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HERNIE DE LA GRANDE LÈVRE

(PUDENDAL HERNIA).

Cette hernift estsitucedansla partie moyenne de la grande lèvre, un peu au-dessus d'une ligne qui , partant de l'orifice extérieur du vagin , se dirigerait de dedans en dehors.

Le volume de celles de ces hernies que j'ai Vues , était égal à celui d'un œuf de pigeon ; elles étaient toutes pyriformes.

Les tumeurs étaient élastiques au toucher, et donnaient la même sensation que si elles n'avaient contenu que l'intestin. De même que les autres hernies , elles descendaient quand la malade set enait debout, et rentraient dans l'abdomen quand la malade prenait la position horizontale. Elles se gonflaient par la toux; devenaient parfois tendues et douloureuses et produisaient fréquemment des interruptions dans le cours des matières.

Mais les malades pouvaient presque toutes rédivre facilement leur hernie.

Cette hernie est très-facile à distinguer delà hernie inguinale ordinaii'e, qui descend aussi dans la grande lèvre.

En effet, elle n'a pas de commimication avec l'anneau inguinal, et ne détermine aucune tuméfaction dans la partie supérieure de la grande lèvre. La tumeur occupe h peu près Je centre de la grande lèvre, et s'étend au côté interne de l'ischion, dans la cavité du bassin. On sent cette tumeur comme une boule dans l'épaisseur de la grande lèvre; et, si l'on introduit le doigt dans le vagin , on reconnaît qu'elle 8'élend dans la cavité du bassin entre l'ischion et le vagin, jusqu'à l'orifice de l'iUérus, au niveau duquel on cesse de la percevoir.

L'extrémité inférieure de celle tumeur occupe la duplicature de la grande lèvre : sa partie moyenne est située entre l'ischion et le vagin; et l'orifice du sac herniaire a son siège dans la cavilé du bassin, auprès de l'orifice de l'utérus.

Cette hernie ne diffère que peu de la hernie

v?ginale latérale à son début. Mais, au lieu de pousser le vagin en avant en forme de tumeur herniaire, ellepas.se au-delà , et vient apparaître dans la grande lèvre.

Je suis porté à penser que cette maladie a été prise à tort pour une hernie du trou ovale, et qu'elle a été observée par d'aulres médecins, qui, examinant sur le sujet vivant cette hernie non étranglée , se sont mépris sur sa véritable nature.

J'ai demandé une fois au docteur Lowder, professeur d'accouchemens, s'il avait observé des cas de hernie du trou ovale. Il me répondit afl[irmativement, ajoutant que la tumeur s'étendait, en dedans , assez loin du trou ovale pour atteindre le milieu de la grande lèvre, d'où on pouvait facilement la repousser dans la cavité du bassin. Par de nouvelles questions , j'appris qu'il pensait que la hernie passait à travers le trou ovale, et que , se dirigeant ensuite en dedans, à angle droit avec le collet du sac , elle venait gagner la partie moyenne de la grande lèvre.

Mais, si lîous considérons attentivement ce sujet , nous voyons qu'il est presque impossible que la hernie du trou ovale, qui n'a qu'un petit volume et qui est enveloppée par les adducteurs , puisse passer à travers le muscle droit interne, puis à travers le fascia lata, et se prolonger assez, pour distendre la grande lèvre et déterminer une tumeur ayant les caractères de celle que j'ai décrite. Quoiqu'il en soit, il n'en était point ainsi dans les cas que j'ai observés.

La hernie de la grande lèvre peut être confondue avec, une maladie qui survient assezfréquemment à la partie interne de la grande lèvre , et qui se présente sous la forme d'une tumeurpar laquelle cette grande lèvre est distendue (1).

(l) J'.il été ap^jclé par M. Benjamin Alliinson, pour une ses malades, qui ai'ait une tumeur Je celte espèce, située à la partie interne delà grande lèvre, auprc.s de l'entrée du vagin. Celte tumeur offrait, a travers le ^issu de la petite lèvre, une couleur légèrement bleue j elle était lenlueet élasliijuc, et donnait une sen-

HERNIE DE LX GRANDE l,FVRi;. >iil

Celte tumeur est élastique au toucher et douloureuse au loucher, luai;? plus doulou-

acquiert souvent un volume considérable, reusc encore pendant la toux.

Elle reconnaît pour cause l'oblitération de La malade ayant éprouv<ï des symptômes

l'orifice d'un crypte muqueux, situé près de nerveux particuliers, le docteur Best pensa que

l'orifice du méat urinaire et du vagin, obli- cette circonstance l'avait empêchée d'essayer

tération par suite de laquelle il se fait une de réduire sa hernie, comme elle avait l'habi-

accumulation de liquide , qui tantôt donne tude de le faire.

lieu il la production d'une tumeur volumineuse A l'examen de la tumeur, je fus surpris de la renfermant un liquide semblable à du blanc trouver située au-dessous du niveau de la partie d'oeuf, tantôt détermine une inflammation moyenne de la grande lèvre , tandis que la parqui se termine par un abcès. tie supérieure de cette grande lèvre , l'anneau Quoique cette tumeur ressemble un peu sous inguinal et les parties cnvirounanlcs ne prêle rapport de la situation, à celle qui renferme sentaient aucune espèce de gonflement. une hernie de la grande lèvre, cependant elle Le toucher me fit reconnaître une tumeur en diffère assez sous les autres rapports, pour qui s'étendait le long de la paroi latérale du qu'on puisse l'en distinguer par un examen vagin, et qu'on pouvait suivre jusqu'à la hauatlentif teur de l'orifice utérin. Je priai la malade de ' La tumeur dont je viens de parler, ne se di- tousser, et fe vis que la tumeur se dilata auslale point par la toux; elle offre de la fluctua- sitôt.

tion ; elle ne peut être suivie sans interruption Saisissant alors cette tumeur , j'exerçai sur

jusque dans la cavité du bassin, en remontant elle une compression un peu forte , qui déter-

la paroi latérale du vagin ; on peut sentir, der- mina beaucoup de douleur. Mais , au bout de

trois minutes, la tumeur disparut avec un bruit de gargouillement, et la malade se trouva soulagée.

On sentit alors la grande lèvre aussi lâche que si la tumeur en eût été retirée. Eu appuyant

rièreelle, le pubis et l'ischion; elle ne descend point dans l'attitude verticale, et ne disparaît point pendant le décubitus dorsal (1).

Observation 322". —Le docteur Best me pria ,

le 18 mai 1802, de voir Sophia Hall , âgée de le doigt sur cette portion flasque et déprimée

22 ans, qui présentait les symptômes d'une de la peau, on pouvait l'enfoncer d'avant en

hernie étranglée. Il m'apprit qu'environ une arrière dans un orifice circulaire, situé au côté

heure auparavant, il avait fait, mais sans interne delà branche de l'iscbion , entre cette

succès, de légers efforts pour réduire la lu- branche et le vagin,

meur. Le seul moyen que j'aie employé jusqu'à pré-

Celle-ci avait environ le volume d'un reuf de sent, pour maintenir cette hernie réduite, con-

pigeon et était située dans l'épaisseur de la siste à faire porter un bandage de femme placé

grande lèvre gauche. Pendant les six derniers entre les cuisses (2), et fixé autour de l'abdo-

raois , elle s'était fréquemment renouvelée. La men.

malade pouvait habituellement la réduire sans Un mois après , la malade était parfaitement

beaucoup d'efforts, et avec peu de douleur. bien. Les derniers renseignemens que j'ai re-

La hernie , quand je vis la malade, était des- çus sur son compte , datent du mois d'aoiit; la

cendue depuis trois semaines, et, pendant hernie n'avait point récidivé, toute la journée du 16 et du 17, c'est-à-dire, les

deux jours précédens, elle s'était montrée très- Observation 323'.— Une femme de'22 ans, vint

salion oljscure de fluctuation. Elle ne se dilatait point par la toux ; la pression n'avait sur son volume aucune influence. Je me proposais de l'ouvrir, mais la malade n'y consentit point.

Une femme me consulta l'été dernier pour une tumeur de ce genre. Je passai un petit seton au travers , et il s'en écoula un fluide glaireux. Une inflammation très-vive se de'veloppa dans ia partie ; il survint de la fièvre. Je retirai le seton au bout de dix jours, et la malade se rétablit complètement.

Le docteur Haighion m'a fait appeler en consultation , po"r une de ses malades, qui .lyait une tumeur de celte espèce, plus grosse qu'un œuf de pigeon, et située à la surface interne de la grande lèvre gauche. J'y fis une incision et j'y introduisis une lente de charpie. La guérison fut complète au bout de trois semaines; la malade n'eut que peu de fièvre. A. C.

(i) J'ai rencontré parfois, dans ma pratique, de ces tumeurs muqueuses. Dans un cas, la tumeur, qui avait environ le volume d'un œuf de poule, était bornée au vagin, et avait été considérée par le médecin de la malade comme une hernie vaginale , pour laquelle il avait ordonné un pessaire.

La membrane d'enveloppe de ces kystes est quelquefois, mais à un faible degré, disposée à l'indamniation. Dans certains cas, elle résiste à l'usage du séton, aux injections stimulantes, et même quelquefois ^ l'usage du nitrate d'ari^ent. Mais une large incision du kyste, suivie de l'inlroductiou d'une lente de charpie, est le plus sûr moyen de déterminer la suppuration, !i la suite de laquelle il y a une cicatrisation complèle .

(2) Sir A. Cooper appelle de ce nom un bandage composé d'une compresse passant entre les cuisses , et pressant sur les parties génitales, et d'une ceinture h laquelle se fixe cette serviette; en un mot, il s'agit de l'appareil très-simple qu'emploient fréquemment les femmes pendant l'écoulement des règles.

{Note des trad.)

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