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LUXATION SIMPLE DU PIED EN-DEDANS

C'est l'espèce la plus fre"quente. Dans celte avant la luxation. Le ligament capsulaire luxation, la malléole interne est portée en de- fixé à la malléole externe , et les Irois forts dans, et menace de percer les tégumens. Le ligamens tarsiens, restent intacts (1). pied est déjeté en dehors, et son bord interne La luxation du pied en-dedans arrive ordiappuie sur le sol ; il tourne facilement sur son nairemeut lorsqu'on saute d'une hauteur conaxe. Il y a une dépression considérable au des- sidérable, ou lorsque, courant avec vitesse, sus de l'a malléole externe , beaucoup de dou- le gros orteil tourné en dehors, le pied est suleur, souvent un peu de crépitation à trois bitemeut arrêté dans son mouvement, tandis pouces au-dessus de l'exlrémité inférieure du que le corps est porté en avant sur lui : alors péroné, une mobilité latérale du pied très-re- les ligamens situés au côté interne du coudemarquable, et une tuméfaction très-consldé- pied se rompent. Elle peut être également rable. ' causée par une chute sur le côté , le pied étant

On trouve à la dissection les altérations retenu, suivantes : l'extrémité du tibia est située en- Pour reconnaître la fracture du péroné, il dedans de l'astragale, au lieu de reposer sur faut saisir la jambe immédiatement au-dessus sa surface articulaire supérieure, du coude-pied et imprimer au pied des mou- Dans certains cas où l'accident a eu lieu en vemcns étendus de rotation. Les mouvemens sautant d'une hauteur considérable , l'extré- du pied en se communiquant au péroné, démité inférieure du tibia est fracturée longitu- terminent de la douleur et de la crépitation, dinalement de manière à ce qu'un fragment Pour la réduction, à laquelle on ne saurait d'unpouceetdemi de hauteur, d'un quart de trop tôt recourir , le malade doit ôtre placé pouce d'épaisseur, se détache de l'extrémité in- sur xm matelas , et reposer sur le côté de la férieure de l'os, et reste maintenu contre le luxation. Le chirurgien fléchit alors la jambe à péroné par les ligamens qui unissent les deux angle droit sur la cuisse, de manière à mettre os inférieuremcnt. Le péroné lui-même est les muscles gastrocnémiens dans le plus grand fracturé à deux pouces au-dessus de l'articula- relâchement possible; tandis qu'un aide saition, le fragment inférieur qui constitue la sissant le pied et exerçant sur lui une extenmalléole externe et auquel le fragment du tibia tion graduelle, doitle ramener dans la direction reste accolé conserve ses rapports avec l'atra- de la jambe. Alors le chirurgien , fixant le fégale. Le péroné privé de son extrémité infé- mur , presse sur l'extrémité inféi-ieure du rieure vient reposer sur la face supérieure de tibia, de manière à reporter celui-ci sur la l'asti-agale dans le point qu'occupait le tibia surface articulaire de l'astragale (2). Si la

(1) Cette variété tiès-curieuse des luxations du pied a été rattachée par sir A. Cooper, à la luxation du tibia en. dedans (luxation du pied en-dedans), parce qu'en efFet cet os vient porter contre la face interne de l'astragaie , non pas par sa surface articulaire inférieure, mais Lien par la partie latérale de son extrémité, Toutelois, nous devons faire remarcjuer que cette luxation dans laquelle le pied s'onfouce en quelque sorte dans l'épaisseur de la jambe, et qui donne lieu à un raccourcissement du membre, mériterait plutôt le nom de luxation du pied en haut ou bien en-dehors : de luxation en haut , parce que l'astragale refoule au-dessus du niveau de l'extrémilé inférieure du tibia , remonte dans l'épaisseur de la jambe sans éprouver de déviation latérale très-marquée ; de luxation en dehors, parce que l'ensemble du pied est en dehors de l'extrémité inférieure du tibia.

Mais nous le répétons, d'après le sens habituel des dénominationsappliquées aux luxations latérales du pied, lesquelles supposent une rotation, une torsion du pied sur son axe, cette luxation ne se rattache a aucune des luxations du pied, et constitue une espèce particulière qui est caractérisée, qu'on nous passe cette expression, par le refoulement du pied dans la jambe, Voici le rapport exact de ce pied ainsi refoulé avec l'extrémité intérieure des os de la janibe.- I° A la partie interne du pied qui n'est pas tordu, mais seulement remonte ea masse, se trouve le tibia échancré par l'absence d'un fragment très-mince , et débordant l'astragale en has et en dedans; 2' en dehors, uu fragment osseux double, composé de la malléole externe avec deux pouces de péroné, et du fragment lamellaire qui compléterait le tibia j 3° en haut, l'extrémité brisée du péroné qui lepose sur la face supérieure del'astragale.

(2) D'après les principes le plus généralement admis pour la réduction des luxations , on trouvera que c'est une tentative peu rationnelle de la part du chirurgien , que de chercher à ramener le tibia sur l'astragale, c'est-à-oire la partie qui doit rester immobile sur celle qui est déplacée. Il y a beaucoup plus d'avantages h tenir complètement fixe la brisure supérieure dans un membre iuxé, et à n'agir que sur la partie inférieure; les manœuvres de réduction eu retirent beaucoup plus de précision et d'ensemble. L'habitude de dénommer les luxations du piod dcplacemens ou luxations du tibia, n'aurait-elle pas exercé quelqu'influence sur la manière dont se comportent ceux qui raisiènent ainsi le tibia dans ses rapports avec le pied. Ce ne serait pis la première fois que les halnludes du langage su trouveraient traduites en faits pratiques. On voit que même sous ce rapport , les principes des chirurgiens françjis sur la manière d(j dénommer les luxations, auraient ici tout l'avantage. [Note des trad.)

jambe était clans l'extension , une grande force deviendrait nécessaire pour lutter contre la résistance des muscles jumeaux; mais lorsque la jambe a été préalablement fléchie, l'on voit les parties reprendre leur situation naturelle par une extension comparativement légère , dans des cas où des tentatives de réduclion avaient été faites en vain auparavant. Après la réduction, la jambe doit reposer sur le côté externe , dans la position fléchie , le pied convenablement soutenu. Un bandage h plusieurs chefs doit être placé sur la partie pour prévenir le glissement, et arrosé constamment de lotions évaporantes.

On place ensuite deux attelles, dont chacune est coudée suivant ses bords , pour supporter le pied, prévenir son renversement eu dehors et

le tenir à angle droit avec la jambe. S'il survient une forte inflammation, on doit recourir à des applications de sangsues, et on combattra avec avantage les accidens généraux par la saignée du bras et l'administration des purgatifs.

Au bout de cinq ou six semaines, le malade peut sortir de son lit, et marcher avec des béquilles, pourvu qu'on aitsoiu d'entourer l'articulation de longues bandes de sparadrap pour maintenir les parties en rapport; mais il s'écoule dix à douze semaines avant que le pied ait recouvré tous ses mouvemens. Après la huitième semaine, il faut faire des frictions et imprimer au pied des mouvemens, afin de lui rendre ta mobilité naturelle.

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