DEUXIÈME MÉMOIRE
L*EXTRAGTION DE NOMBREUX CALCULS VÉSICAUX SANS LE SECOURS DE L'INSTRUMENT TRANCHANT.
{Lu à la. Société médico-chirurgicale de IfOii4*ie$ ^ . le ^ février 1821 A
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,; Bieû que, de nos jotfï-s^ropëration de la lithotomie soit pratiquée avec une rapidilé d'exécution et un degré de sécurité qui la rendent beaucoup moins effrayante pour le malade et beaucoup moins difficile pour le chirurgien qu'elle ne l'était du temps de Chcseklen , tout homme de bonne foi conviendra que si l'on pouvait trouver quelque moyen de rendre l'opération moins souvent nécessaire , ce serait ijn des plus grands bienfaits que l'on pût accorder à l'humanité ; car, alors mêmepu'elle est faite dans les circonstances les plus favorables, Topération pour l'extraction des calculs bors delà vessie est accompagnée debeancoup de douleurs, et, lorsque le calcul est volumineux, de beaucoup de difficultés et de dangers. C'est donc avec un vif degré de satisfaclion que j'ai été témoin du fait suivant, dans lequel de nombreux calculs furent extraits de la vessie par des moyens incapables de causer la moindre perte de sang, de produire le moindre danger, et de causer un» douleur tant soit peu considérable.
. Je suis pleinement eonTaincu de l'impossibilité d'extraire des calculs volnmicxeux par les moyens qui vont être exposés; mais au moins j'ai l'espoir que ces moyens pourront être employés avec succé , dans les premières périodes de la maladie , et lorsque le calcul n'a pas acquis un volume trop considérable pour passer par le canal de l'urètre.
Usera très-difficile de li-ouver des instrnmeas qui soient d'une construction assez délicate, pour qu'on puisse, chez l'enfant, les introduire dans la vessie à travers le canal de l'urètre, et qui, en même temps, présentent une force suffisante pour permettre de saisir solidement le calcul et de l'extraire avec sûreté.
Je vais maintenant exposer les circonstances du fait dont je viens de parler, telles qu'elles m'ont été rapportées par le malade lui-même; je terminerai par quelques observations sur les moyens qui lurent employés pour obtenir de l'amélioration, et je déterminerai les cas particuliers dans lesquels cette opération peut être pratiquée.
Observation 512». — Le révér. John Bullen âgé de 64 ans, d'un aspect chétif et d'un tempérament sanguin , ayant constamment joui
d'une bonne santé, ay^antpu se livrer beaucoup au plaisir rie lâchasse, et ayant toujours mené une vie très l'éguJière, éprouva, en mai ISIS, des symptômes dont il fait lui-même l'histoire, suivante:
« Je fus pris tout à coup de fréquentes envies d'uriner et d'une sensation douloureuse suivant le trajet de l'urèlre, sensation qui persistait avec plus ou moins de violence depuis quinze jours, lorsque j'eus la suiprise de voir à l'orifice du canal un petit calcul arrondi, de couleur blanche. La sortie de ce polit calcul, qui fut à peine accompagnée de douleur, n'amena aucun soulagement dans les premiers symptômes , qui persistèrent avec la même inlensiié, et sous le rapport de l'irritation, et sous le rapport de la fréquence des émissions d'urine.
» Je restai dans cet état, jusqu'au mois de juin, pendant lequel il sortit plusieurs calculs semblables au premier, au nombre d'une trentaine environ, ne déterminant aucun autre accident qu'une légère ardeur le long du canal de l'urètre. A la fin du mois de juin, et sans cause appréciable, je fus soudainement délivré de loute évacuation ultérieure de la matière calculeuse et de lous les autres symptômes, h l'excfîption du besoin fréquent d'uriner; mais ce dernier inconvénient ne me causait auenn sentiment d'anxiété ni de crainte.
» L'hiver suivant, j'éprouvai, dans te dos et dans les lombes, des douleurs pour lesquelles M. Brewsler, de Cambridge, supposant qu'elles provenaient de la gravelle, me prescrivit les médicamens qu'il regardait comme les plus propres à amener du soulagement; mais ce fut sans aucun bon résultat.
» Toulefois, il m'était encore possible de<me livrer à la chasse, mon amusement favori, bien que je fusse obligé de m'arrêter souvent pour uriner; à cette époque, je ne modifiai en rien mon genre de vie habituel.
» Je restai, sans aucun changement notable, jusqu'en décembre 1819, époque à laquelle je remarquai que l'exercice du cheval devenait beaucoup plus douloureux, que le besoin d'uriner était beaucoup plus fréquent, et qu'il y avait un peu de difflculté dans le passage de l'urine, dont la couleur et la limpidité avaient fait place à l'aspect d'un liquide semblable à du
AlALADltii DES VOIES URINA.IRES.
chocolat. A l'occasion de ces symptômes , on me prescrivit divers médicainens (|ui n'amenèi'ent aucune amélioratiou seiisil)lc, et je luc décidai à consulter M. Arnoli, de Cambridge, qui me fit suivre une médication dont les pi"eraiers effets nie furent Irès-favorables. Toulefoi.s, l'.'anélioralion fut très-passagère, et bientôt les symptômi'S reparurent avec leur preïiiièie intensité. Eu vain j'eus de nouveau i"ecours plusieurs fois aux prtiscriptious de M. Arnott; le Irailement le plus judicieux ne put exercer aucune influence favorable sur la marche de la maladie.
1) Mon ami, le docteur Thackeray, de Cambridge, fut appelé en consultation avec M. Arnott, au mois de juin suivant. Tous deux s'accordèrent pour attribuer ces symptômes à la présence d'un calcul dans la vessie. En conséquence, une sonde fut introriuile dans la vessie, afin de constater l'existence du calcul; mais l'introduction de la soude ne fit rien découvrir.
Les symptômes persistant au même degré, M. Arnott, pensant toujours qu'il existait un calcul , me sonda de nouveau quinze jours après ; mais les calculs, par la raison qui sera expost'-e plus loin, échappèrent encore à son investigation. Pour diminuer mes fréquentes envies d'iiriner, et pour rendre moins douloureuse l'émission des urines, on me prescrivit de prendre en me couchant un lavement opiacé qui me fit éprouver beaucoup de soulagement; mais si l'usage du la veinent était interrompu une seule nuit, les synjptômes reparaissaient avec leur première intensité.
Dans cet état de souffrance, je me décidai à consulter Sir A Cooper, qui se rendit près de moi l(îl7 août. Soupçonnant, d'après ce que jelui racontai sur les circonstances anlécédenf es de ma maladie, que j'avais un calcul, il me sonda. Mais après avoir exploré la vessie pendant quelques instans, il lui fut impossible de rencontrer une pierre. Il me prescrivit alors d'uriner, et la ijônde étant introduite de nouveau, immédiateœenl après la mixtion, il l'entendit di>tinctement heurter contre un calcul. Il m'annonça alors que l'opération de la taille était le seul moyen qui me restât d'obtenir un so aagement durable; il me fit observer en même temps que, comme je n'avais pas perdu assez de force par l'effet de l'irritation qui était le résuUat de cotte maladie, il serait convenable que j'allasse à Cambridge, pour y suivre un genre de vie et un régime qui pussent diminuer l'excès de force et de santé dont je paraissais jouir.En même temps, dans l'intention de diminuer l'irritation, il me prescrivit un purgatif salin. Revenu chez moi avec cette consultation, j'y restai jusqu'au mois d'octobre 1820, conlinuant l'usage de la sonde et des lavemens opiacés.
» Voyant que mes souffrances n'éprouvaient d'amélioration que d'une manière passagère, et que je n'avais plus rien à espérer des secours de la médecine, je vins à Londres le 23 octobre pour subir l'opération, et le 3o octobre fut choi, si pour son exécution.
» Au jour fixé, M. Aslley Cooper, son neveu, M. B. Cooper, et M. Merriman junior, se réunir ut chez moi. Lorsqu'on me sonda, tous 1rs assistans entendirent, et moi même j'entendis très distinctemeni le choc de l'instrument contre une pierre. Toutefois M. Cooper ayant constaté que la pierre était assezpetite pour pouvoir être extraite sans nécessiter l'emploi de l'instrument tranchant, l'opération qu'on s'était proposé de faire ne fut point pratiquée , et il fut convenu que l'on aurait recours à des moyens plus inoffensifs.
» Le 3 novembre, M. Cooper introduisit dans lu vessie une bougie d'un gros calibre, dans le but d'opérer la dilatation de l'urèlre, et de permettre ainsi à la pierre de s'échapper avec le jet d'urine. L'emploi du même moyen fut répété le 6, le 10 et le 13 novembre ; mais le 14, la prostate s'étaut enflammée par suite de l'introduction des bougies, on fut obligé de suspendre ce mode de traitement. L'inflammation survenue dans la prostate donna lieu à une rétention d'urine, pour laquelle M. Cooper fut obligé de pratiquer le calhétérisme toutes les vingtquatre heures, chaque fois, le calcul pouvait être distinctement senti au moyen de la sonde.
M Lorsque cette inflammation se fut dissipée, la rétention d'urine persistant, M. Cooper plaça une sonde en gomme élastique à demeure, et me prescrivit d'en continuer l'usage , en m'indiquant la manière de la retirer si elle s'engorgeait, ou si sa présence devenait douloureuse. Plusieurs fois j'aperçus, à l'orifice de l'instrument, de petits calculs blancs., semblables à ceux que j'avais x-endus en 1818.
» Instruit de cette sortie de petits calculs, M. A. Cooper, ayant exprimé le désir de retirer l'instrument lui-même, trouva dans l'œil de la soude un calcul qui était assez gros pour le remplir entièrement.
» L'issue de ces calculs suggéra à M. Cooper la pensée qu'il serait possible de fabriquer un. instrument au moyen duquel on pourrait extralie les autres calculs encore contenus dans la vessie.
»Le23 novembre, il vint chez moi avecplusieurs instrumens construits dans ce but; un d'entre eux fut employé, et ce premier essai réussi! au point que huit petits calculs furent extraits. Cette opération ne causa que très-peu de douleur.
» Le 28, on retira de la même màinlèrÉ', bùit autres calculs d'un volume plus considéraBle , parmi lesquels il s'en trouva deux qui étaient de la grosseur d'une fève de marais. Cette nouvelle opération fut encore moins douloureuse que la première.
* Le 'o, ouze calculs furent extraits. Chaque fois qu'on retirait l'instrument, ou en amenait trois ou quatre qui s'étaient eugagés à la fois. Cette extraction me fit éprouver un grand soulagement, car immédiatement après il me fut possible de rendre sans difficulté une quantité considérable d'urine, tandis qu'avant cette opération, et depuis l'introduction des bougies
d'un gros calibre, je n'avais jamais pu urmer qu'avec l'aide de la sonde.
» Le 8 décembre, on retira sixcalcujs: le 13; neuf; le 19, trois j et le 23, douze. On avait soin