LUXATION INCOMPLÈTE DU PIED EN ARRIÈRE
Quelquefois, dans la luxation du pied en arrière, le tibia i-epo,e à moitié sur l'os naviculaire, et à moitié sur l'astragale. Le péroné est fracturé. Le pied ne paraît que peu raccourci", et le talon est peu proéminent. Le pied regarde en bas; il ne peut être posé à plat sur le sol qu'avec peine ; le talon est tiré en haut, et le pied n'a que très-peu de mobilité.
Observation h9'. — Le premier cas de cette espèce que j'aie vu s'est présenté chez une femme très- robuste, qui, dans une chute, s'était , disait-elle, foulé le pied. Le pied était immobile, dirigé en bas: une vive douleur se faisait sentir au-dessus du coude-pied. Je ne pus ni attirer le pied en avant, ni le fléchir. Quelques années après, je revis cette femme , elle marchait avec des béquilles; le gros orteil était tourne vers le sol , sur lequel elle ne pouvait appuyer aucune autre partie du pied; la déviation était moindre que dans la luxation complète; mais, tout gonflement étant alors dissipé , on reconnaissait plus facilement la luxation, et cependant je ne l'aurais pas reconnue d'une manière positive, si je n'eusse vu le pied d'un sujet disséqué à l'hôpital de Guy, cl qui offrait la même luxation.
Chez ce sujet la surface articulaire inférieure du tibia était divisée en deux facettes :1a partie antérieure répondait an scaphoïde, la postérieure à l'astragale. Le frotlement avait rendu très-lisses les deux surfaces de l'extrémité inférieure du tibia. Ou trouva une fracture du péroné.
Les résultats anatomico - pathologiques de cette luxation démontrent jclairemeut la nécessité où l'on est dans les cas de cette nature , de ne jamais s'en tenir à un premier examen, et de nerenoncer aux manœuvres de réduction que quand le pied a repris sa position naturelle rt recouvré ses mouvemens : car si la maladie est ncg igée à son début, l'inflammation et le gonflement peuvent rendre inutile dans la suite une extension même considérable; et si la maladie est négligée pendant long-temps , les changemens qui s'opèrent dans l'état des muscles et la consolidation de la fracture du péroné, rendent impossible toute réduction. Le mode de réduction et le traitement consécutif ne diffèrent en rien de celui qui est requis dans la même luxation quand elle est complète.