partie inférienre plusieurs hydatidcs ceîlu- qu'à une certaine leuses
Ayant voulu avoir des renseignemens sur les suites de sa maladie, j'écrivis à sa sœur qui me fit la réponse suivante :
a Monsieur, » En réponse à votre lettre que j'ai reçue ce matin, je m'empresse de vous informer que la maladie de ma sœur a récidivé en moins d'un an, ses douleurs ont été très-vives et la maladie a marché d'une manière effrayante. Elle a succombé en août 1826.
)> Je suis, etc.
» M. A. S, » P. S. M. Rowe peut vous donner des détails à ce sujet. »
J'écrivis alors à mon ami M. Piowe, de Burton Crescent, et j'appris de lui que miss S .. avait été confiée à ses soins en 1826 et qu'elle avait succombé à un cancer du sein profondément ulcéré.
La seconde espèce de maladie hydatique de la mamelle est d'une nature extrêmement curieuse. Chez une malade, nommée mistriss King , qui était atteinte de cette affection, la mamelle était gonflée et en grande partie indurée par de la matière fibrineuse (lymphe coagulable) épanchée par masses dans le tissu cellulaire. Dans plusieurs de ses points cette tumeur contenait des sacs remplis de sérosité, et formant des kystes fluctuans de divers volumes.
Dans chacune de ces cellules était suspendue une grappe de tumeurs semblables à des polypes, soutenue par un petit pédicule; les petits appendices flottans paraissaient nager dans le liquide au sein duquel ils étaient plongés dans chaque kyste. On trouva plusieurs h)datides à l'état d'isolement complet, et situées les unes dans le liquide des kystes, les autres dans la matière solide épanchée dans le tissu du sein. Et à prendre la totalité de la tumeur, un nombre considérable de ces hydatides s'était formé dans cette masse solide.
Le volume de ces kystes était variable ; mais Je plus considérable n'excédait pas un grain d'orge dont ils avaient la forme.
En général ils présentaient une forme ovale, oaplutôt ovoïde, et avaient une extrémitéplus renflée que l'autre.
Ces kystes étant ouverts présentèrent un grand nombre de lamelles semblables aux lamelles du cristallin oculaire, ou aux écailles d'un oguon; il était facile de les détacher les unes des autres.
Lorsque ces kystes furent retirés du sein, ils présentèrent l'aspect d'une perle et la structure laminée que présente la perle intérieurement.
Les kystes dans lesquels ils étaient renfermés constituaient un sac complètement tapissé à l'intérieur par une membrane trèsvasculaire , semblable aux autres surfaces sécrtilanles ; et la substance solide qui entourait le kyste présentait un plus grand nombre de vaisseaux au contact du kyste
distance de lui ; mais en somme la ".totalité de la partie malade offrait une grande vascularité.
On peut élever la question de savoir si ces productions ne sont pas de la nature des hydatides globulaires que je vais bientôt décrire et qui auraient péri sous l'influence de la pression produite par la matière solide dont elles étaient entourées, ou bien si elles sont un produit de sécrétion des artères de la partie. Mais il faut laisser à des observations à venir la détermination de ce point de pathologie.
Dans son aspect extérieur cette maladie ressemble à celle que j'ai déjà décrite, et l'absence de sensibilité étant la même dans les deux cas, elle est facile à distinguer par ce caractère|dela simple inflammation chronique du sein. Mais dans l'état actuel de nos connaissances, elle ne saurait être distinguée de la première forme de maladie hydatique que par le secours de la dissection.
Celte maladie se distingue du squirrhe par sa consistance qui n'est pas dure comme celle du squirrhe , par l'absence des douleurs vives que celui-ci détermine ainsi que par l'altération de la santé générale qui survient dans l'affection squirrheuse. Ainsi, bien que dans le cas dont j'ai donné la description la tumeur pesât treize livres lors de son ablation , cependant la santé générale était bonne, les ganglions de l'aisselle étaient intacts , et dans aucune partie du corps il n'existait de traces de la même maladie.
On doit remarquer aussi que la tumeur squirrheuse acquiert rarement un volume aussi considérable que la tumeur hydatique.
Plusieurs années s'écoulent avant que la maladie hydatique n'exige l'ablation qui ne devient nécessaire que par suite de son volume el de la gêne qu'elle produit. Dans le cas de mistriss King, quatorze ans s'étaient écoulés avant l'époque de l'opération.
L'extirpation est le seul mode de traitement de la tumeur hydatique, car il n'a jamais été au pouvoir d'une médication interne d'arrêter les progrès de la maladie; et l'on ne saurait attendre de succès de l'usage des applications locales.
La ponction du kyste peut seule amener un soulagement temporaire, mais l'opération, qui n'est autre que l'ablation de la tumeur, doit être considérée comme exempte de dangers immédiats et comme devant laisser l'esprit de la malade dans une parfaite tranquillité sur l'avenir.
Observation 464". — Mistriss King , âgée de cinquante-huit ans, portait au sein gauche un gonflement énorme dont elle avait aperçu le début il y a quatorze ans et qu'elle avait attribué à un coup. La première fois qu'elle reconnut celle tumeur elle avait le volume d'une bille de maibre: elle était dure et ne causait aucune douleur. Elle semblait comme ensevelie dans la substance du sein, et n'était pas très-mobile dans le tissu de la glande.
Elle n'avait augmente de volume que d'une manière graduelle jusqu'à il y a environ deux ans, époque à laquelle elle avait acquis le volume d'un melon; mais alors elle paruts'accroître brusquement, et continua h se développer avec plus de rapidité qu'auparavant. Du reste elle était toujours sans douleur, et la santé générale ne paraissait éprouver aucune altération.
A la fin de l'année dernière, la tumeur subit un nouvel accroissement brusque. La malade était toujours exempte de douleui', excepté cependant quand elle était saisie par le froid; elle ressentait alors en elïet dans la partie un léger sentiment de malaise.
Le 30 septembre 1822 je vis cette malade pour la première fois ; la tumeur, mesurée à cette époque, présentait trente-cinq pouces de circonférence. Elle était solide dans sa plus grande partie; mais dans quelques points elle était molle et fluctuante. Il y avait évidemment une poche contenant une quantité considérable de liquide.
La portion solide de la tumeur en occupait la partie la plus élevée. La porlion occupée par le liquide siégeait à la région déclive. La santé générale était bonne. La malade ne souffrait que du poids de la tumeur, des tractions qu'elle exerçait sur la peau et le muscle pectoral, tractions qui déterminaient un tiraillement considérable des nerfs.
Le !"■ octobre je fis l'ablation de la tumeur en présence de M. Key, chirurgien de l'hôpital de Guy, et de M. Laviss, chirurgien à Westminster.
Tons les vaisseaux volumineux, divisés dans le cours de l'opération, furent ou liés immédiatement ou comprimés par un aide aussitôt qu'ils furent ouverts, de manière à prévenir toute perte de sang pendant l'opération.
Le septième jour la plaie était cicatrisée.
La fièvre d'irritation qui avait succédé à l'opération avait été très-légère. La malade se rétablit parfaitement sans qu'il survînt aucune circonstance fâcheuse.
La troisième espèce de kyste hydatique que l'on rencontre dans le sein constitue un être doué d'une vie propre. Cette hydatide est globulaire; elle consiste en une poche contenant un liquide, elle n'a point de connexion vasculaire avec les parties environnantes, et produit dans sa propre cavité une multitude de poches .semblables à elle.
On rencontre souvent un grand nombre de ces hydatides dans le foie, et j'en ai trouvé fréquemment à la partie inférieure de l'abdomen, entre la ve.ssie et le rectum ; dans ces derniers cas, elles avaient déterminé une rétention d'urine.
L'épiploon leur forme aussi quelquefois une sorte de nid. Mon ami le docteur Farre possède un très-beau dessin d'un cas de cette espèce.
Des productions semblables se trouvent encore dans certains engorgemens de l'ovaire.
Sir L, M. Clean , de Sudbury , a obsei'vé un
poumon dont tout l'intérieur était l'cmpli par des productions de cette nature. Dans le même cas on en trouva qui étaient pcndans à la surface interne du péricarde.
On en trouve aussi dans le cerveau de l'homme, bien qu'elles y soient rares ; tandis qu'on en trouve fréquemment dans le cerveau des animaux.
Il se forme aussi quelquefois dans le tissu cellulaire des tumeurs qui, lorsqu'elles sont ouvertes, laissent échapper un nombre considérable de ces poches qui étaient renfermées dans un kyste. Ce dernier s'est produit au sein du tissu cellulaire, sous l'influence d'un travail inflammatoire adhésif.
11 s'établit quelquefois de la suppuration, puis il se forme une ulcération par suite de laquelle ces productions sont rejelées au dehors
Quand on dissèque ces tumeurs hydatiquos, voici les dispositions qu'elles présentent :
L'hydatide est contenue dans uu kyste qui s'est formé dans l'épaisseur de la mamelle sous l'influence d'un travail d'inflammation adhésive [adkésivc process]. En quelque point qu'elle ait son siège, elle devient une cause d'irritation; aussi se trouve-t-elle entourée par une grande quantité de fibrine, qui est sécrétée à l'entour et qui devient extrêmement vasculaire. A sa surface interne ou sécrétante, le kyste qui renferme l'hydatide est directement appliqué contre la surface extérieure de celleci, et il existe entre les deux surfaces une légère humidité. Mais les deux surfaces n'ont entre elles aucune connexion vasculaire.
Dans la mamelle je n'ai vu qu'une hydatide à la fois; mais dans les autres parties du corps on en trouve un grand nombre réunies.
L'hydatide elle-même se compose d'une poche demi-transparente, remplie par une sérosité limpide, et offrant une sui'face extérieure uniforme et polie.
On n'y obsei've aucune ouverture ; d'où il résulte que la nutrition de cette poche dépend d'une absorption qui se fait à sa surface externe.
Elle est formée par deux membranes. La plus extérieure présente une densité considérable; lorsqu'on place derrière elle un corps opaque, elle prend un aspect brillant, semblable à celui de la nacre, et réfléchit la lumièie. Elle possède une élasticité très-prononcée et se roule sur elle-même quand elle est rompue.
Cette couche externe est tapissée intérieurement par une membrane très-délicate qui paraît être sa matrice; car il se développe dans son intérieur une multitude de petites hydatides qui d'abord adhèrent à sa surface interne, mais s'en détachent ensuite et flottent librement dans le liquide que renferme l'hydatide.
Aussi, quand on recueille dans un vase de veire le liquide contenu dans l'hydatide, aperçoit-on un nombre considérable de petites hydatides qui y sont flottantes.
MALADIE HYDATHJliE DE LA MAMELLE.
Chacune de ces petites poches devient à son tour mère de plusieurs autres hydatides qui se forment de la même manière à sa surface interne.
Les raisons qui me portent à considérer ces productions comme jouissant d'une vie qui leur est propre sont les suivantes :
1°. Elles ont une existence et une évolution entièi'ement indépendantes, puisqu'elles ne sont liées par aucune communication vasculaire aves les tissus au sein desquels elles se rencontrent, et qu'elles sont seulement enveloppées par un kyste à parois vasculaires et à surface intérieure sécrétante.
2°. Elles ont la faculté de reproduire à leur surface interne un être semblable à elles.
S" On trouve dans le cerveau du moulon des poches semblables qui conservent, pendant plusieurs heures après la mort de l'animal, un mouvement vermiculaire très-prononcé et (rèsfacile à constater si l'on a eu le soin de les placer dans de l'eau tiède.
ll°. On trouve quelquefois, à la surface et même dans l'intérieur des viscères abdominaux, des hydatides qui sont munies d'une bouche située à l'extrémité d'un col, et qui par conséquent prennent leur alimentation ù la manière des animaux.
On peut donc considérer l'hydatide globulaire, envisagée sous le rapport de son mode d'alimentation , comme l'anneau qui unit le règne animal au règne végétal , puisqu'elle se nourrit par absorption à la manière des végétaux. Mais le tœnia hydatigena qui a une bouche est un animal parfait quant à la manière dont il se nourrit.
On suppose que l'hydatide charriée par le sang est déposée dans le tissu au sein duquel ellese développe. Quel que soit le lieuoù elleest ainsi déposée, elle y devient une cause d'irritation et se trouve bientôt enveloppée par les produits qui se sécrètent sous l'influence du travail inflammatoire et qui donnent lieu à la formation du kyste.
Mais l'origine de ces animaux est obscure ; et la théorie relative à la manière dont ils sont déposés dans les tissus n'est qu'une hypothèse.
L'hydatide mère est entretenue parle produit de la sécrétion qui se fait à la surface interne du kyste où elle est renfermée. Mais il est probable que les petites hydatides auxquelles elle donne naissance sont nourries par le liquide qu'elle renferme, du moment où ces petites hydatides perdent toute connexion avec leur mère et deviennent libres dans l'intérieur de sa cavité.
Lorsqu'une hydatide de cette espèce se développe dans la mamelle, elle y détermine de l'inflammation, et il se dépose autour d'elle de la lymphe coagulable. La mamelle devient dure , et , à raison du volume peu considérable de l'hydatide, on n'y peut point constater de fluctuatiou. A mesure que l'hydatide se dé-
veloppe , bien que la quantité de lymphe infiltrée dans les tissus augmente aussi , cependant comme le liquide devient plus abondant dans une grande proportion, il arrive une époque où l'on peut reconnaître la fluctuation au centré de la tumeur.
Lorsque l'hydatide a acquis un volume considérable , elle détermine quelquefois une inflammation à laquelle la suppuration succède. Dans ce cas , au moment où la collection purulente est évacuée , soit au moyen de la lancette, soit par suite de l'ulcération, l'hydatide s'échappe par l'ouverture qui a donné issue au pus. On voit, dans la collection de l'hôpital Saint-Thomas, une hydatide qui a été ainsi rejetée à travers une perforation déterminée par l'ulcération dans ) es parois d'un abcès delà mamelle.
Le traitement qui convient dans les cas où l'on a constaté l'existence d'une hydatide consiste à faire une incision à la tumeur et à faire écouler le liquide qu'elle renfemne. L'application d'un simple cataplasme suflit ensuite pour amener la cicatrisation delà plaie; oubien si, après y avoir pratiqué une ponction qui a donné issue au liquide, ce dernier s'y accumule de nouveau, on peut passer dans la tumeur un séton qui amènera l'élimination du sac.
Lorsque le chirurgien, n'ayant pas reconnu la fluctuation et ayant cru à l'existence d'un squirrhe, a pratiqué l'ablation de la tumeur, il constate la présence du kyste hydatique qui y est renfermé, et il peut afTirmer en toute assurance que la malade n'a rien à redouter pour l'avenir.
Les caractèies distinctifs de cette affection sont : la fluctuation qui est appréciable à la partie centrale de la tumeur, l'induration des tissus qui enveloppent le kyste, et l'absence de toute douleur h la pression.
La maladie n'offre aucun danger avant l'opération, et les suites n'en sont jamais fâcheuses.
Observationh'à^'' communiquée par M. Bayfield. — Mistriss Saràh Cornish, âgée de M ans, portait au sein gauche une tumeur qui avait déjà le volume d'une aveline lorsqu'elle s'en aperçut pour la première fois. Cette tumeur augmenta graduellement de volume pendant onze mois sans aucune douleur. La santé générale resta intacte, et la menstruation régulière.
La tumeur fut enlevée. Plusieurs années après, la mamelle n'était le siège d'aucune douleur, et elle était restée exempte de toute récidive.
Mistriss B. , dont l' observation est consignée plus haut (voy. observations), portait probablement dans le sein une hydatide de cette espèce. En effet, après qu'on eut placé le séton dans la tumeur, la poche hydatique fut frappée de mort et s'élimina. Or ses parois auraient contracté des adhérences l'une avec l'autre s'il se fût agi d'une ïiydàtide celluleùsé.