‹ Œuvres chirurgicales complètesChapitre 17 sur 214 · LUXATION SIMPLE DU PIED EN ARRIÈRE · texte numérisé non relu

LUXATION SIMPLE DU PIED EN ARRIÈRE

I)au8 cette espèce de luxation, le pied paraît très-raccourci et immobile: letalou est alongé dans la même proportion et solidement fixé ; les orteils sont tournés en bas ; l'extrémité inférieure du tibia forme une saillir prononcée sur la partie supérieure et moyenne du tarse , audessous des tendons qui se trouvent repoussés en avant; une dépression existe entre le tendon d'Acliille et les os de la jambe.

A la dissection , on voit que le tibia repose sur la surface supérieure du scaphoïde et du premier cunéiforme ; il a abandonné toute la surface articulaire de l'astragale , excepté une petite portion , contre laquelle il est appuyé ; le péroné est fracturé ; son fragment supérieur s'avance avec le tibia, et se trouve contigu à cet os : la malléole externe reste dans sa position naturelle ; mais le péroné est fracturé à trois pouces environ au-dessus: le ligament capsulaire est déchiré en avant ; le ligament latéral interne n'est déchiré que partiellement, et les trois ligamens du péroné sont intacts.

Cet accident reconnaît pour cause une chute du corps en arrière, tandis que le pied est retenu ; il peut encore avoir lieu quand une personne saute hors d'une voiture qui roule avec rapidité, si elle tombe la pointe du pied dirigée en avant.

Voici en quoi consiste le traitement: on pi ace

le malade dans le décubilus dorsal: un aide saisit la cuisse à sa partie inférieure et la retient en haut ; un autre tire le pied dans le sens d'une ligne située un peu au devant de l'axe de la jambe, et le chirurgien pousse le tibia en arrière pour le ramener dans sa position. On doitdu rcstedansla réduction de cette luxation se guider, pour relâcher les muscles, sur les mêmes principes que dans les luxations précédentes; on doit appliquer ensuite unbandage à plusieurs chefs sur lequel on fait des lotions évaporantes, et recourir au même traitement général et local que précédemment.

Quant à la position, celle qui est la plus convenable consistf; à placer le talon sur un oreiller, à appliquer sur les côtés de la jambe des attelles suffisamment matelassées, et coudées pour maintenir le pied à angle droit avec la jambe, et pour prévenir la tendance des muscles à le déplacer de nouveau. La consolidation du péroné pouvant être effectuée au bout de six semaines, le malade peut à cette époque sortir du lit , et de légers mouvemens passifs doivent être imprimés au pied.

M. Dupuytren a recommandé une seule attelle très-rembourrée le long de la partie externe ou interne de la jambe, suivant le sens de la luxation, et fixée à la jambe et au pied par un bandage.

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