‹ Œuvres chirurgicales complètesChapitre 140 sur 214 · CONCOMITANTE · texte numérisé non relu

CONCOMITANTE

DE L'ANGINE PAROTIDIENNE,

L'inflamruation de la pai'otide, nommée aussi angine parotidienne , est produite et accompagnée par une espèce de fièvre qui a pour effet la tuméfaction de la glande parotide et quelquefois de la^ous-maxillaire et de la souslinguale : cette inilammation détermine parfois le gonflement de la mamelle chez la femme et celui du testicule chez l'homme.

Cette maladie affecte principalement les jeunes sujets , et les engorgemens glanduleux qui en dépendent, sont situés tantôt d'un côté, tantôt d'un autre , et de temps en temps des deux côtés à la fois.

Les glandes engorgées sont dures et douloureuses ; elles gênent Ja déglutition par la compression qu'elles exercent , et si elles sont trèsvolumineuses , elles font obstacle à la respiration.

La maladie atteint son plus haut degré d'intensité en peu de jours ; alors elle commence à décliner , et ordinairement elle ne tarde pas non plus à disparaître.

Elle se termine rarement par suppuration, soit dans les glandes salivaires , soit dans les mamelles , soit dans les testicules.

Observation 392°. — Le premier sujet sur lequel j'aie eu l'occasion d'observer cette maladie était un homme qui avait depuis quatre ou cinq jours une légère fièvre , accompagnée de la tuméfaction des glandes parotide et sousmaxillaire du côté droit.

Il me dit qu'il ne m'aurait pas dérangé pour ce rhume , si son testicule droit n'eût commencé la nuit précédente à devenir douloureux et gonflé. L'épididyme et le testicule étaient tuméfiés et sensibles ; mais sous l'influence du traitement décrit ci-après, la guérison ne se fit pas attendre.

^ Observation 393'. — Un individu me consulta pour ungonflemen» des deux épididymeset des deux testicules. Ces organes présentaient une forme pyramidale , ce qui provenait de ce que l'épididyme étant plus affecté que le testicule lui-même , la longueur de l'organe entier remportait sur sa largeur.

Le scrotum était rouge, et l'engorgement était plus considérable du côté gauche que du côté droit. Ce testicule avait été autrefois le siège d'un engorgement par une cause locale; mais cette fois l'engorgement du testicule avait été précédé par une fièvre accompagnée d'une tuméfaction considérable au-Uessous el au-

dessus de la mâchoire , et des deux côtés à la fois. La tuméfaction des testicules continuait à s'accrîotre, bien qu'un mois se fût déjà écoulé depuis le moment où s'était manifestée la fièvre qui avait précédé et déterminé cet engorgement.

La fièvre qui accompagne ces engorgemens parotidiens chez les enfans est extrêmement contagieuse. Je me rappelle avoir donné des soins à une demoiselle F..., maîtresse de pension à Glapton, qui m'apprit que , sur près de ÛO enfans faisant partie de son établissement, plus de trente avaient été atteints de cette maladie. Mais comme cel a était arrivé quelques an nées auparavant, afin de m'assurer du fait avant de le livrer à la publicité, j'ai écrit à mon savant amiM. Toulman de Hackney pour m'in former des circonstances, et voici sa réponse ; « Mon cher monsieur , je me rappelle parfaitement vos soins à l'école de miss F... à l'époque que vous mentionnez. Il y eut dans ce temps , mais pas exactement dans le même moment, trente ou quarante enfans affectés d'angine parotidienne, et tous dans l'espace de trois semaines. Dans aucun de ces cas, il n'y eut métastase de la maladie des glandes de la mâchoire sur le testicule. Mais j'ai eu plusieurs occasions d'observer ce phénomène chez l'adulte , de même que l'engorgement des glandes parotidiennes et des glandes mammaires chez les femmes. »

C'est ordinairement à l'âge de la puberté qu'on voit l'engorgement du testicule survenir coïncidemment à l'engorgement parotidien, et raiement cela s'observe avant cet âge ; mais on rencontre cette maladie très-rarement , il est vrai, à un âge plus avancé, et même entre quarante et cinquante ans. Je désire toutefois que l'on ne croie point que je limite d'une manière positive à une période quelconque de la vie le gonflement des glandes salivaires et le gonflement concomitant du testicule.

L'angine parotidienne se déclare très-fréquemment au-dessous de l'âge de la puberté dans les écoles nombreuses , et c'est là qu'on peut le mieux observer cette maladie : les enfans des deux sexes en sont également atteints.

L'inflammation du testicule par suite d'angine parotidienne est plus fréquente que l'inflammation des mamelles chez les femmes , et , comme je l'ai dé)â dit , a lieu le plus ordinairement vers l'âge de la pubeité.

La maladie locale parait être une intlamina<'

INFLAMMATION Ï)U TESTICULR.

tion de nature spécifique peu disposée à un travail de suppuration. Mais ce qu'il y a de curieux, c'est que les testicules soient affectds coïnci demmeni.

Les mamelles, comme les glandes sallvaires , sont des glandes conglomérées ; mais le testicule est d'une sti'ucture tout à fait différente. On perdrait son temps en conjectures sur la cause de cette coïncidence.

On a prétendu que le testicule s'atrophiait fréquemment après cette maladie ; mais je n'ai jamais observé cette atrophie dans ma pratique. L'atrophie du teslioule est quelquefois le rc^pltat de son inflammation vei's l'âge de 1 a puberté , quelle que soit la cause qui la détermine alors.

Le traitement de cette maladie est très-simple. Il consiste dans l'emploi de la liqueur d'a-

cétate d'ammoniaque avec le sulfate de magnésie , ou d'une mixture solide dans laquelle entre le tartre stibié , et de pilules de protochlorure de mercure avec la poudre antimoniale. L'application des sangsues est utile, et l'on doit onlour(3r le cou d'un simple cataplasme. La meilleure lotion pour le testicule est la liqueur d'acétate d'ammoniaque unie à l'alcool. Maisjeredoutel'applica tion deslotions évaporantes à la région du cou. J'ai vu, en effet, chezun enfant d'environ 11 ans, la disparition soudaine de l'engorgement des glandes sallvaires à la suite des lotions faites avec la solution de sous-acétate de plomb et d'alcool, suivie de symptômes de compression du cerveau , auxquels succéda le délire ; l'enfant mourut en moins de huit jours.

HYDATIDES

ou

(kystes du testicule.)

Cette maladie est rare : c'est une affection de nature spéciale. Elle me paraît être entièrement locale ; car je l'ai vae chez des personnes qui jouissaient d'une santé excellente, qui ont conservé celte santé après l'amputation du testicule, et chez qui la maladie ne s'est jamais reproduite.

Oflle altération dans la structure du testicule se remarqne particulièrement dans l'âge adulte, ou de 18 à 36 ans. Je l'ai cependant observée chez un sujet âgé de 90 ans.

On a dit que cette maladie commence par un engorgement de l'extrémité de l'épididyme. Cela peut être ; mais romme ordinairement on nes'.iperçoit de son existence que par hasard et après qu'elle a déjà acquis un volume considérable , il est rare qu'on puisse obtenir des renseigaemeus sur son début. Ce qui est certain , c'est que j'ai vu plusieurs fois l'extrémité de Tépidiclyme contenir des kystes qui étaient remplis d'un liquide séreux.

Cette maladie ne cause de douleur ni à son début ni même pendant la plus grande paitie de son accroisseuient. Elle ne devient douloureuse que lorsqu'elle a acquis un volume considérable et qu'elle a distendu la tunique albuginée,dont îe tissu inextensible exerce une forte compression sur l'organe qu'elle renferme.

Lorsqu'on palpe la tumeur avec beaucoup d'attention, on trouve qu'elle est indolente à la pression, excepté dans le cas où elle est trèsconsidérable.

L'aspect du malade annonce souvent une santé robu.ste. Aussi , la première impressioji produite sur l'esprit Ju chirurgien est-elle que cette maladie doit être une hydrocèle, puisqu'elle n'est accompagnée d'aucun dérangement constitutionnel.

Les veines du cordon spermalicjue sont plus volumlueuscs qu'à l'ordinaire, et celles du scrotum plus distinctes et plus distendues, parce qu'il se lait vers le testicule un afiluxplus considérable de sang.

Le testicule conserve son volume naturel ; il est arrondi en avant, un peu aplati sur les côtés, et moins pyriforme que dans l'hydrocèle.

On peut ordinairement distinguer l'épididyme du testicule; car leur ligne naturelle de séparation est conservée. Cependant cette circonstance n'existe pas toujours.

Quand on palpe la tumeur, elle donne la sensation d'un fluide contenu dans son intérieur. Elle cède facilement sous la pression. Cependant ce n'est pas une fluctuation franche , car la surface de l'organe ne s'élève pas à une cei'taine distance lorsqu'on la déprime dans un autre point avec le doigt. Si l'on exerce une très-forte compression , on produit la sensation qui résulte de la constriciion du testicule, c'est-à-dire , une douleur lipothymiqne dans l'aine et dans les reins. Le poids du testicule paraît augmenté, aussi bien pour le malade que pour le chirurgien. Dans les cas oi^i le testicule devient très-volumineux, 'il détermine de la douleur dans les reins et gêne le malade par son volume , au point de lui faire désirer d'en être débarrassé. Ce volume peut même devenir assez considérable pour qu'il ne puisse plus être caché par les vètemens , ce qui est une nouvelle raison pour l'extirpation.

La maladie est tellement locale que sans la considération de son poids qui est une cause de fatigue , et de sou volume qui est indécent et incommode pour le malade , l'opération ne serait pas moins nécessaire. Elle n'envahit ni le cordon, ni les ganglions absorbans des régions rénale et inguinale. En un mot, c est une maladie du testicule et de l'épididyme seuls.

J'ai vu i il est vrai , des kystes coïncider avec la maladie fongoïde du testicule ; mais ils sont bien différens de la maladie hydatique. En effet, dans ces cas , ces kystes renferment une matière fongueuse, semblable à celle qui constitue la maladie fongoïde du testicule.

Page 1