SANS LE SECOURS DE L'INSTRUMENT TRANCHANT
{Lu a la Société médico-chirurgicale de Londres^ le 19 novembre 1822.)
Dans un volume précédent des Transactions médico-chirurgicales , j'ai dit que j'avais cru à la possibilité d'extraire de la vessie des calculs, au moyen de pinces intioduites par le canal de l'urètre, et que, grâce au talent de M. Weiss, je possédais un instrument bien propre à mettre mon projet à exécution. J'ai extrait plus dequatre-vingts calculs delavessiechezM.Bullen, deBarnwell; mais je n'avais pas dû me flatter de l'espoir que les occasions d'employer ce mode opératoire se reproduiraient souvent; aussi est-ce a^ec une vive satisfaction que je viens faire connaîtra trois nouveaux cas de ce genre , bien qu'il se soit écoulé un si court espace de temps depuis mon premier travail. Un de ces cas m'a été communiqué par mon ami M. Brodie.
Observation511' , communiquée par M, Brodie. — « Un homme , âgé de 70 ans, vint à Londres dans le printemps de l'année 1822, présentant les symptômes suivans : il éprouvait fréquemment le besoin de rendre ses urines; leur émission se faisait toujours avec plus ou moins de difTiculté ; elle exigea même quelquefois l'introduction de la sonde. Il ressentait une vive douleurpendant et après chaque tentative qu'il faisait pour uriner; et, à diverses époques, il avait rendu plusieurs petits calculs de forme ovalaire. Il consulta le docteurBaillie , qui me l'adressa pour que j'explorasse la vessie. En introduisant une sonde , je sentis distinctement plusieurs calculs avant que l'instrument n'eût pénétré dans la vessie ; explorant alors cet organe par le rectum, je découvris, au niveau de la prostate, un grand nombre de calculs qui étaient, selon toute apparence, contenus dans une poche, et qui glissaient l'un sur rautre,sous la pression du doigt. J'eus avec le docteur Baillie une consultation danslaquelle il fut décidé que je tenterais, d'après la méthode précédemment décrite, l'extraction des calculs qui paraissaient être d'un médiocre volume. La première fois que j'introduisis la paire de pinces, faite par M. Weiss, je ne retirai que deux trèspetits calculs ; mais, à la seconde tentative, je fus plus heureux, et je parvins à en extraire six ou sept d'un volume plus considérable. Je renouvelai l'opération enviroa dii ou douze fois,
à différens intervalles , depuis le milieu de juin jusqu'à la fin de juillet, et je fis l'extraction de soixante calculs à peu près. Us étaient de diverse grosseur ; quelques-uns n'étaient pas plus volumineux que la tête d'une épingle ; un grand nombre étaient de la dimension d'un pois ordinaire, et de forme ovale ; quelques autres enfin avaient un volume beaucoup plus considérable. Le plus grand présentait un demi-pouce dans un de ses diamètres, et cinq huitièmes de pouce dans l'autre : il était quadrangulaire, et ce ne fut qu'après deux ou trois tentatives, que je parvins à l'extraire. A. chaque reprise , plusieurs petits fragmens furent brisés par l'instrument, et ce fut en raison de cette diminution de volume du calcul que je réussis enfin à en faire l'extraction".
» A. la fin de juillet , les symptômes diminuèrent beaucoup d'intensité et l'on ne découvrait plus de calculs ni avec la sonde , ni au moyen du doigt introduit dans le rectum. Il restait cependant un peu d'inflammation qui pouvait faire supposer que quelques concrétions existaient encore. Malheureusement, les affaires particulières de notre malade l'empêchant de faire à Londres un plus long séjour, il se mit en route pour retourner chez lui. Lorsqu'il eut fait environ trente milles, il futpris d'une difficulté d'uriner qui l'engagea à revenir à Londres et à me faire appeler de nouveau. Je découvris dans la portion membraneuse de l'urètre un calcul qui y était arrêté et dont je fis l'extraction avec facilité. Il étaitde forme ovale, et à peu près de la grosseur d'une petite fève. Le jour suivant, le malade reprit sou voyage.
» Le 11 août, il m'écrivit de sa maison , située dans le nord de l'Angleterre, qu'il était encore en proie à beaucoup d'irritation, qu'il éprouvait beaucoup de difficulté à rendre ses urines, et que celles-ci déposaient comme auparavant une mucosité visqueuse. En conséquence, je lui conseillai de s'adresser à un célèbre chirurgien de Liverpool, afin que l'on s'assurât s'il existait encore des calculs , et au cas où il en serait ainsi , de les faire extraire de la même manière que les premiers. Depuis cette époque, j'ai reçu de lui la lettre suivante, datée au 11 octobre : « Depuis que je