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HERNIE DE LA GRANDE LÈVRE

me consulter pour -une tumeur semblable à celle décrite ci-dessus, et située dans la grande lèvre du côté droit. Elle était un peu moins volumineuse que la précédente. Elle descendait, pendant l'attitude verticale , et rentrait dans l'abdomen, quand la malade était couchée sur le dos; elle se dilatait par la toux, et devenait beaucoup plus tendue pendant la défécation. La malade attribuait cette tumeur à une chute qu'elle avait faite d'un cabriolet, chute dans laquelle elle reçut à l'hypogastre un coup qui fut suivi . peu de temps après , de l'apparition de la tumeur.

Je prescrivis l'usage d'un petit pessaire en éponge dans le vagin ; depuis cette époque , cette malade n'est pas revenue me consulter.

Quand cette espèce de hernie est réductible, on peut prévenir son développement ultérieur et l'empêcher de devenir incommode, soit en faisant porter un bandage de femme , soit, ce qui est préférable, le bandage pour la chute du rectum. Elle est trop distante du vagin pour qu'on puisse facilement en empêcher le retour par l'usage d'un pessaire , à moins que celui - ci ne soit très - volumineux. Cependant ce n'est que l'emploi d'un pessaire qui puisse offiir des chances de guérisoii ; car aucun autre appareil ne peut amener l'oblitération de l'orifice ou du collet du sac.

A l'état d'irréductibilité , on ne peut retirer

d'avantages que de l'emploi constant d'un bandage tendant à en prévenir le développement ultérieur.

Lorsque cette hernie s'étrangle, le chirurgien se plaçant du côté malade, embrasse la tume ur avec les doigts, la pousse avec douceur et régularité contre le côté interne de la branche de l'ischion. A raison de l'extensibilité des parties à travers lesquelles la hernie descend , je pense que ces efforts seront couronnés de succès dans le plus grand nombre des cas. S'il en était autrement, il faudrait recourir à la saignée, aux bains chauds, aux lavemens de tabac , et renouveler ensuite les tentatives de réduction.

Si la hernie ne peut être réduite, et si les symptômes d'étranglement persistent , il faut pratiquer l'opération qui, bien que difficile, est cependant loin d'être impraticable.

Cette opération coiisiste à faire une incision dans la grande lèvre, afin de mettre à nu la partie inférieure de la tumeur ; le sac herniaire étant ouvert avec précaution, et l'intestin étant mis à nu , un bistouri caché doit être dirigé en haut dans le sac, ayant pour guide le doigt préalablement introduit dans le vagin. L'incision du collet du sac doit être faite directement en dedans vers le vagin. Il faut avoir soin de vider la vessie , avant d'opérer, et même avant de faire les premièies tentatives de réduction.

Ceux qui ont l'habitude des accouchemens doivent nécessairement avoir observé cette maladie plus fréquemment qu'un chirurgien qui se livre à la pratique ordinaire. Néanmoins j'ai eu l'occasion d'observer dans ma pratique quelques cas de cette espèce.

Observation 324'. — Une femme, âgée de ïingt ans , et qui n'avait jamais eu d'enfans , me consulta à l'occasion d'une tumeur qui faisait saillie dans le vagin,

La malade étant placée sur le dos, les épaules un peu élevées , je pratiquai le toucher dans cette attitude; je sentisunpeu au-dessus de la vulve , une tumeur dont le volume était égal à celui d'une petite bille de billard. Cette tumeur siégeait à la partie postérieure du vagin , mais lin peu à gauche. Elle était élastique , et nullement douloureuse au toucher. Une compression modérée la faisait rentrer facilement, mais elle se reproduisait par la toux. Quand la malade se plaçait sur les genoux, la tumeur devenait plus tendue ;et beaucoup plus volumineuse qu'auparavant. Pendant la toux , la tumeur se dilatait comme cela a lieu dans les autres hernies , mais ici l'accroissement était proportionnellement beaucoup plus considérable.

Après cet examen, ayant fait reprendre à la malade le décubitus sur le dos , je réduisis la tumeur complètement, en tenant les doigts appliqués pendant près d'une demi-minute sur la partie postérieure du vagin. Ayant ensuite porté les doigts plus haut dans le vagin , audessus du siège de la tumeur et près de l'orifice utérin , j'exerçai une pression sur le vagin vers le rectum, je prescrivis à la malade de tousser, et la tumeur ne se reproduisit pas. Les doigts étant maintenus dans la même place, et la pression étant continuée , j'engageai la malade à se lever , et tant que la pression fut maintenue , la hernie ne reparut pas. Mais immédiatement après que les doigts eurent été retirés , elle se reproduisit aussi volumineuse qu'auparavant.

Cette hernie avait pour effets habituels, chez cette malade, de la rendre incapable de pren-

dre beaucoup d'exercice, et par conséquent de pourvoir aux besoins de son existence. Toutes les fois, en effet, qu'elle se livrait à un exercice forcé, elle éprouvait une sensation de chute intérieure, de déplacement en bas ( bearing down) , comme si quelque chose allait crever à travers la partie.

Je prescrivis à celte malade l'usage d'un pessaire. Mais n'ayant point suivi ce conseil, elle continua à éprouver les mêmes incouvéniens.

La hernie vaginale se forme dans l'espace compris entre l'utérus et le rectum; lieu dans lequel s'engagentles intestins. Cet espace est fermé en bas par le péritoine qui forme un cul de sac en se réfléchissant de la partie postérieure du vagin sur la partie antérieure du rectum; entre ce cul de sac péritonéal et le périnée, se trouve un tissu cellulaire lâche. La pression de l'intestin sur celte partie du péntoine la déprime en bas, vers le périnée, mais plus tard étant arrêté dans sa marche ultérieure en ce sens, elle pi'esse contre le vagin et pousse en avant la paroi postérieure de ce conduit.

Quelquefois cette hernie est déviée sur le côté , et produit une tumeur à la partie latérale du vagin ;, au lieu de la produire sur la partie postérieure de ce conduit membraneux.

Quand on dissèque cette hernie , on trouve d'avant en arrière, 1° la pai'oi postérieure du vagin ; *

2' un feuillet du péritoine ; 3° Enfin, l'intestin contenu dans le sac péritonéal , entre le vagin et le rectum.

Je dois reconnaître ici que je n'ai jamais disséqué cette hernie sur le cadavre, et la description que j'en donne n'est fondée que sur la structure anatomique des parties.

La première fois que j'ai réfléchi sérieusement à cette variété de hernie , j'étais étonné qu'elle ne s'observât pas très-fréquemment. Les intestins grêles, en effet, plongent toujours dans le bassin, et le repli péritonéal est trop faible pour pouvoir supporter une pression considérable. Je pense que le motif pour lequel cette hernie est rare proportionnellement

364 HERNIE VAGINALE

aux autres , c' est J' obliquité du bassin , obli- tre les intestins et la paroi antérieure de l'ab-

quité qui est défavorable à sa production (1). domen.

Dans l'attitude verticale aussi bien que dans

l'attitude assise, les intestins retombent par Observation 325*. — Une jeuue fille de 17 ans,

leur poids plutôt sur la symphyse du pubis et entra à l'hôpital de Guy pour une tumeur du

sur la vessie, que sur la partie postérieure du vagin , que l'on croyait être un prolapsus de la

vagin : or , exerçant ainsi une pression sur la matrice.

partie antérieure du bassin, ils repoussent l'u- Ayant examiné cette malade , je trouvai une

térus contre le rectum, et ferment ainsi l'es- tumeur située immédiatement au-dessous du

pace qui se formerait entre ces deux viscères méat urinaire , refoulant h travers la vulve la

si cette pression n'existait pas; aussi, sans la paroi antérieure du vngin. En faisant pénétrer

direction oblique du bassin, cette maladie se- ]e doigt pour reconnaître l'état du museau de

rai telle très-fréquenle. tanche, j'exerçai une compression sur la tu-

Je citerai à l'appui de ce qui vient d'être dit meur , et au moment même l'urine s'écoula

une expérience que j'ai faite sur le cadavre soudainement, puis la tumeur devint flasque,

d'une femme qui avait succombé quelques Cette circonstance me détermina à pousser

jours après la délivrance: ayant engagé les plus loin l'examen, et alors je reconnus qu'il

doigts à la partie postérieure du bassin , der- y avait immédiatement au-dessous du méat

rière l'utérus , je trouvai qu'il m'était possible urinaire une tumeur de couleur rouge . ver-

de déprimer vers le périnée, le cul-de-sac péri- meille , faisant proéminer la paroi antérieure

tonéal compris entre l'utérus et le rectum. du vagin à travers la vulve. Cette tumeur avait

D'après ce qui avait lieu dans le cas précé- deux pouces de largeur et un pouce et demi

dent, aussi bien que dans ceux qui m'ont été de hauteur. J'exerçai sur elle une compres-

communiqués par mon ami le docteur Sims, sion, et l'urine s'écoula immédiatement; j'en-

et que je vais rapporter, il est évident que ces gageai la malade à uriner, et la tumeur devint

hernies renferment l'intestin et qu'elles sont complètement flasque, tandis que le jour sui-

formées d'une manière exclusive parce der- vaut, lorsque l'urine se fut accumulée de nou-

nier ; car bien que l'épiploon ait assez de Ion- veau, la tumeur avait repris son volume ordi-

gueui' pour atteindre dans cette partie du bas- nairc. sin, il est cependant habituellement situé en-

(i) L'attitude verticale et les efforts des muscles abdominaux ainsi que du diaphragme, en pressant les viscères contre les issues du bassin, semble très-propre à produire fre'quemment des hernies pelviennes. Mais un fascia d'une grande résistance protège ces ouvertures contre la formation des hernies. C'est cette circonstance qui rend l'espèce des hernies dont il s'agit ici, rares même chez la femme.

Ce fasci.i pelvia paraît se continuer avec le fascia iliaca , et particulièrement avec la partie de ce fascia <iui reçoit i'insertion du petit psoas. M. Cloquet en a donne' dans ses recherches une description prise sur la nature, et qui paraît très-exacte j passant dans le bassin à la partie supe'rieure duquel il est attache', ce lascia l'orme un large cul-de-sac qui soutient le péritoine de tous les côtés , ne laissant d'ouvertures que Jiour les divers organes.

FJn arrière, vers la ba#e du sacrum se trouve une ou deux ouvertures pour les vaisseaux ilio-lombaires ; et souvent on voit une arcade tendineuse très-prononcée, s' étendant de la base du sacrum jusqu'au corps de la dernière vertèbre lombaire et au dernier disque inter-vertébral ; au-dessous de cette arcade passe le cordon lombo-sacré.

Dans la même région, au niveau de l'échancrure sciatique, le fascia pelvia présente une ouverture pour le passage des vaisseaux fessiers ; il descend ensuite au-devant du muscle pyramidal et du sacrum. 11 est difficile de le suivre en cet endroit, parce que , à raison des nombreuses ouvertures qu'il présente, il prend un aspect aréolaire. Il forme une espèce de réseau fibro-celluleux , entrelacé avec les vaisseaux et les nerfs hj'pogastriques.

Au-dessus des os pubis, il se continue avec la partie fibreuse du canal crural et il est perforé par les vaîsseaux circonflexes iliaques.

Au-dessous des os pubis, il couvre le muscle releveur de l'anus et forme une arcade fibreuse, qui est distincte de l'ouverture que présente à la partie supérieure le ligament sous-pubien , pour le passage des vaisseaux obturateurs. Atteignant ensuite le fond de la cavité du bassin , il tapisse le releveur de l'anus auquel il est étroitement uni , pour se fixer sur les côtés du rectum, ainsi que de la vessie chez l'homme et du vagin chez la femme.

De cette manière , ce fascia supporte le péritoine, et fortifie la paroi inférieure de l'abdomen. Quant aux ouvertures qu'il présente pour le rectum , la vessie et le vagin , ces ouvertures se conçoivent mais n'existent l>as réellement. Du moins en ce sens, que les adhérnuces que ce fascia contracte avec ces viscères sont telles, qu'elles rendent difficile une dissection complète de ces ouvertures,

lin suivant l'union de ce fascia avec ceux qui tapissent les autres parois de l'abdomen , on verra que cette i-.nilée.st eiucloppée dans tout son pourtour, par un large sac aponévrotique , dont la force, l'épaisseur et les connexions varient dans les divers<!.s réaions. On verraque ce sac fibreux fournit un soutien plus ou moins solide au péritoine, el qu'il est percé de nombreuses ouvertures pour le passage des nerfs, das vaisseaux, etc. C'est i travers ces ouvertures que le péritoine s'échappe dans les diverses espèces de hernies que nous étudions maintenant. A. K.

HERNIE VAGINALE

Le docteur Haighton, qui examina ce cas, constata les mômes résultais.

La malade resta quelques semaines à l'hôpital, mais je ne pus trouver aucun moyen de la guérir de cette infirmité.

Observation 326', communiquée par le docteur John Sims.— Une dame avait une hernie de la même espèce que la précédente. Cette hernie faisait proéminer la paroi antérieure du vagin, et était située au-dessous du méat urinaire.

Les pressions exercées sur la tumeur déterminaient l'écoulement de l'urine, et la tumeur devenait flasque. Celte maladie est due probablement au relâchement de la portion de péritoine qui se réfléchit de la vessie sur l'utérus, relâchement qui permet à la vessie de fléchir sons le poids des circonvolutions intestinales.

Observation 327', communiquée par M. John Sims. — Madame P***, âgée de 30 ans, portait une tumeur à la partie postérieure du vagin. Celte tumeur descendait entre le vagin et le rectum , et repoussait en avant le premier de ces conduits ; la nature de la maladie était restée douteuse pour les médecins qui avaientété consultés, mais le docteur Sims reconnut ses véritables caractères à la présence de matières fécales solides, qu'il parvint à distinguer dans l'intérieur de la tumeur. Il fit administrer un lavement, à la suite duquel la tumeur devint

molle, et céda à une pression qu'il exerça sur elle.

Quoique la tumeur fût très-volumineuse, elle ne mit point obstacle à ce que cette dame eût des enfans, mais elle éprouvait une sensation de descente {bearing clown) très-pénible , toutes les fois qu'elle prenait do l'exercice, en sorte que l'exercice lui est maintenant devenu tout-à-fait impossible.

Le symptôme qui vient d'être mentionné , s'est retrouvé chez toutes les malades que le docteur Sims a vues atleintes de la môme affection.

Quand cette hernie est réduclible, on doit prescrire aux malades de porter un pessaire , pour en prévenir le retour.

Observation 328'. communiquée par M. Sims. — Une dame , âgée d'environ 25 ans , consulta le docteur Sims , pour une hernie située h la partie postérieure du vagin. Cette hernie rendait tous les mouvemens très difficiles, et s'opposait à tout exercice , lorsque la malade ne portait pas un pessaire.

On employa d'abord des morceaux d'épongé pour pi"évenir la descente de la hernie , mais ce moyen étant insuffisant , la malade fut obligée de porter un pessaire en forme de globe, et réussit parfaitement à faire cesser le malaiseetla sensation de pesanteur, dont elle se plaignait auparavant.

HEilNÏE PERINEALE.

Chez l'homme,- celte hernie descend entre le rectum et la vessie. Chez la femme, elle est place'e entre le rectum et le vagin.

Elle descend jusqu'à la peau du périnée , mais elle ne fait pas saillie, de manière à former une tumeur à l'extérieur.

Son existence , chez l'homme , ne peut-être reconnue d'une manière certaine pendant la vie, que par l'exploration à travers le rectum.

Chez la femme, elle peut être sentie à la fois, et par le rectum et par le vagin.

Dans un casque j'ai examiné, le péritoine qui, dans l'état naturel, se réfléchit de la partie postérieure de la vessie sur la partie antérieure du rectum, était refoulé en bas par les organes qui s'étaient déplacés. Mais la peau ne paraissait pas avoir cédé, de manière à faire tumeur à l'extéiùeur.

L'extrémité inférieure du sac herniaire, était placée au-devant de l'anus.

La proslate était située immédiatement audevant du sac.

Le fond de la vésicule séminale, était placé sur la parlie latérale du sac , son sommet était situé au-devant.

La vessie recouvrait environ un pouce trois quarts de hi partie extérieuie de la hernie.

L'orifice du sac était à deux pouces et demi au-dessus du niveau de l'anus.

Cet examen a été fait sur un sujet qu'on avait apporté pour les dissections.

L'existence de cette tumeur , aurait pu sans doute être reconnue pendant la vie, par l'introduction du doigt dans le rectum; mais dans l'état de réductibilité, ou d'irréductibilité, tout ce qu'on aurait pu faire, c'eut été d'apporter un soulagement temporaire, en vidant la tumeur, quand elle exerçait sur le rectum une pression trop forte.

Si cette hernie venait à s'étrangler , on pourrait exercer sur elle une compression à travers le rectum , et peut-être parviendrait-on à réduire l'intestin ; je ne sache pas que cela ait jamais été pratiqué.

Observation 329', extraite des Chirurgical obscrvalions de M. Brumfield, p. 26/!|. — Un enfant, figé de 6 à 7 ans, me fut confié pour que je liW fisse l'opcrali^u Uu la taille.

Dans les tentatives pour introduire le cathéter dans la vessie , j'éprouvai une résistance produite par la pierre qui semblait être logée dans la partie .membraneuse de l'urètre, ou un peu plus bas dans le col de la vessie.

Je fis l'incision ordinaire aux tégumens et aux muscles , pour arriver à la cannelure du cathéter; je poussai alors la lame du bistouri dans la cannelure vers l'extrémité du cathéter, dans l'intention de diviser seulement la partie membraneuse de l'urètre et une petite portion de la prostate , si toutefois je venais à entamer cette glande.

En explorant les parties avec les doigts, je sentis que le corps dur logé dans la portion membraneuse de l'urètre était un prolongement du calcul qui, depuis le corps de la pierre renfermée dans la vessie, s'étendait jusque dans le point indiqué.

Je pris donc un double gorgeret dépourvu de lame tranchante, me proposant seulement ponr but de repousser en arrière le calcul et de dilater le col de la vessie , ce que je fis en portant le bec du gorgeret dans la cannelure du cathéter, et en pressant contre la pointeau calcul de manière à suivre avec l'instrument le même trajet que la pierre à mesure qu'elle reculait dans la vessie.

Mais je fus alaimé de la direction que prit le gorgeret , car il remontait sous les os pubis avec une grande obliquité , ce qui me porta à conclure que l'instrument avait fait fausse route, attendu que dans cette circonstance je n'avais plus pour guide la cannelure du cathéter au-delà de la portion membraneuse de l'urètre, mais en retirant en partie le gorgeret, j'introduisis l'indicateur de ma main droite dans la vessie, en suivant la face inférieure de l'instrument qui restait dans la vessie.

Cette exploration me convainquit bientôt que j'étais bien dans la vessie, dont la situation était beaucoup plus élevée dans le bassin que d'habitude.

J'introduisis alors les tenettes ; mais pendant que je cherchais le calcul il se présenta, un peu au-dessous de mes tenettes , une vésicule mince, diaphane, ressemblant à une hydatide , et qui , dans les efforts qui accompagnaient les cris de l'enfant , creva tout-à-coup

HEHNIR PÉRINÉALE.

el laissa «couler une sérosild claire comme de l'eau qui serait projetée par une seringue. Les cris s' étant renouvelés, il s'échappa une quantité considérable des intestins grêles.

Maigri cet embarras imprévu, je conlinuai l'opération avec une grande tranquillité , ayant la conscience que cet événement extraordinaire n'était dû à aucune faute dans l'opération; mais il se présentait une grande difficulté , c'était de tenir les intestins hors des mords de la tcnelte quand je ferais de nouvelles tentatives pour saisir le calcul. Ajoutez à cela que l'extraction de ce dei'nier devait présenter les plus grands obstacles à cause de la situation non ordinaire de la vessie chez ce sujet.

La partie inférieure du gorgeret étant maintenue dans la vessie , les tcneltcs y furent introduites de nouveau sans difficulté. Une fois ce temps de l'opéraliou terminé, je refoulai

l'intestin grêle ne descende trop bas dans le bassin. Aussi, dans le cas qui vient d'être rapporté, celle expansion du péritoine, supportant de jour en jour une extension plus considérable , devait avoir été repoussée hors de sa situation naturelle au point de permettre aux intestins de retomber jusque dans le fond du bassin , entre la vessie et le rectum.

C'est pour cela que lorsque le soutien offert par la peau et les muscles eut été enlevé parle fait de l'opération, le péritoine fut refoulé avec force, et se remplit d'abord seulement de sérosité, ce qui lui donna l'apparence d'une hy datide; mais n'étant pas capable, à cause de sa minceur, de résister plus long-temps à la force des muscles qui poussaient les viscères en bas, il creva, et les intestins firent hernie à travers la déchirure.

Ceci étant une fois admis , nous pouvons fa-

avec les doigts de la main droite les intestins cilcment expliquer le trajet oblique que prit

le gorgeret lorsqu'il fut introduit la preujiôre fois, parce que l'intestin avait soulevé le fond de la vessie contre la partie postérieure des os pubis, de telle sorte que la tenelle ne pouvait pénétrer dans la vessie qu'en suivant une direction presque veiticale; aussi fus-je obligé d'exercer avec la main sur la partie inférieure de l'abdomen , immédial émeut au-desious du pubis , une pression capable déporter la vessie assez bas pour me permettre rte charger le dernier calcul.

Cliez la femme, l'existence de cette maladie

en arrière, tandis qu'avec la main gauche je soutenais la tenctte. J'engageai alors un aide à repousser en haut les intestins pendant que j'attirais le calcul.

Maispendant que cette laborieuse extraction s'effectuait, les intestins fui'ent de nouveau repoussés en dehors au moment des cris de l'enfant. Néanmoins, comme j'étais sûr d'avoir la pierre dans les tenettes, je conlinuai l'extraction, qui s'acheva facilement.

Avant d'introduire une seconde fois le gorgeret ordinaire pour faire pénétrer de nouveau

les tenettes dans la vessie, je fus obligé de re- peut être reconnue à l'aide d'une exploration

fouler encore les intestins, et je priai l'aide ée faite , soit par le vagin , soit par le rectum. La

les retenir jusqu'à ce que j'eusse saisi une se- tumeur se trouvant en effet placée entre ces

coude pierre, dont je fis également l'extrac- deux conduits, est accessible également par

tion. l'un et par l'autre.

Je répétai les mêmes manœuvres pour un Le docteur Marcet , médecin de l'hôpital ds

autre calcul qui , d'après sa forme, me parut Guy , a lu en 1803 à la société médicale et chi-

être celui qui se trouvait dans le col de la ves- rurgicale de Londres , un mémoire contenant

sie. la description analomique des lésions trouvées

Lorsque je me fus assuré , au moyen des chez une malade qui avait passé six semaines à

doigts, que la vessie ne contenait plus aucun l'hôpilal et qui, pendant la plus grande partie

calcul, je réduisis de nouveau les intestins de ce laps de temps , avait été tourmentée par

dans le bassin , et je rapprochai étroitement l'une de l'autre les cuisses de l'enfant, j'appliquai sur la plaie de la charpie sèche, que je recouvris avec une compresse enduite de digestif.

Le malade fut ensuite replacé dans son lit; contre notre attente la nui l lut bonne, et il était parfaitement bien au bout d'une quinzaine de jours , sans que la marche de la guérison eût été entravée par aucun accident grave et sans que les intestins, une fois réduits, eussent descendu de nouveau à travers la déchirure du péritoine.

Après que l'incision aux tégumens et aux muscles eut été faite comme à l'ordinaire, il parut dans la plaie une tumeur formée par la portion du péritoine qui s'étend de la région latérale gauche de la vessie et du rectum jusqu'au point où le péritoine s'attache au côté interne de l'os innominé gauche. C'est au moyen de cette attache que la portion de péritoine dont il s'agit, fait, dans l'état naturel, l'office d'un ligament qui s'oppose à ce que

des vomissemens et de la constipation.

A l'autopsie, on trouva que l'utéius présentait un état de rétroversion, sans qu'il y <'ût grossesse ; le fond de l'organe étant renversé dans l'espace situé entre le vagin et le rectum, avait comprimé ce dernier aupoint d'empêcher le passage des matières.

La préparation anatomique faite sur le cadavre de cette femme est conservée dans la collection de l'hôpital de Guy.

Observation 330% — Le docteur John Sjms m'a raconté qu'il avait été consulté par une dame mariée depuis plusieurs années , et qui n'avait jamais eu d'enfans Sur la demande que lui en avait fal'.e celte dame, M. Sims l'ayant examinée , trouva à la partie postérieure du vagin une tumeur qui repoussait le museau de tanche en avant. Après une pression douce , mais long-temps continuée , il parvint à faire rentrer la tumeur dans la cavité pelvienne ; et le col de l'utérus reprit sa position naturelle.

368 HERISJK PÉRiNÉALE.

Peu de temps après , cette dame devint en - Smellie trouva la malade dans un état de ceinte, et, depuis cette époque, elle n'a jamais profonde anxiété; la tumeur était livide, sa éprouvé les coliques qui la faisaient souffrir circonférence offrait une teinte d'un rouge vif. avant la réduction de la tumeur. Au reste, bien La malade était couchée sur le côté, et lorsque celte réduction date déjà de quatre années, qu'on la plaça sur le dos, pour examiner la tuelle n'a eu qu'un enfant, meur, celle-ci se rompit à sa partie moyenne , Le docteur Haigiiton, professeur d'accouché- lieu dans lequel la peau était très-araincie. meut à l'hôpital de Guy , m'a donné communi- Cette ouverture donna issue à environ une cation d'un cas de tumeur de cette espèce, des- cuillerée de pus, mêlé avec du sang, et ensuite cendant entre le vagin et le rectum. Quand on à un liquide clair, de couleur grisâtre, qui sorexerçait sur elle une pression par l'intérieur tit en quantité d'une demi-pinte. La malade du vagin, elle faisait saillie du côté du rectum, s'écria que l'intestin était remonté et qu'elle Il y avait en même temps protrusion du vagin n'éprouvait plus aucune douleur, hors de la vulve. Ellese rétablit, atteignit le terme de sa gros- Tant que la hernie périnéale est susceptible ggsse , et fut accouchée par M. Tomkins. de réduction , on peut en prévenir le retour à q^^^^^^^^ ^^-^^ après sa délivrance, elle vit le l'aide de la compression exercée par un pes- docteur Sims qui reconnut que la hernie s'était saire qui doit avoir des dimensions un peu déduite . et que la plaie paraissait solidement

cicatrisée, bien qu'un léger ichor continuât à

fortes,

Cette hernie, ainsi que la hernie vaginale , peut donner lieu à des dangers, pendant la gestation.

Observation 331\ (extraite de l'ouvrage de Smellie , intitulé Cases ofmidvifery , 8° p. 132 , observ. 5°.) — Smellie fut appelé auprès d'une femme qui, cinq semaines environ avant le travail, avait vu qu'une tumeur de cette espèce.

suinter par une petite fistule.

Cinq mois après cette époque , la hernie se reproduisit, et comme la malade était de nouveau enceinte, la hernie , pendant la durée de la grossesse, fut réduite à plusieurs reprises par un élèvede Smellie qui lui-même accoucha cette femme avec succès.

Les observations 4 et 5 de l'ouvrage déjà cité

jusque là réductible, augmentait à un point de Smellie offrent un cas à peu près sembla-

tel, qu'elle était devenue en ce moment tout à ble.

fait irréductible.

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