‹ Œuvres chirurgicales complètesChapitre 103 sur 214 · HERNIE · texte numérisé non relu

HERNIE

enflammée et gardait l'impression du doigt; la tumem- diminua par la pression que j'exerçai, mais ne disparut point entièrement; la malade ressentait une douleur très-vive dans l'abdomen, vomissait fréquemment et avait un peu de hoquet; son pouls était petit et fréquent; néanmoins il lui semblait que les accidens avaient moins de violence que dans la matinée; toutefois , comme la tumeur n'avait pas disparu; comme, d'un autre côté , les symptômes persistaient, et que l'état de la peau annonçait un désordre considérable de l'intestin, je pensai qu'il fallait recourir à l'opération à laquelle elle se décida sans difficulté.

Une incision cruciale fut faite à la peau et au tissu cellulaire sous-cutané que je trouvai épaissi et condensé. Un fascia distinct qui enveloppait le sac herniaire fut divi;?é: ensuite je divisai le sac lui-même et je trovivai une portion d'épiploon du poids d'environ ime demionce , qui exhalait une forte odeur de matière fécale. J'exerçai sur cette portion d'épiploon une pression qui fit sortir du côté interne du sac, une matière fécale liquide; cependant plus tard, on ne put trouver dans le sac aucune portion d'intestin qui eût donné issue à ces matières.

Je dilatai ensuite l'étranglement, et je crus en cet instant reconnaître à l'orifice du sac herniaire, une petite portion d'intestin que je protégeai avec le doigt et le pouce pendant que je dilatais avec les plus grandes précautions Torifice du sac.

Une fois ce débridement opéré, j'attirai le corps que je sentais , et je trouvai que c'était une portion d'intestin ayant environ le volume de l'extrémité du doigt et trois quarts de pouce de longueur, d'une couleur très-foncée et qui présentait deux petites ouvertures, dont l'une pouvait presque recevoir l'extrémité boutonnée de ma soude, et l'autre seulement la pointe. Ces deux trous étaient circulaires et comprenaient toutes les tuniques de l'intestin, de telle sorte que quand je pressai la portion d'intestin attenante , les matières fécales s'échappaient à travers les deux ouvertures-

Il s'agissait alors de décider ce qu'on ferait de cette portion d'intestin ainsi perforée. On pouvait, soit l'unir au sac au moyen d'une suture, et la laisser dans cette situation de manière à permettre aux matières fécales de s'échapper, soit la réduire dans la cavité de l'abdomen , ou bien enfin eu exciser une portion et réunir les deux bouts. Je donnai la préférence à ce dernier procédé. C'est pourquoi , étalant dans ma main la porlion d'intestin étranglée, j'en fis la résection avec des ciseaux, et j'appliquai trois points de sature pour rapproclier les bords de la plaie faile à l'intestin. L'iiémorrhagie fut abondante , mais elle s'arrêta quand les ligatures fuient serrées. L'iu- Icstin fut alors repoussé aussi près quepossiblc de l'orifice du sac, elles fils furent laissés pendans hors de la plaie. La portion d'épiploon qui avait été comprise dans la hernie fut excisée, et les bords delà plaie furent rapprochés

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