et en Las , alla se loger dans le mollet, sous la masse des muscles jumeaux. Arrivé auprès de cette femme, le docteur Gardé reconnut facilement la nature de la lésion Il l'énorme déformation du membre, à son raccourcissement de trois pouces au moins, à la saillie arrondie des condjles du fémur à travers les parties molles de la partie postérieure de la jambe , à la surface plate auc présentait l'extrémité supérieure de celle-ci, et sur laquelle était couchée la rotule. La jambe paraissait et était en effet séparée de la cuisse au devant de laquelle elle était venue se placer; la grande mobilité dp ces dtux parties du membre permettait sa flexion en avant, et faisait craindre la blessure \i.ei troncs vasculaires et nerveux , soulevés et fortement distendus par la saillie des condyles. Un tel déplacement n'avait pu avoir lieu sans le déchirement complet de tous les ligamens de l'articulation et celui de la capsule svno viale dans tous les points d« son étendue. Effraye pour cette femme des accidens qui devaient suivre uh pareil désordre dans une articulation aussi importante , le docteur Gardé se hâta d'y ^ remédier avant qu'aucun engorgement ne vint rendre plus difficile la réduction qui se fit avec une facilité surprenante les puissances musculaires n'opposant aucune résistance; la malade n'accusa que peu de douleur avant et pendant l'opération; afiu de prévenir le déplacement consécutif des parties articul;-.ires et le dévtloppem.'nt des accidens inflammatoires , on recouvrit l'articulation et la jambe de compresses épaisses imbibéei d'uu mélange d'^au-de-vie camphrée et d'eau de Goulard , maintenues par un bandage roulé médiocrement serré ; la position horizontale du membre dans le lit et l'immobilité complète furent recommandées L'état de stupeur dans lequel cet accident et les circonstances qui l'avaient accompagné avaient jeté la malade, la petitesse du pouls, ne permir^jnt pas de recourir au moment même aux évacuations sa guines dans le but de prévenir l'inflammation qu'on pouvait raisonnablement cr .indre. Ou attendit 1 réaction qui devait avoir lieu, mais qui, grâce à la constitution débile, au peu de sensibilité de cette femme fut à peu près nulle. Aussi, aucun des accidens si formidables que l'on redoutait, ne vint compli<|uer s sition. Le lendemain et les jours suivans, point de fièvre, point de douleur j une légère tuméfaction du m Lie fut le seul symptôme apparent de la blessure. Aussi tout le traitement se réduisit à la diète, au repos absolu , et au maintien du membre par le bandage roulé et les compresses incessamment humectées du liquide résolutif ; il suffit pour conduire la malade h une guérison complète, qui eut lieu au bout de six semaines sans qu'il en restât autre chose que la raideur de l'articulation et la faiblesse du membre, qu'un exercice modéré et journalier fît bientôt totalement disparaître.
A la lecture de cette observation , on s'étonntrait de voir arriver une luxation du conm. =„ J; ■)> f - ( lit , ^ r A • i> qcuuu au lieu a unis
iracture dute.nur , chez une femme avancée en âge, si 1 on ne prenait en considération la faiblesse naturelle du sujet, dont l'énergie musculaire était encore diminuée par une marche longue et pénible et par un e'tat a ivresse. ^
Presque tous les auteurs onl repré.senté les luxations du genou, et, en particulier la luxation en avant comme des accidens extrêmement graves. Onaélé jusqu'à conseiller l'amputation commeseul moyen desalut' cependant les faits ne jutifient point de pareilles craintes, ainsi que le démontrent les observations qu'or! vient de lire et la suivante que nous empruntons à la thèse de M. Garnier. {De la luxation, du senou Mont pelher, iSBo.n-S, p. 41). S »"«• Mont-
0/«wa;ib«5.-Zax«</o/zrf«<t6zae„a(.„„«.GM,;„Von.— Un vaisseau marchand futremorquéparunecorvette et bridé,pour faciliter les man<euvres,sur un des côtés du navire par le moyen d'un fort crochet auquel i! fut amarré Touti coup le croc qui retenait la remorque, se rompit ; celle-ci se raidissant avec une force prodigieuse vint frapperun jeune homme sur la partie moyenne et antérieure des cuisses et le renversa. Il fut déshabillé sur le champ, et on remarqua une déformation totale de la cuisse gauche, qui d'abord fit croire à une fracture comnjinutive duquartinférieur du fémur, mais en examinant les parties avec plus d'attention, on observaler courcissement du membre, son immobilitéparfaite et la rectitude de la pointe du pi«d, une' dépression conTil dérableàlapartie antérieure et inférieure de la cuisse, la mobilité extrême de la rotule en tous sens et une»"
Luxation eîV arîmére. — Quelquefois la tôte en avant et raccourcie, et il y avait une déprcsdn tibia est luxée en arrière dés condylesdu sion immédiatement au-dessus de la rotule. La
fémur, et donne lieu aus symptômes suivans : raccourcissement du membre ; saillie des condyles du fémur en avant ; dépression du ligament rotulien, et flexion de la jambe en avant.
douleur était très-vive dans les mouvemens du membre, mais peu intense dans le repos. La réduction fut effectuée de la mauièi-e suivante : Deux hommes furent chargés de la contre-extension : l'un à l'aisselle, l'autre à l'aine; deux Observation hli' , communiquée par 31. Walsii- autres pratiquèx'ent l'extension de la jambe, man. — M. Luland , homme robuste et mus- un peu au-dessus du coudepied ; ils augmenculeux , se luxa en même temps l'épaule et le ièrent progressivement la force de l'extension, genou, le h janvier 179Û. Voici de quelle ma- jusqu'à ce que la réduction fût opérée. Alors nière arriva l'accident : Il gelait fortement, et le genou fut entouré d'une bande roulée ; le la terre était très-glissante; M. Luland fut malade fut placé dans son lit, le membre étenjeté sur le devant de sa voiture par suite de la du sur un coussin , et des lotions évaporantes chute de son cheval, et se luxa le tibia en furent prescrites. M. Luland resta dans cet état arrière, tandis que, l'épaule heurtant contre la une quinzaine de jours sans souffrir ; de légers selle, l'humérus futluxé en bas. La tête du tibia, mouvemens fui-ent imprimés tous les deux complètement déplacée en arrière, s'élevait jours, autant qu'on put le faire sans douleur, au niveau des condyles du fémur dans le creux Au bout d'un mois, il commença à marcher dujarret; l'insertion x'Otulienne du muscle droit avec des béquilles, et, quatre mois plus tard, il antérieur était rompue ; le condyle externe du put se servir de cette jambe comme de l'autre, fémur était très-saillant ; la jambe était fléchie II mourut hydropique en février 1819.
LUXATION INCOMPLÈTE DE L'EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE DU FÉMUR SUR LES CARTILAGES SEMI - LUNAIRES.
Dans les cas de relâchement extrême des tissus, dans ceux où il y a eu accumulation de synovie dans l'articulation , les ligamens s'alougent tellement qu'ils permettent le glissement des cartilages articulaires sur la surface semilunaire du tibia, et particulièrement quand une pression est exercée par le fémur sur le bord de ces cartilages. Le docteur Hey , de Leeds, est le premier qui ait décrit avec clarté les symptômes et la cause de cet accident, et qui ait conseillé un mode [de traitement ingénieux , méthodique et généralement suivi de succès.
L'accident a ordinairement lieu lorsque, pendant la marche , le pied étant dans la rotation en dehors , on se heurte le gros orteil contre quelque saillie {comme le pli d'un tapis). On
éprouve , immédiatement après, de la douleur dans le genou qui ne peut-être étendu complètement. J'ai vu survenir cet accident chez des personnes dont le fémur avait glissé sur les cartilages semi-lunaires , lorsqu'au moment où elles se tournaient subitement dans leur lit, les draps n'avaient pas permis au pied embarrassé dans leurs replis de suivre le mouvement rapide du corps. Je l'ai vu encore détermine par une loision soudaine du genou en-dedans , lorsque le pied était tourné en-dehors. Voici l'explication de cet accident : Les cartilages semi-lunaires qui reçoivent les condyles du fémur, sont unis au tibia par des fibres ligamenteuses ; quand celles-ci se relâchent ou s'alongent, les cartilages sont facilement déplacés par les condyles du fémur, qui
fonccment très-marque sur cbacuu des côle's ; le tendon des muscles droit antérieur et triceps crural était relâche ; à la partie postérieure , on sentaitplushas que le lieu qu'occupa ordinairement le plidu jarret, deux saillies trcsrprononce'es, sur lesquelles la peau était fortement tiraillée, saillies formées par les condyles du fémur. A ces signes, ilfutl'acile de reconnaître une luxation complète du genou en avant, on procéda à la réduction. Tant de liens avaient été rompus, que cette opération se fit avec une facilité étonnante et presque sans douleurs ; le membre avait repris sa forme et sa longueur naturelles.
Le malade fut transporté sur un lit; le genou qui avait été luxé fut pansé avec des compresses trempées dans l'eau de Gouiard légèrement animée, et sanscesse arrosées : une forte saignée duLras fut pratiquée, et le malade assujélia une diète alisolue Le lendemain, il avait passé la nuit presque sans sommeil, l'articulation n'offrait aucun gonllenient ; il ne ressentait d'autre douleur que celle produite par le tiraillement forcé des muscles postérieurs, surtout du biceps, qui était dur et un peu tuméfié. Le membre ayautété placé dans la demi-flexion les douleurs cessèrent. Le jour suivant, point de douleur, le genou offre un léger gonflement avec ecchymose considérable , s élendant delà parlie inférieure de la cuisse jusqu'au milieu delà jambe. Le malade ressentant un peu de chaleur dans l'ai ticulation, on substitua aux fomentations résolutives une forte décoction de graine delin appliquée tiide ; soulagement bu]>it: depuis lors aucun accident. Le dixième jour, le malade put faire quelques pas sans le secours d'un b3 ton. Lin mois environ après l'accident, il éprouvait encore un peu de fatigue quand il marchait, ce qu'on ne lui laissait faire qu'avec modération. Le memlire a recouvré toute l'étenduede ses mouvemens, seulement il reste un peud^ raideur dans la partie postérieure. (Note des trad.)
alors viennent au contact avec la tête du tibia ; et quand le malade essaie d'étendre la jambe sur la ^cuisse, le bord de ces cartilages s'y oppose.
On rétablit les rapports de ces parties , en fléchissant le membre en arrière le plus possible, ainsi que le conseille M. Hey, ce qui permet au cartilage de glisser dans sa situation naturelle. La pression du fémur cesse dans la flexion , et la jambe étant amenée en avant, elle peut alors être complètement étendue, les condyles du fémur étant reçus de nouveau sur les cartilages semi-lunaires. Cependant ce procédé ne réussit pas constamment, ainsi que le démontre le cas suivant : un officier éprouva cet accident à plusieurs reprises, .' et chaque fois la réduction fut obtenue par les
aussitôt les parties dans leur situation, en pressant sur la cuisse de manière à la porter en dehors, tandis qu'elle attirait la jambe en dodans ; ce ne fut qu'après celtemanœuvre qu'elle put mouvoir l'articulation. Pendant quinze jours elle put à peine fléchir ou redresser le genou , et ses muscles lui semblaient comme dani un état de crampe. Elle commença à marcher à l'aide de béquilles; mais quand elle appuyait fortement sur la jambe, celle-ci fléchissait soudainement de manière à former un angle rentrant en avant, mouvement qui était suivi de douleur et de gonflement ; elle sentait en même temps le glissement des condyles qui, abandonnant les cartilages semilunaires , venaient porter sur la tête du tibia. Les Mouvemens brusques produisirent
moyens indiqués ci-dessus: mais enfln, dans pendant quinze mois le même effet, et cha-
un moment oîi il se retournait dans son lit, le poids des draps sur son pied reproduisit l'accident. La flexion du membre ne fut cette fois d'aucun effet pour rétablir la faculté de l'étendre; je conseillai donc au malade d'aller voir M. Hey à Leeds ; mais j'ai appris que dans ce cas la luxation n'a jamais été réduile.
Observation io". — M. Henry Dobley , âgé de ti'ente-sept ans , a eu de fréquentes luxations de cette espèce, par l'effet de mouvemens dans lesquels le pied était porté en dedans, pendant que le fémur était tourné en dehors. L'accident arrivait soit par un mouvement brusque du membre , soit lorsque le malade glissait sur
cun de ces accidens retardait la guérison de plusieurs semaines : la douleur s'étendait depuis le genou jusqu'aux orteils. Depuis trois mois, à partir du dernier accident de cette espèce, elle marchait avec des béquilles, et même quelquefois seulement avec le secours d'un bâton , lorsqu'il y a environ deux mois, ayant essayé de se lever de dessus un sofa, le genou gauche céda comme si l'os de la jambe avait glissé hors de sa position , le fémur se trouvant en même temps porté en dehors par un mouvement de torsion. De la douleur et du gonflement s'ensuivirent, et depuis cette époque, la malade a toujours été dans l'impossibilité de se tenir debout. Toutes les articulations un terrain inégal; une vive douleur se faisait sont chez cette dame remarquables par leur
sentir immédiatement, et s'accompagnait d'une tuméfaction considérable. Le mode de réduction qu'il emploie est le suivant : il s'assied par terre , et alors fléchissant la cuisse en même temps qu'il la porte en dedans, et tirant le pied en dehors , les parties reprennent leur position normale. Une genouillère lacée fortement autour du genou est le moyen ordinaire employé pour prévenir le letour de l'accident ; mais M. Dobley est obligé d'y ajouter l'usage de courroies, et particulièrement d'une lanière de cuir très-forte qui est placée immédiatement au-dessous de la rotule.
Chez une jeune dame qui était sujette à cet accident , et chez qui les cartilages avaient été
flexibilité , et celle du coude peut être facilement étendue au point de former en arrière un angle rentrant avec l'humérus. Pendant sa jeunesse elle éprouvait fréquemment la sensation de déboîtement des genoux , mais les parties se rétablissaient facilement. Actuellement les genoux sont tuméfiés, et il s'est fait dans l'articulation un épanchement considérable de synovie. Quand elle essaie de se tenir debout, elle ne peut redresser les genoux , elle tomberait en avant si elle n'était soutenue. La principale indication à remplir, était de provoquer la l'ésoi-ptiou du liquide épanché, et de donner ensuite un soutien convenable aux ligamens. Pour la première indi-
facUement replacés plusieurs fois, le déplace- cation, on lui prescrivit l'application de vési nient était prévenu par un bandage composé catoires, qui furent pansés de manière à suppud'une pièce de toile , à laquelle étaient atta- rer pendant un temps considérable. Ensuite chées quatre bandes roulées qui s'appliquaient solidement au-dessus et au-dessous de la rotule; suivant elle, cet appareil réussissait mieux que tout autre.
Dans quelques-uns de ces cas, une altération remarquable existe parfois dans la forme et
on prescrivit la pression exercée sur l'articulation au moyen d'un bandage solide, qu'on enlevait par fois pour pratiquer des frictions. Mais elle parut retirer les plus heureux résultats d'un traitement interne consistant dans l'usage de pilules de calomel, avec une décoction
le volume des genoux , par l'effet d'un rhuma- de salsepareille composée , et de l'usage perse
ti^pae chronique. vérant des frictions sur les genoux. Elle était
dernièrement dans un état de guérison par-
Observation 46'.- Madame D. fit , il y a un an faite,
et demi, nue chute dans laquelle le fémur La dissection démontre que , dans les cas de
éprouva une torsion en dedans à l'articulation ce genre, le ligament capsulaire est extrême-
du genou; il en résulta une vive douleur dans ment épaissi; de petits corps ligamenteux et
l'mtérieur de l'articulation. La malade rétablit cartilagineux flottans dans l'articulation ysont
suspendus ; le cartilage articulaire, dont une tité considérable de matière osseuse déposée partie est détruite , fournit un rebord épais qui au pourtour des condjies (1). fait saillie. La macération fait voir une quan-