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MALADIES DES VOIES URINAIIIE.S

TOUS ai écrit, j'ai rendu trois calculs 1res volumineux et de forme arrondie, qui m'incommodaient beaucoup depuis quelque temps. Un d'eux fut chassé hors de l'urètre par la pression du doigt, et les deux autres furent rendus avec les urines, dans la même nuit. A partir de ce moment , je me suis trouvé très-soulagé, et depuis environ un mois l'amélioration continue. Je crois cependant qu'il existe encore quelques calculs , mais j'espère qu'avec le temps ils seront expulsés, sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à l'instrument. »

Le cas suivant est rapportée eu partie, d'après le propre récit dumalade, et, en partie, d'après les communications de Sir Gilbert Blane , son médecin.

Observation 51S', communiquée par Sir Gilbert Blane. — « Sir William B... , ûgé de 67 ans, avait été sujet, de temps en temps, à de longues et violentes attaques dégoutte, depuis sa 35* jusqu'à sa 60' année environ. A partir de cette époque, les attaques avaient beaucoup diminué d'intensité; elles étaient aussi devenues moins fréquentes et de moins longue durée. Le malade rapporta que, 7 ou 8 ans auparavant, il s'était aperçu , pour la première fois , à la suite d'un long accès de goutte, qu'il rendait du sable ou de la gravelle de couleur rouge , mais sans en éprouver beaucoup d'incommodité.Il y a environ quatre ans, il rendit de la gravelle à plusieurs reprises , et depuis cette époque les urines ont continué à en présenter de temps en temps ; les calculs étaient quelquefois plus gros qu'unpois, et, en général, déforme oblongue. Lorsqu'ils venaient à former, dans l'urètre , un obstacle au passage de l'urine , le malade prenait un bain à 94 degrés (Farenheit), et prenait abondamment une boisson délayante , ce qui, au bout de quelque temps, amenait la cessation des accidens. Dans le cours de l'été de 1820, ayant fait, pendant trois ou quatre jours, beaucoup d'exercice à pied, il fut très surpris de rendre d'abord une grande quantité de matière noirâtre, à peu près semblable à du. marc de café, et ensuite une quantité non moins considérable d'un liquide qui paraissait être principalement composé de sang. La sortie de ces matières ne fut point accompagnée de vive douleur, et le lendemain l'urine était aussi claire que d'habitude. Il remarqua, dans ses promenades à cheval, que si la course était rapide pendant quelque temps , elle provoquait l'émission de la matière noire , puis l'émission du sang, si l'exercice était plus long-temps continué. Il abandonna, par degrés, l'habitude de monter à cheval, et y renonça complètement vers la fin du mois de décembre dernier. Il a cessé aussi depuis sis mois toute marche prolongée , car il a observé que cet exercice produisait les mêmes effets, quoique à un moindre degré. Sir Astley Cooper et Sir Gilbert Blane le traitèrent pour ces symptômes, en juin et en juillet 1821, époque à laquelle il quitta Londres pour aller en Irlande. Pendant son séjour dani ce pays, il continua à éprouver les mêmes incommodités , Gtais sans qu'elles fussent ac<

compagnies de douleur notable , et il y était encore sujet, ;'i son rnlonr à Londres.

« Dans les picniicrs jours d» mois de juin de l'année dernière, il consulta Sir Astley Cooper qui, ayant jugé .'i propos de le sonder, constata la présence d'un calcul ; et comme il avait reconnu que ce calcul était peu volumineux, il proposa d'essayer d'en faire l'extraction. Après quatre tentatives, à huit jours d'intervalle, onretira, lelS juillet, un calcul qui pesait dix-sept grains et demi.

«Environ trois semaines plus tard , Sir William, craignant qu'il ne fût resté quelqu'autre pierre dans la vessie , consulta de nouveau Sir Astley Cooper, qui le sonda de nouveau et reconnut que ses craintes étaient fondées. Des tentatives furent faites immédiatement pour extraire le calcul, auquel on fit parcourir une partie du trajet; mais Sir Astley Cooper, s'apercevant qu'il était trop volumineux pour pouvoir être amené plus loin , le refoula dans la vessie. Dès que l'état des parties le permit, il procéda à la dilatation du canal par l'emploi des bougies, qui fut continué par intervalles pendant une quinzaine de jours, après lesquels on put retirer, le 28 août 1822, un calcul qui pesait cinquante-quatre grains. »

Cette extraction fut suivie de douleurs pendant l'émission des urines, d'engorgement de la partie spongieuse de l'urètre, au niveau du scrotum, et d'un écoulement urétral très-abondant jusqu'au 23 septembre , époque à laquelle ces symptômes disparurent sous l'influence des fomentations et des cataplasmes.

Si l'on a égard au volume de ces calculs, on ne sera pas étonné des difficultés qu'a présentées l'extraction du plus volumineux des deux, qui pesait 54 grains, et que j'ai soumis à l'inspection de la société médico-chirurgicale. C'est dans la partie du canal de l'urètre voisine du gland que les difficultés furent les plus grandes. Si je l'eusse jugé convenable , il m'eût été facile de retirer le calcul de ce point par une incision, mais je préférai en compléter l'extraction sans donner lieu à aucune plaie. Toutefois, je suis actuellement tenté de croire que, lorsque le calcul présente un pareil volume, il vaut mieux faire une petite incision au canal de l'urètre , au devant des bourses , que d'extraire de force le calcul de cette portion étroite.

Lettre de Sir Gilbert Blane. — « Conformément au désir que vous m'avez témoigné, de recevoir communication de ce que je sais relativement à la maladie de Sir Villiam B..., chez qui Sir Astley Cooper a extrait, parle canal de l'urètre, le calcul le plus volumineux qui ait jamais été retiré de la vessie par cette voie; j'ai consulté mes notes sur ce sujet. J'ai donné des soins à ce malade, à diverses époques , pendant plus de vingt ans. Il raconte lui-même qu'il a souffert de la gravelle pendant sept années. La maladie s'était montrée pour la première fois en juillet 1815. Il éprouva un soulagement très rapide d'un traitement suivi pen-

5Î2 suLAPiEii PES y.PiKpt VRiçt^^i^si,

dant peu de temps, et qui consistait dans moyens que je préconise oat été employés avec l'emploi , deux fois par jour , de deux scrupu- persévérance.

les de sous-carbonate de potasse à moitié saturé D'ailleurs , tOuC incomplète que fût l'admide suc de citron et uni à l'extrait de pavots (1). nistration de ces médicamens, elle épargna de La' maladie se reproduisit les trois années sni- grandes souffrances au malade. En effet, d'avantes, et fut, chaque fois, guérie par les mêmes près ses propres aveux, il n'éprouva jamais de moyens , à cela piès qu'une fois la magnésie doulem-s bien prononcées dans la vessie, mais fut substituée à lapotasse.il ne survint aucune seulement une sensation de malaise. S'il resrechutc pendant deux ans ; mais les accidens sentit de la douleur, ce fat dans les reins , et , se manifeslèrent de nouveau au mois de mai une fois seulement, dans l'urètre, au moment 1820. Ou eut recours au môme traitement sans du passage d'un calcul, le seul dont la surface en obtenirlesmômes avantages, car, apièsqu'il se trouvât raboteuse. Certainement, une circoneulété suivi pendant plusieurs semaines, les stance bien favorable à l'emploi de ces médisymplôrnes avaient encore pris plus d'inten- camens, c'est de voir que, sous leur influence, site. Je reconnus alors que je n'avais pas ac- il cesse de se former de nouvelles agrégations, cordé assez d'attention à la couleur du sable. «^ les calculs se polissent h leur surface, de En effet , bien qu'au début de cette attaque il telle sorte que la douleur diminue beaucoup eût été rouge de même que dans les précéden- ou cesse complètement.

tes, je m'aperçus qu'alors il offrait une cou- ^^^ exemple frappant de ce mode d influence, leur blanche. Cette circonstance expliquait le c'estlecasdelord Walpole, rapportéparledocdefaul de succès du traitement alcalin. En leur Whytt, il y a soixante-dix ans, c'est-à-dire conséquence, je prescrivis d'administrer trois ^ l'époque où les alcalis caustiques, le savon et fois par jour sept goulles d'acide mùriatique ''«a» de chaux furent employés pour la preunies avec autant de gouttes de vin d'opium et mière fois. Chez lord Walpole, l'absence de convenablement étendues. 11 s'opéra une amé- douleur fut si complète pendant plusieurs anlioration sensible dans l'espace do neuf jours . n^^es avant la mort , que l'on regarda la pierre et, au bout de quatorze, sir William était dé- comme dissoute. Cependant, après la mort, on barrasse de sa maladie. Dans l'année suivante, l'-ou^a un calcul assez volummeux à surface au lieu de sable, ce furent de petits calculs lisse et polie.

qui fnrent rendus, après des douleurs assez vi- Rien que cette médication ne produise pas ves dans la région des reins. Ces calculs étaient toujours tous les avantages qu'où en attend, rouges intérieurement et blancs à leur sur- inconvénient qu'elle partage avec tous les face. L'histoire du traitement présente ici une ""très moyens thérapeutiques, ce n'est pas lacune , attendu que le malade passa en Ir- «"e raison pour déprécier les nouvelles reslande une partie de cette année-lii. Mais la «ources que doit à la chimie et à l'art chirurdescription des symptômes a été donnée d'une gical le traitement d'une des maladies les plus manière très exacte par le malade lui-même, douloureuses, et jusqu'à présent les plus rejusqu'à l'époque où furent pratiquées les opé- belles.

rations rapportées par Sir Astley Cooper- Le docteur WoUaston a rendu un grand ser-

Les détails de cette observation pourraient, vice à l'humanité en dévoilant la diversité de au premier aspect, faire naître des doutes sur composition des concrétions urinaires ; c'est l'efficacité des remèdes auxquels on avait eu cette connaissance quia conduit à adopter des recours , car on ne peut nier que , malgré leur modes de traitement variés, quelquefois diaméemDloi,ilnese8oitrormédesconcrétionstelle- tralemeut opposés dans leur mode d'action, mentvolumineusesqucsansl'opérationsiheu- Nous ne sommes pas moins redevables à Sureusement im;.ginée et si habilement exécutée Astley Cooper pour sa nouvelle méthode d'expar Six' A. Cooper. le malade aurait été exposé traire des calculs d'un volume aussi considéaux souffrances qu'occasionne la pierre ou aux rable, par le canal de l'urètre , méthode qui douleurs et aux dangers de la lilhotomie. Peut , dans un grand nombre de cas, épargner

Mais, en réponse à celte objection, je ferai des souffrances et des dangers sérieux. Cette remarquer que le soulagement qui suivit l'em- méthode a d'ailleurs, sur les médications intéploi de ces médicamens fut si prompt et se re- rieures, l'avantage d'être applicable à tous les nouvela si souvent que leur elficacîté ne sau- calculs, quelle que soit leur composition; tanrait Olre révoquée en doute. Si le malade n'eût dis qu'il existe certaines variétés de calculs , pas interrompu son trailement, si ses fréquens ceux par exemple qui sont formés d'oxalate de et longs voyages en Irlande et sur le continent chaux, sur lesquels les médications soit alcane se fnssent pas opposés à ce que le traitement 'ines , soit acides, n'ont aucune prise, fûtropris à propos, il y a lien de croire que A l'occasion du cas qui précède, on peut . dessoulagemenslemporitiresauraientfaitplace soulever une question étrangère au sujet qui à une guérison solide et radicale , ainsi que je nous occupe. C'est celle de savoir si l'on peut l'ai observé dans des cas semblables, où les attribuer à l'emploi des médicamens alcalins

(i) Voyez , pour ce mode (Jç traitement, un article de Sir Gilhert Blane, dans le troisième volume de Transactions of fi jàçieW fo^tlie improvement ^ etc. l8n / et Select DUsertalions , fit le n» ^nle

Londres 1833.

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