LUXATION SIMPLE DU PIED EN-DEHORS
Cette espèce de luxation est la plus dangereuse des trois, car elle est produite par une violence plus considérable, et s'accompagne d'une plus forte contusion des tégumens, d'une dilacération plus étendue desligamens, et de lésions plus graves des os. La face plantaire du pied regarde en dedans, son bord externe appuie sur le sol. La malléole externe repousse fortement la peau en dehors, et forme une tumeur si remarquable qu'on ne peut se méprendre sur la nature delà maladie. Le pied et les orteils sont dirigés en bas.
A la dissection , on trouve la malléole interne fracturée obliquement et séparée du corps du tibia. Quelquefois la fracture n'intéresse que la malléole: d'autres fois elle traverse obliquement la surface articulaire du tibia, qui est porté en avant et en dehors sur l'astragale , au devant de la malléole externe. Quelquefois l'astragale est fracturé , et l'extrémité inféricuie du péroné est brisée en plusieurs éclats. Le ligament latéral interne reste intact, mais le ligament capsulaire est déchiré à sa partie externe. Dans la plupart des cas , les trois ligamens péronéo-tarsiens sont conservés, mais quand le péioné n'est pas fracturé ils sont rompus. Aucun des tendons n'est déchiré, et il ne se fait presque jamais d'épanchement de sang, parce que ks grosses artères échappent alors ordinairement à toute déchirure.
Cet accident est déterminé soit par une roue de voiture qui passe sur la jambe, soit par la distorsion du pied dans un saut, ou dans une chute.
Le mode de réduction est le suivant : on doit placer le malade sur le dos, fléchir la cuisse à angle droit sur le tronc , et la jambe
sur la cuisse; un aide saisit la cuisse en plaçant les mains dans la région poplitée, tandis qu'un autre saisit le pied; l'extension est ainsi faite dans le sens de l'axe de la jambe, tandis que le chirurgien pousse le tibia en dedans vers l'astragale.
Dans la luxation simple, le membre doit être placé sur le côté externe , maintenu par deux attelles coudées ; un coussin doit être placé sur le péroné immédiatement an-dessus de la partie externe de l'articulation , et se prolonger en haut de quelques pouces, dans une étendue suffisante pour soulever cette portion de la jambe et la soutenir, ainsi que pour prévenir le glissement du tibia et du péroné sur l'astragale, aussi bien que pour modérer la pression de la malléole externe sur les tégumens, dans le lieii où ils sont contus.
On doit recourir au même traitement général et local, que dans le cas précédent, en insistant toutefois davantage sur les évacuations sanguines, l'inflamniatiou étant plus intense. On doit apporter les plus grands soins à prévenir la déviation de la plante du pied en dediins, ou la tendance de sa pointe en bas, double circonstance qui amène pour la suite l'inutilité du membre. Le moyen le plus convenable consiste à appliquer de chaque côté de l'articulation une attelle coudée suivant ses bords et bien matelassée.
Six semaines après l'accident on doit recourir aux mouvemens passifs; c'est l'époque à laquelle le malade peut se lever et marcher avec le secours des béquilles, à moins qu'un gonflement considérable de l'articulation ne s'y oppose. Dans la majorité des cas, la guérison est complète au bout de dix ou douze semaines.
LUXA.TIONS.