DANS CEIITAÏINS CAS DE SURDITÉ
[Lu à la Société royale de Londres ^ le 2b juin 1801.)
Dans le mémoire que j'ai eu l'honneur de présenter l'année dernière à la société royale, je me suis efforcé de faire connaître les effets que produit sur l'organe de l'ouïe la destruction complète ou incomplète de la membrane du tympan.
Il résulte des faits que je vais exposer , qu'une perforation de la membrane du tympan ne peut diminuer la puissance de l'audition, et que même une destruction complète de cette membrane n'est pas suivie d'une perte totale de la faculté auditive, opinion généralement adoptée par les médecins comme une vérité démontrée.
Convaincu de l'importance de ce sujet, et désirant, autant que pouvaient le permettre mes autres travaux, poursuivre mes recherches làdessus, j'ai, depuis la publication de ce mémoire, observé plus de vingt cas dans lesquels existait une semblable défectuosité de la membrane du tympan. Or, ces exemples tendent tous à me confirmer di.ns la première opinion que j'ai avancée sur les usages de la membrane du tympaa et sur les effets qui résultent de sa destruction.
La membrane du tympan peut être détruite par une lésion de cause extérieure , ou par di-
verses causes dont la plus commune est une suppuration du conduit auditif.
Chez les personnes d'une coiistitution délicate et irritable, le cérumen sécrété dans ce conduit, estsusceptible de s'y endurcir et de s'y accumuler de manièie à occasionner peu à peu la surdité; ilpeut alors aus'^i déterminer l'inflammation et la suppuration du conduit auditif. Dans ce cas, si l'on ne peut parvenir à faire cesser cette disposition , non seuiemenl la membrane qui tapisse le conduit auditif peut être détruite, mais encore la destruction peut s'étendre à la membrane du tympan ellemême. Les petits os de la caisse sont expulsés au dehors, et, quelquefois, des exfoliations considérables ont lieu.
11 n'est pas très-rare non plus, que la membrane du tympan soit soumise à des violences extérieui'cs.j'ai observé un cas où la membrane du tympan avait été déchirée dans diverses directions par suite d'un coup porté- sur la tète, résultat qui, scion loule apparence, devait être attribué à ce que l'air renfermé dans le conduit auditif, avait été comprimé violemment contre la membi'ane.
Il ari'ive aussi quelquefois, que la membrane du tympan se déchire dans les.tentatives pour
î'extractiou des corps étrangevsintrocluits dans liquides, ceux-ci s'échappaient en partie par l'oreille. Les enf ans, .dans leurs jeux irréfléchis, l'oreille.
s'introduisent quelquefois dans l'oreille, de Malgré ces altérations profondes, cette fempetits cailloux , des morceaux de crayon d'ar- me ne se plaignit jamais , ni d'aucune défecdoise, et même des épingles. tuosité dans son audition , ni de ia plus légèi'e
Or, j'ai observé des cas dans lesquels l'ex- apparence de surdité, ti'action de ces corps étrangers a été accompa- Toutefois, dans les cas où la suppuration qui gnée de déchirure considérable de la mem- a déterminé la destruction de la membrane brane du tympan. continue: s'il se développe un fongus sur le
J'ai vu une fois la membi'ane du tympan périoste du tympan, ou s'il survient une exforompue, suivant une direction verticale , dans liation des os qui entrent dans la composition xine tentative que l'on fit pour extraire une du conduit auditif, el surtout si l'étricr a épingle qui avait accidentellement glissé dans été éliminé , alors la surdité devient très-conle conduit auditif. sidérable.
On peut voir facilement la membrane du Quand la membrane du tympan n'est détympan chez quelques personnes, en dirigeant truite que dans une seule oreille, la diminusur elle les rayons du soleil, ou la lumière tion de la faculté auditive y devient plus procondensée d'une lampe ordinaire. Mais il n'est noncée que si la membrane était détruite des pas toujours aussi facile de voir cette mem- deux côtés. Cette particularité, ainsi que je brane, car le conduit auditif présente, danssa l'ai établi dans mon piemier mémoire, déprofondeur et dans son diamètre, des différen- pend probablement de ce que l'oreille défecces considérables chez les divers individus. tueuse, étant plus paresseuse que l'autre, se
Lorsque l'oreille est complètement débar- trouve réduite à un état d'inaction. Cette conrassée de cérumen , la membrane présente un jecture semble être vérifiée par le fai t suivant, aspect brillant et aponévro tique. Une perforation de cette membrane y paraît comme une Observation 528% — M. G., négociant dans la tache noire, rendue parfaitement distincte par cité , perdit, à une époque avancée de la vie , la couleur argentée du reste de la mem- plus des deux tiers de la membrane du lymbrane. P'iQ> du côlé gauche. Comme il enlend^dt un
Quand il existe une ouverture, l'air insufflé peu mieux de l'oreille droite que delà gauche, avec forcé par les narines sort avec sifflement il avait l'habitude de se servir peu de cette par l'oreille. La fumée de tabac peut aussi pas- dernière, et il avait fini , à la longue , par se ser de la bouche à travers l'oreille , et de l'eau croire totalement sourd de ce côté. Mais dans peut êtreinjectée de l'oreille dans le gosier (1). le mois de décembre suivant , l'oreille droite Les effets produits sur le sens de l'ouïe par étant devenue sourde, et le malade étant par cet état défectueux de la membrane du tym- conséquent obligé de se servir de l'autre, il pan varient suivant les circonstances. S'il trouva que l'oreille gauche n'avait pas totale- . n'existe qu'une petite ouverture laissant sub- ment perdu la faculté d'entendre. Cependant sister le marteau et son insertion naturelle , il il pouvait faire passer l'air dé sa bouche à tran'y a aucun affaiblissement appréciable dans vers cette oreille, et lorsqu'il enfonçait son la puissance auditive de l'organe. La mem- doigt dans le conduit auditif, on entendait brane vibre et communique ses vibrations l'air qui sortait avec force ù travers les narines, comme à l'ordinaire. J'^i l'espoir que les considérations précé-
Si la membrane du tympan est détruite en dénies auront d'autre effet que de satisfaire totalité, et si les trois ou quatre petits os de seulement la curiosité, et qu'elles seront enfin la caisse sont sortis, la surdité est presque com- une source d'avantages réels. Elles m'ont conpj^tç^ duit à tenter, dans une des variétés de la sur-
Mais l'oreille, après un certain temps, com- dite, une opération qui , dans plusieurs cas , menée à recouvrer ses facultés auditives, et a été couronnée de succès, elle finit par les posséder de nouveau, seule- L'espèce de surdité dont je veux parler est ment, il est vrai, avec ce degré d'imperfection celle qui provient de l'obstruction de la tromque j'ai décrit dans mon premier mémoire, pe d'Eustachi, et l'opération consiste dans la dans le cas de M P perforation de la membrane du tympan.
Le fait suivant vient confirmer la vérité de Le tympan de l'oreille est formé à la manière ces assertions : ^l'»» tambour ; et, de même qu'un tambour
ne produit que très-peu de son , si lair n y a Observât ion ^21'. — M. Radfort, chirurgien pas accès par une ouverture placée sur un de à Kewinglon Bults , donnait en 1779 des soins ses côtés , de même , dans l'état normal de l'oà une femme atteinte d'un ulcère à la gorge, reille , la membrane du tympan ne peut p:«s lequel avait détruit une portion du palais, et fonctionner, si l'air n'a pas accès dans la caavait tellement compromis les amygdales etla vite de la caisse. L'air dont la présence est estrompe d'Euslachi que , dans la déglutition des sentielle S l'audition , passe par le pharynx , et
(ij On avait suppose anciennement qu'il existe une ouverture de communication naturelle entre l'oreille externe et le pharynx, à travers les membranes du tympan. C'est une opinion tout-à-fait dénuée de fondement.
traverse la trompe d'Eustachi ; de telle sorlc que la membrane du tympan osl en contact avec de l'air par ses deux faces; d'un côté avec celui qui est renferme dans le conduit auditif externe, de l'autre avec celui qui séjourne dans le tympan. Par conséquent, si la trompe d'Eustachi vient <'» s'oblitérer, l'air renfermé dans le tympan, ne pouvant céder, la membrane du tympan doit perdre la faculté de vibrer, et par suite, le son n'étant plus transmis aux parties intérieures de l'organe , la surdité est permanente.
Plusieurs causes peuvent déterminer l'oblitération de la trompe d'Eustachi.
1° 11 peut arrive!', d'abord, qu'un simple rhume, affectant les parties contigués à l'orifice de la trompe, suffise pour empêcher le passage de l'air dans la caisse du tympan. Toutefois, la surdité produite ainsi, n'est souvent que temporaire. Mais le retour fréquent d'un pareil état, peut dt terminer un engorgement permanent des tonsilles, qui, par la pression qu'elles exercent sur les trompes d'Eustachi , peuTent donner lieu à une surdité permanente.
Au mois de février dernier, j'ai va une personne qui, depuis l'année 1793, était atteinte d'une surdilé lejianl ù cette cause.
2° La fièvre scarlatine détermine des ulcères delà gorge qui, en se cicatrisant, oblitèrent souvent la trompe d'Eustachi, et produisent ainsi une surditi' permanente.
Comme cette fièvre survient particulièrement chez les jeunes sujets qui ne présentent que rarement un état morbide des nerfs de l'oreille, on peut chez eux conserver un espoir très-fondé de guérison, par l'emploi de l'opéralion ci-dessus mentionnée.
3° Les ulcères vénériens delà gorge déterminentsouvent aussi, en se cicatrisant, l'oblitération de la trompe d'Eustachi , et causent ainsi une surdité que rien ne peut faire cesser, hors l'opération que je propose.
û-J'ai vu un cas d'oblitération de la trompe d'Eustachi, par suite d'un épanchement de sang dans la cavité du tympan.
5° Enfin, j'ai observé un cas de rétrécissement de la trompe d'Eustachi, rétrécissement qui , bien que ne s'opposant pas complètement au passage de l'air, rendait ce passage très-difficile. Pour pouvoir s'entendre lui-même , le sujet qui présentait cette affection, était dans la nécessité de faire passer de force de l'air de sa bouche dans la cavité du tympan, afin que cet air refoulât la membrane du tympan vers le conduit auditif externe. Alors, en pressant doucement sur l'oreille , il faisait sortir une partie de l'air renfermé dans le tympan , et rendait parla, à la membrane, la faculté de vibrer. Après l'emploi de ce moyen, il éprouvait une aug uentation immédiate dans la faculté d'entendre.
Les circonstances précédemment énumérées sont les causes les plus ordinaires de l'oblitératiou de la trompe d'Eustachi, et je me crois aatorisé à penser, d'après l'expérience que j'ai
déj?i acquise sur ce sujet, que toutes les surdités de ce genre peuvent être guéries par la perforation de la membrane du tympan.
J'ai été conduit à citte opt-ration par les considérations suivantes : puisque , d'une part, une perforation de celte membrane ne s'oppose point à l'audition, et que, d'autre part, il suffit d'une petite ouverture pour donner un libre passage à l'air, soit pour pénétrer dans la caisse du tympan, soit pour en sortir, on doit pouvoir suppléer facilement à la trompe d'Enstachi en perforant la membrane du tympan qui , au moyen de cette ouvertuie, recouvrera l'exercice normal de ses fonctions.
Des occasions me furent promptement offertes de mettre celte opération en pratique, et d'établir, par cette voie , la rôalilé do mes conjectures. Parmi les exemples qui viennent à l'appui de ce que j'ai ava-xcé , les suivans m'ont paru les plus digues d'être rapportés.
Observation 529*. — Une fomrce, âgée d'environ 36 ans, me consulta dans le mois de décembre de 1 année dernière , pour une maladie dont son enfant était atteint. Dans l'entretien quej'eusavec elle, jela trouvai tellement sourde qne j'i'-pronvai les plus grandes difficultés âme faire entendre d'elk. Elle m'apprit que sa surdilé existait depuis 1793, et je m'assurai que cette infirmité dépendait d'une obstruction de la trompe d'Eustachi , causée par l'engorgement des amygdales, à la suite d'un rhuuie que celte femme avait contracté pendant l'hiver. La malade désirant vivement être guérie , je pratiquai immédiatement uae ponction à la membrane du tympan de l'oreille gauche, dont l'audition était la plus défectueuse. A peine l'opération était-elle achevée, qu'à ma grande satisfaction et à celle des parens de la malade, l'audition devint facile par cette oreille, sans que je prisse la moindre peine pour parler plus haut qu'à l'ordinaiie. Cette femme resta avec moi environ une demi-heure, et quand elle me quitta , elle pouvait entendre tout ce qui se disait sur le ton ordinaire de la conversation.
Observation 530°. — Ann Daley entra, dans mon service, à l'hôpital de Guy, le 21 janvier 1801. Elle était tellement sourde qu'on ne pouvait se faire entendre d'elle, si l'on ne s'approchait tout près de son oreille, quand on lui parlait. Cette surdité qui existait depuis six semaines avait succédé à des ulcérations de la gorge.
Le 25 janvier, quatre jours après son entrée à l'hôpital, je pratiquai la ponction de la membrane à l'oreille gauche. Avant l'opération, j'avais eu soin d'approcher une montre de l'oreille de cette femme qui n'avait pu en distinguer le tictac, que lorsque la montre était immédiatement appliquée contre sa tète. Ce mode d'exploration est le plus propre à faire reconnaître quels pourront être les résultats de l'opération. Après l'opération, je répétai cette expe*
MALADIES Bë L oreille.
sieurs reprises, et la ùialade put, avec l'oreille qui avait été' opérée, enteadre Irès-distinctemeat It; ticlac de la- inoulre, bieu qu'on tînt celle ci éloignée d'une distance de plusieurs pieds; tandis que de l'autre oreille, elle ne pouvait encore entendre le bruit de la montre que lorsque celle-ci était appliquée contre sa tête. SI. Stocker, attaché à l'hôpital, fut témoin des résultats de cette expérience.
Le "28 du même mois, je pi'atiquai la même opération sur l'oreille droite, en présence de plusieurs médecins qui constatèrent par euxmêmes la natui e de la cause qui avait produit la surdité et le degré d'intensité de celle-ci. On avait eu le soin de fermer l'oreiltequi avait été opérée la première. Aussitôt que la ponclion $ut faite, on eut recoirs à l'expérimeutatiou avec la montre, durit la malade put entendre le mouvement à la même distance qu'avec l'autre oreille. La malade nous entendait quand nous parlions sur le Ion ordinaire de la conversation, aussi distinctement que nous pouvions nous entendre nous-mêmes.
Pour m'assurer s'il était bien certain qu'elle entendît réellement le mouvement de la montre , je plaçai celle-ci à une distance considérable, et je demandai à la malade si elle l'entendait encore, elle me répondit : « Oui , parfaitement. » Alors, ayant arrêté la montre à l'insu de la malade, je lui fis de nouveau la même question. Après avoir écouté pendant quoique temps, elle me dit : « Je me suis sans doute trompée , car je ne l'entends pas. » Mais, je rétablis de nouveau le mouvement de la montre, et alors i;lle dit : « Je l'entends aussi distinctement que jamais. »
La malade a continué h entendre, et jamais sa surdité ne s'est reproduite.
La cause de cette surdité siégeait évidemment dans la gorge. La maladie n'avait pas duré assez long temps pour déterminer d'autres dérangemens dans l'état de l'oreille. Aussi , les bons résultats de l'opération eurentils lieu immédiatement, et furent-ils de nature à dissiper tous les doutes de l'obsei-vateur le pluh sceptique.
Observation 531'. — M. Round, de Colchester, consulta M. HailHe, pour son fi!s, John Piound, âgé de 17 ans, qui , depuis sa naissance , était atteint de surdité à un tel degré, qu'il était tout-ri-fait ijicapable «e se livrer à aucun travail. Le docteur Raillie s'élant assuré que cette surdité ne dépendait d'aucune altération des nerfs de l'ore lie, m'adressa le malade. Je leconnus que ce jeune homme avait de naissance une défectuosité de la goi'ge , par suite de laquelle il était incapable de souffler par le nez; que la trompe d'Enslachi ne s'ouvrait pas dans le pharynx, et que , par conséquent , le malade ne pouvait faire passer l'air de la bouche dans l'oreille. Toutefois, les nerfs auditifs étaient dans un état parfaitemtuit normal, car le sujet pouvait entendre le mouvement d'une montre placée ciitre ses dents ou appliquée tontre la partie latérale de sa tête. Jamais il
n'avait entendu de bourdonnement dans ou oreille.
En conséquence , je lui conseillai de se sou mettre à l'opération de la perforation du tympan, et il y consentit volontiers.
Dès que cette opération fut faite, un monde nouveau exista pour lui, et la confusion produite par la multitude des sons qui frappèrent immédiatement son oreille, le fit tomber sur sa chaise pres({ue dans un état de syncope. Il sortit de cet état au bout d'environ deux minutes , et trouvant que l'opération lui avait complètement rendu l'ouïe d'un côté, il demanda que la même opération fût pratiquée du côté opposé; ce qui fut fait aussitôt avec le même succès , sans que le jeune homme éprouvât les mimes sensations confuses qu'après la première opération.
Environ deux mois après l'opération, j'eus le plaisir de recevoir de lui, l'assurance qu'il n'avait éprouvé aucune rechute, que l'ouverture que j'avais faite n'avait entraîné aucun inconvénient, et qu'enfin l'audition continuait à être parfaite.
Observation 532*. — M. Brandon , d'Upper Claplou, m'amena, en janvier dernier, une personne qui, à la suite d'un coup sur la tête , avait eu des symptômes de commotion du cerveau , et avait rendu du sang par es deux oreilles. Les symptômes cérébraux causés par cet accident s'étaient promptement dissipés, mais la surdité qui avait eu lieu immédia, tement après l'accident peisista. Je débarrassai le conduit auditif du sang qui y était contenu, sans obtenir aucune amélioration. Soupçonnant alors qu'une certaine quantité de sang élaitrenfermé dans la caisse, et s'opposait ainsi aux vibrations de la membrane du tympan, je pratiquai, quelques jours après, la ponction de cette membrane.
En retirant l'instrument, je remarquai sur sa pointe un peu de sang noir, et ensuite toutes les fois que j'examinai l'oreille, je trouvai le même aspect de sang mêlé avec le cérumen. La sortie de ce sang mélangé se continua pendant une dixaine de jours après l'opération, espace de temps durant Icqlàel les fonctions auditives se rétablirent peu k peu.
J'ai observé des cas de surdité permanente produite par la même cause, et je regarde comme probable que du sang étant ainsi épanché, s'est organisé dans la caisse du tympan et a rempli cette cavité d'une manière permanente.
L'opération propre à guérir l'espèce de surdité qui vient d'être di crite, consisle à faire pénétrer dans l'oreille une canule de la grosseur d'une sonde ordinaire.et dans l'intérieur de laquelle se trouve un trocart ; on lai.-sela canule reposer sur la membrane du tympan et l'on enfonce le trocart à travers cette membrane.
Le trocard doit être ajusté de telle sorte qu'i 1 ne puisse pas dépasser l'extrémité de la canule de plus d'un huitième de pouce, sous peine d'atteindre la paroi opposée de la cavilc du
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tympan. Toutefois lorsque l'extrémité de l'iii- malade ne perçoit point le bourdonnement struraent viendrait à toucher le périoste da que je vais décrire ci-après, et qui est un des tympan , il n'en résulterait aucun iuconvé- syinpLômes de la surdité nerveuse, nient grave (1). l'^'S causes de la surdité sont cxtrémemoat
L'ouverture doit être pratiquée à la partie nombreuses. Parmi cellts quiu'affcctenlquele antérieure et iaférieure de la mciiibranc du conduit auditif, ou la membrane du tympan, tympan , au-dessous du manche du marteau , on la cavité de la caisse, ou la trompe d'Eustaqu'il faut bien se garder de léser dans l'opéra- chi, plusieurs laissent l'espoir qu'on puisse obtion; aussi est-il indispensable que l'opérateur tenir des chances de succès au moyen d'une en connaisse bien exactement la situation. opération.
Quoique la membrane du tympan soit riche Mais il y a une espèce de surdité qui , étant, en vaisseaux, cependant ceux-ci sont tillement de même que l'amaurose , l'effet d'une affecténus qu'ils ne fournissent qu'une très petite tion du nerf auditif, ne saurait être guérie par quantité de sang: en sorte que si l'opérai ion une opération pratiquée sur la membiane du est suivie d'un écoulement de sang un peu no- tympan. II serait aussi absurde d'attendre du table, c'est une preuve qu'elle n'a pas été faite soulagement d'un pareil moyen, que de supconvenablement. poser qu'on pourra, en faisant l'opération de
Lorsque l'oreille est d'ailleurs dans un état la cataracte, rendre la vue à une personne sain, cette opérât on s'accompagne de si peu affectée d'une maladie du nerf optique. Celte de douleur, qu'après qu'elle a été exécutée sur espèce de surdité est la plus fréquente de l'une des oreilles, le malade n'éprouve aucune toutes; elle sui-vient en général chez Les sujets répugnance à ce qu'on la pratique également âgés. Mais quelquefois on l'observe f» un âge peu sur l'a ;tre. La sensation qu'elle fait éprouver avancé , chez les personnes délicates et peu irest instantanée et n'est jamais suivie d'aucune ritablcs. J'ai vu des cas où elle avait été proconsf'-quence fâcheuse 2). duite par le chagrin et les angoisses de l'esprit.
Comme celte opération ne peut être suivie Elle s'établit ordinairement d'une manière de soulagement, que dans le cas où la surdité graduelle. Le malade entend mieux dans cer" reconnaît pour cause l'oblitération de la trompe taines circonstances que dans d'antres; un ciel d'Eustachi , il m'importe beaucoup qu'elle ne brumeux, une chambre chaude, une agitation soit pratiquée que dans des cas qui appartien- morale, la crainle, produisent chez lui une nent l'éellement à cette catégorie. Voici les si- diminution considérable dans la faculté d'engnes sur lesquels je m'appuie pour constater si tendre. A l'air libre, l'andilion se fait mieux ce conduit est perméable ou imperméable. que dans un endroit fermé; on observe encore 1° Si le malade, en poussant de l'air avec* qu'elle se fait mieux dans une réunion bruyante force dans les cavités nasales, perçoit dansl'o- qu'au milieu de personnes calmes: qu'elle est reille la sensation d'uue plénitude, d'une dis- plus faciledans une voilure en mouvement que tension, comme si la membrane était poussée dans l'immobilité. Le malade perçoit souvent de dedans en dehors, la trompe d'Eustachi est des batteraens dans l'oreille; i! entend un bruit béasite: car dans les cas où elle est oblitérée, qui ressemble tantôt au mugissement des vacette sensation n'existe jamais ; gués , tantôt au tintement de cloches éloignées.
2° La trompe d'Eustachi peut être oblitérée. Cette surdité commence ordinairement par bien que le mouvement d'une montre s'en- une diminution dans la sécrétion du cérumen, tende, lorsque celle ci est placée entre les dents ce que le malade aitribueà ce que sa tête a été ou pressée contre la partie latérale de la tête, exposée au froid. Celte diminution desécrétion Mais si, lorsque la montre est placée entre les persiste pendant toute la durée de la maladie, dents, le mouvement ne peut en être entendu. Au début, cette affection peut être guérie par l'opéi-ation ne saurait être suivie de succès, car l'application de stimulans capables de réveiller on peut avoir la certitude que la faculté andi- l'action des glandes cérumineuses; ces stitive est complètement éteinte ; mulans doivent être portés dans l'intérieur du
3° On doit s'inforoier si la surdité a suivi conduit auditif. S'ilsdéterminentde l'irrilation d'une manière immédiate quelque affection de sans donner lieu à la^eproduction du cérumoii, la gorge ; ils sont plus nuisibles qu'utiles. D'un autre côté,
3' Enfin , dans les cas où la surdité dépend quand le mal a été long-temps négligé et qu'on de l'oblitération de la trompe d'Eustachi , le lui a laissé faire des progrès considérables , je
(i) Depuis l'époque a laquelle sir A. Coopei- a puLlié ce Mémoire, les belles recherches de Jacohson et d'Arnold , en faisant connaître aux analomistes el aux chirurgiens, l'existence du plexus lympauique à la surface du promontoire, ne permet plus de considérer comme aussi inoffensivé l'action d'un instrument sur cette éminence osseuse, puisqu'inrfépendamment de l'os, il pourrait alteinJru des filets nerveux dont les fondions ne sont pas rigoureusement délerminées , mais qu'il convient en tout état de cause de ne pas déchirer. Ceci du reste n'établit pas de contre indication pour la perforation de la membrane du tympan qui doit seulement être faite avec plus de précaution que ne le conseille Sir A Cooper. I^Note des trad.)
(2) Lorsque l'oreille a été préalablement stimulée par des applications irritantes dau.s le conduit auditif, l'opération est accompagaée de douleur. Dans ces cas il faut attendre pour opérer que l'inflammation se soit dissipée.
•3®^ MALADIES BË l'OREILLE.
pense qu'où ne peut raisonnablement fonder quelques autres, mais les occupations nom" aucun espoir de guérison (1). breuses de ma clientelle m'ont empoché d'ac - Ilyn une autre espèce de surdité sur laquelle corder à ce sujet tout le temps que je crois je ne pense pas non plus qu'aucune opération qu'il mérite. J'ai toutefois la satisfaction de chirurgicale puisse exercer d'influence favo- penser que j'ai rendu à la société plusieurs rable.Cettesurditéconsistedausunealtération individus qui étaient auparavant presque inpathologique du liquide contenu dans l'inlé- capables d'en goûter les jouissances. J'ai aussi rieur du labyrinthe. La partie de l'oreille con- l'espoir que d'autres médecins, engaffés par cet nue sous le nom de labyrinthe est, dans l'état heureux résultat.à seconder mes faibles efforts, naturel, remplie d'un liquide sur lequel vient dirigeront leur attention sur un sujet qui est s'épanouir le nerf auditif, et qui , par ses on- d'une si haute importance et qui n'a été que dulations, transmet à ce nerf les impressions trop négligé par les pathologistes. Ce n'est extérieures qui arrivent au cerveau. Si, à la point, en effet, nne chose commune parmi les place de ce liquide, une substance solide se membres de notre profession , que la connaisforme dans les cavités labyrinthiques , l'audi- sance exacte de la structure de l'oreille et de tîon sera détruite, ou au moins considérable- 'a nature de ses maladies, ment diminuée. D'après les résultats de l'au- Un préjugé a prévalu, c'est que l'oreille est topsie qui va être décrite, on doit croire que "" organe trop délicat pour le soumettre à des cette altération est au moins une des causes de opérations. C'est ainsi que des milliers d'indila surdité, chez les sujets qui naissent avec ^idus, atteints de surdité, sont restés dans cet cette maladie et qui restent eu même temps •^''at jusqu'à la fin de leur vie, qui auraient pu muets, à moins qu'on ne les soumette à un recouvrer l'ouïe, si on leur avait donné à mode spécial d'éducation. temps des soins convenables.
M. Cline ayant, à la prière du docteur J'espère que ce préjugé ne survivra pas,
Walshman de Kennington , examiné la têle maintenant qu'il est démontré que l'organe ,
'd'un jeune homme sourd et muet de naissance, considéré comme l'agent le plus essentiel de
qui avRit succombé à nne affeclion fébrile, l'audition, c'est-à-dire la membrane du tym-
trouva les organes de l'audition parfaitement pan,peut être altéré par une maladie ou
bien conformés et dans unétat normal, à l'ex- rompu par une violence extérieure, sans que
ccpiion du vestibule, du limaçon et des canaux la faculté d'entendre soit perdue, et que ,
demi-circulaires qui, à la place du liquide même dans les cas où cette membrane est
qui (es remplit ordinairement, renfermaient entièrement détruite, il s'en trouve un aunne matière de consistance casécuse. Une^^re pour accomplir ses fonctions (tympanum
telle altération devait inévitablement pro- secundarium ) , la membrane de la fenêtre
duire la surdité ; car la substance qui tenait ronde, de telle sorte que les propriétés de l'or-
la place du liquide labyrinthique, n'étant pas gane sont en grande partie conservées,
susceptible de former des ondulations sous l'in- Rappelons encore, à titre de nouvel encou-
fluence des monvemens delà membrane des ragement, que l'opération décrite dans ce mé-
fenètres ronde et ovale, foute impression sur moire n'est accompagnée que de peu de dou-
le nerf auditif était complètement empêchée, leur, et ne peut avoir aucune suite dangereuse;
J'ai cru devoir faire connaître les variétés que ce moyen de traitement, alors même qu'on
de surdité dont je viens de parler, parce qu'on l'emploie dans des cas où il n'est pas couronné
pourrait les confondre avec celle qui recon- de succès, laisse aumalade, aussi bien qu'aupa-
naît pour cause une oblitération de la trompe ravanl, la possibilité de recevoir du soulage-
d'Eustachi; j'aurais peut-être pu en ajouter ment de tout autre mode de traitement.
(i) Plusieurs fois dans des cas de cette espwe, j'ai eu recours à l.i perforation de la membrane du tympan, et j en ai obtenu pour tout avantage la diminution du bourdonnement qui accompagne toujours celte espèce de surdite'.
MEMOIRE
SUR
LES TUMEURS ENKYSTEES.
I) existe diverses espèces de tumeurs enkystées, mais je Tais m'occuper maintenant de celles qui , situées immfîdiatement audessous des tégumens, se rencontrent avec une égale fréquence à la tèle, à la face et au dos , et quelquefois , mais moins souvent , dans d'autres parties du corps.
Ayant eu moi-môme, à la région du dos, une tumeur de celte nature, j'ai été porté à les étudier avec plus d'attenlioii qu'on ne le fait habituellement , et j'ai l'espoir do parvenir à faii'e connaître quelle est l'origine de ces tumeurs.
Les tumeurs enkystées sont généralement globuleuses. Quand elles sont situées sur la tête, elles sont habituellement très- fermes, tandis qu'à la face elles présentent une fluctuation plus ou moins obscure. La peau qui les recouvre est généralement exempte d'inflammation, mais elle est sillonnée çà et là par des vaisseaux sanguins qui sont plus volumineux que ceux des parties environnantes. Souvent, dans la première période de la maladie, on voit sur la peau, au centre de la tumeur, une tache noire ou de couleur foncée, qui , quelquefois, persiste pendant toute la durée de la maladie.
Eu général , ces tumeurs ne sont jamais accompagnées de douleurs; elles n'entraînent par elles-mêmes aucun danger, et leur extirpatioii n'est nécessaire qu'à cause des parties sur lesquelles elles se développent, et à cause de la difformité qu'elles produisent. Lorsqu'elles ne sont point enflammées, elles sont faciles à mouvoir dans le tissu cellulaire. Quant à leurs rapports avec la peau, cette membrane ne se meut pas facilement sur les tumeurs de ce genre.
Le cuir chevelu est, plus qu'aucune autre partie du corps, exposé à être le siège de ces tumeurs; e'ies sont encore fréquentes à la face, et il n'est pas rare d'en rencontrer à l'angle externe de l'œil. Ou en rencontre souvent aussi sur les épaules, principalement chez les hommes qui portent des crochets ou
chez les femmes qui ont à leurs corsets des épaulettes très-serrées. Quelquefois cf;s tumeurs se forment à la région du dos , et d'autres fois mais beaucoup moins souvent, sur les membres.
Le cas dans lequel j'ai observé le plus grand nombre de ces tumeurs chez un même individu, est celui d'un malade de M. Hall, de Dulwich. Cet homme avait sur la tôte seize de ces tumeurs, dont quelques unes qui iivaient le volume d'une noix, furent extraites par moi. J'en ai vu neuf sur un autre sujet. 11 n'est pas rare d'en trouver cinq ou six.
Le volume le plus considérable que j'aie vu acquérir à ces tumeurs est celui d'une noix ordinaire de coco. Le cas dans lequel j'ai observé ce volume , était celui d'un homme appelé I-ake , qui demeurait a Dartford, à la maison des Six-cloches. Cette tumeur avait son origine au sommet de la tête, et donnait à l'individu qui la porfait l'aspect le plusgiolesque, car lorsqu'il mettait son chapeau, celuici reposait sur la lumcuret pouvait à peine recouvrir la tète. Celte particularité rappellera longtemps aux liabitans du voisinage le souvenir de l'individu qui la présentait.
Le kyste est conservé dans la collection de l'hôpital Saint-Thom;is, avec un excellent plâtre de la tête , pris avant l'opération.
Ce malade a été parfaitement gut'ri par l'opération: je pense qu'il existe encoi'e; c'est là du moins ce que j'ai appris la dernière fois que j'ai demandé de ses nouvelles. Plusieurs années se sont écoulées depuis l'opération.
Chez un parent de M. Toulmin, de Hachney, j'ai vu un cas dans lequel une tumeur semblable, située au bras, avait acquis un volume considérable.
Mais, en général, ces tumeurs n'ont pas habituellement plus d'un à deux pouces.
Elles se transmettent jusqu'à un certain point par voie d'hérédité. Souvent j'ai entendu dire par des malades : «J'ai plusieurs tumeurs à la tête; mon père (ou ma mère) en avait également plusieurs. »
On voit aussi ces tumeurs se développer chez de la même substance sont formées à l'iuté-
plusieiirs personnes appartenant à une même rieur de cette pellicule etparaissent avoir été
famille. Le D' Pacifico nj'a rapporté le fait sécrétées à différentes époques du développe-
suivaiil. Il avait enlevé une de ces tumeurs sur ment du kyste.
un individu demeurant près de chez lui; quand La substance renfermée dans le sac présente
il eut terminé son opération , un aulrij mem- les caractères de l'albumine oculaire coagulée;
bre de la môme famille le pria de lui prati- mais elle varie beaucoup. Anciennement on
quer l'ablation d'vme tumeur semblable ; et donnait impropremtrut à ces tumeurs le nom
enfin, une troisième personne de la même d'athérômes ou de méliceris, suivant l'aspect
famille vint également réclamer le môme ser- de la mstière qui y était renfermée. Mais ces
^^f^f"- dénominations n'exprimaient que des états dif-
Lorsque ces kystes sont ouverts, il en sort f(5rens d'une substance qui est produite sous ordinairement une matière grumeleuse, ayant l'influence delà môme maladie, pne odeur aigre et qui, quelquefois , devient Quand on injecte les vaisseaux destinés à la insupportable, dans les cas où un travail s'est nutrition de ces kystes , on voit qu'ils sont trèsopéré dans la tumeur, sous l'influence de l'in- petits mais très-nombreuï. flammation. Quelquefois ces kystes renferment des che-
Lorsque ces tumeurs ont acquis un certain veux ; c'est ce qu'on observe quand ils existent
volume, il semble que l'organisme s'efforce d'en à la tempe ou près du sourcil ou dans d'autres
amener l'élimination. La peau qni les recouvre parties du corps recouvertes de poils. Ces poils
s'euflamme; la tumeur devient douloureuse; n'ont point de bulbe , ni de canal , et diffèrent
une ulcération lente s'établit, et la matière ca- par conséquent de ceux qui existent norma-
séeuse s'échappe, mélangée avec du pus. Quel- jement à la surface du corps (1).
quefois , l'ouverture se ferme ; mais souvent , Ceskvstes sont suscentihles de s'r elle reste fistuleuse et devient une source d'inconvéniens plus ou moins graves pour le malade.
Quelquefois, après avoir acquis leurs dimensions habituelles, qui s'élèvent k un ou deux pouces de diamètre, ces tumeurs décroissent subitement, puis elles recommencent à se gonfler jusqu'à ce qu'elles soient revenues à leur premier volume.
Quelquefois , au moment où l'on se peigne, une des dents du peigne s'engage dans la tumeur et y détermine une inflammation sup-
Ces kystes sont susceptibles de s'ossifier, ainsi que j'en ai vu un exemple.
On voit, dans certains cas, naître de ces kystes des excroissances cornées. J'en ai vu deux exemples, l'un dont la pièce anatomique se trouve dans notre musée et un autre dans lequel la tumeur fut enlevée à la région pubienne. Je dois la première de ces observations à mon ami le docteur Roots , qui m'a communiqué à ce sujet la lettre suivante.
Observation 533% communiquée par le docteur Roots, de Kingston.— « John Kennedy, jardinier,'
purative, qui, dans certains cas, eu amène la aperçut, pour la première fois en 1796, une tudisparition, tantôt temporaire, tantôt défini- meur qui naissait à la partie supérieure delà tive. tète, et qui fut enlevée avec l'instrument tran-
Quand on dissèque ces tumeurs, on voit chaut trois ans environ après son apparition,
qu'elles adhèrent à la peau ; mais non , à la Peu de temps après cette première opé-
vérité, avec une égale solidité dans tous les ration, il se développa sur la même partie
points ; dans la plus grande partie, elles n'ad- une substance cornée qui continua à s'accroî-
hèrent que par du tissu cellulaire. tre pendant les quatre années suivanles, au
Lorsque la peau est enlevée, on trouve le bout desquelles elle se détacha d'elle-même et
kyste easeyeli dans le tissu cellulaire, et s'é- tomba par terre dans un moment où Kennedy
tendant à des profondeurs variables, suivant ôtail son chapeau pour saluer des personnes
le volume auquel est arrivée la tumeur. qui sepromenaient dans son jardin. A cette épo-
Le kyste se compose d'une membrane dont que, la tumeur avait trois pouces de longueur,
l'épaisseur varie dans les diverses parties du Je remarquai avec plusieurs autres personnes,
corps. que la surface d'où elle s'était détachée était
Lorsqu'il siège h la face ou près de l'angle de parfaitement lisse et ne sécrétait aucune mal'œil, le kyste est tellement mince, que la près- tière de qiielque nature que ce soit, sion ia plus légère suffit pour le crever. Mais, Au bout de quelques mois , à partir de cette quand il est situé au dos , il a des parois beau- époque , une production nouvelle commença coup plus épaisses. C'est à la tête qu'il ac- à paraître présentant l'aspect d'une corne de quicrt sa plus grande densité; car dans cette bélier. Je la laissai croître durant sept anrégion il est tellement épais et résistant qu'il nées , suivant pas à pas ses progrès, et attenconserve sa forme môme après la sortie des dant qu'elle tombât d'elle-même lorsqu'elle matières qui y étaient contenues , et il est tel- serait arrivée à un degré convenable de lement élastique que , quand on le comprime, maturité ; car telle était la marche que la tuil reprend facilement son volume primitif. meur précédente avait suivie.
A l'intérieur du kyste est mie pellicule qui Mais en 1811, Kennedy, ayant beaucoup ;"i
adhère à sa surface interne. Plusieurs lames souffrir des inconvéniens qui naissaient de l'ac-
(i) Ce! kystes, cliezles moutons, renferment quelquefois delà laine.
eroissemeal de celte produclion, et devenant la tumeur de ce genre que je portais au dos. en quelque sorte la hHe cnrieusc dos ignorans Elle avait acquis un diamùtrc de deux pouces, villageois, je fus conduit, après vous avoir cl sicge.iit fi la partie infiiiieure des vertèbres rendu (.(-moin de ctlle affection, à mctîrc un dorsales. Je résolus de prier un de mes amis terme à la gêne du malade, non seulement par de n»'cn faire l'ablalion; mais, en l'examinant l'ablatiou de la corne, mais encore par la dis- au moyen de deux miroirs, j'aperçus au censection et l'excision d'une portion du kyste. Ire de la tumeur une petite tache noire: ayant afin de prévenir une formation nouvelle de piqué celte dernière , je retirai une cerlaine malièrc cornée. quantité de matière sébacée, surmontée d'mie
Après celte extirpation complète, il ne s'est tache noire, semblable ficelle qu'on observe plus reproduit aucune trace de la maladie; et sur la matière qu'on fait sortir des follicules il y a huit années quel-opération a été faite (1).. d" nez: j'exerçai alors sur la tumeur une Sir Everard Home a donné dans les Transac- compression, et, à travers 1 orifice corresponiions philosophiques (année 179i) , une excel- dant à la tache noire, je vidai la tumeur, lente description delà formati<ui de ces ex- d'où j'exprimai une quantité considérable de croissances cornées. Il a démontré clairement matiè.e sébacée. Tout cela se fitsan. douleur, qu'elles tirent leur origine d'un de ces kystes et ne fut suivi d'aucune inflammation: n.ais dont nous nous occupons h présent. P''" ^ peu la matière du kyste se renouvela .
Voici de quelle manière se développent ces Cependant , au moyen de pressions fiéquemexcroissances cornées: la corne commence à ment réitérées, je suis parvenu à le maintenir se former à la surface interne du kyste. Dans vide depuis plusieurs années, le commencement elle est molle; mais bientôt elle acquiert une dureté considérable. Oésemaiton 535% — J'ai été consultéparune Flexible d'abord , elle revêt , au bout de quel- dame pour une tumeur de ce genre qui siégeait ques semaines, les caractères delà corne, à l'épaule. Au centre de cette tumeur, existait Quelquefois, plusieurs de ces cornes naissent une petite tache n'oire à travers laquelle je à la fois sur la peau du crâne , chez un même parvins à exprimer la matière caséeuse renindividu. fermée dans le kyste. Ayant enlevé cette tu-
Quant au mode de formation de ces tu- meur avec la portion de peau qui la recouvrait, meurs, je pense qu'elles ont pour origine la je reconnus que l'ouverture était un follicule dilatation considérable d'un follicule cutané , conduisant dans la cavité d'une tumeur end«venu , par suite de l'oblitération de son ori- kystée. Cette cavité, qui renfermait de la maflee , incapable de rejeter au dehors le produit tière sébacée , éAait tapissée par une pellicule de sécrétion qu'il renferme. épidermique et offrait les caractères habituels
Un follicnle n'est, en effet, qu'un de ces des tumeurs enkystées. p«res glanduleux qui se trouvent en grand Souvent depuis cette époque, il m'est arrivé nombre à la surface de la peau, et principa- de rencontrer h la partie centrale de ces tulement à la face et au cf âne. meurs, un orifice folliculaire à travers le-
Au premier aspect, ces follicules semblent quel je pouvais introduire facilement l'exn'être que de simples pores à la surface de la tréinité d'une sonde et faire sortir immédiapeau; mais, en y introduisant une sonde très- lemeut la matière renfermée dans le kyste, fine, on reconnaît qu'ils s'étendent depuis la Dans la plupart des cas, cependant, le follicule peau jusqu'au tissu cellulaire placé au-dessous est complètement fermé, et présente seuled'elle. Ces follicules sou! des dépendances de ment une dépression dans le point corresponïa peau , et reçoivent, dans l'état naturel , un dant à son orifice quand on exerce une comprolongemeiit épidermique qui les tapisse, pression sur les côtés de la tumeur Quelque- Leur surface interne sécrète une matière se- fois même ce dernier caractère n'existe pas. bacée, qui lubréfîe etprolége la surface de la C'est de la manière suivante que débutent peau. Cette substance peut, par une compres- ces tumeurs enkystées.
sion exeicée sur les follicules de la peau du Un follicule s'oblitère danslepointoù il s'ounez, s'échapper sous la forme d'un vers, ayant vrait naturellement k la surface de la peau ; beaucoup plus de longueur que la peau n'a la sécrétion continuant à se faire dans sa cad'épaisseur, ce qui prouve que ces follicules vite, ses parois sont refoulées de dedans en débordent en profondeur la surface interne dehors dans le tissu cellulaire , tant que celuide la peau. ci se prête avec facilité à cette ampliation.
Cette rétention des produits sécrétés, donne
OéservafeonSSa". — La première circonstance lieu à une tumeur plus ou moinsTolumineuse,
qui m'ait conduit à penser que ces tumeurs suivant le degré de l'oblitération et la durée
enkystées ne sont autre chose que des follicules de la maladie.
dont l'oriflce est oblitéré ; c'est l'examen de Faut-il maintenant expliquer comment il est
(i) Une narration de ce fait a e'te donnée dans la cycloijedie nouvelle du docteur Rees, à l'article Excroissance cornée. On a rapporte' que chez ce même jardinier une production cornée s'était développée depuis l'époque de l'opération ci-dessus mentionnée. Ce document est complètement faux; cet homme esistait encore , sans- aucune trace de l'affection , huit années après l'opération, et 'a l'époque même où le docteur Roots refatait l'assertion émise dans la Cyclopédie. [Note des trad.)
tUMKURS .
possible que le follicule subisse une pareille dilatation? Je répondrai h cette difficulté en faisant remarquer que d'autres menabranes se prêtent à une ampliation qui est comparativement beaucoup plus considérable encore. Un ovaire qui , à l'étal sain , adineltait à peine deux draclimes d'eau dans sa membrane, peut acquérir assez de capacité pour contenir 97 chopines de liquide. Kous possédons , en effet, dans notre collection anatomique, un ovaire qui présente ce degré d'ampliation.
Les kystes , qui forment l'enveloppe de ces tumeurs, sont plus ou moins denses, suivant la nature du follicule dans l'intérieur duquel la matière s'accumule. A la tête, où la peau est très-dense, le kyste a beaucoup de densité: la peau du dos est aussi le siège de kystes d'une épaisseur considérable, tandis que ceux de la face sont très-minces.
L'épaisseur des kystes est aussi en rapport avec la durée de leur existence ; car la pression constante exercée sur leur tissu ne peut y développer qu'une iuflammation chronique, et l'on sait que le propre de cette inflammation est de déterminer l'épaississement des membranes.
Ces tumeurs reconnaissent pour cause une pression long temps soutenue, ainsi que cela s'observe pour celles qui se développent aux épaules où elles sont produites par l'action des bretelles. Je les ai reneontrées souvent sur le trajet circulaire de la compression exercée par le chapeau ; elles étaient probablement alors le résultat d'une oblitération déterminée par cette cause, à l'orifice d'un follicule
Mais le même effet peut encore être produit: 1° par suite d'une altération delà sécrétion, qui consiste en ce que la matière sécrétée n'a pas un degré d'humidité suffisant; 2° par l'épaississement du produit sécrété, et l'impossibilité où il se trouve, par suite, de franchir l'orifice du follicule.
J'ai vu l'orifice da follicule se dilater peu à peu sous l'influence d'une compression, et, après une dilatation plus considérable, donner issue à un corps noirâtre en forme de mamelon , suivi d'un prolongement vermiforme d'une longueur considérable, constitué par de la matière sébacée.
Pourquoi ces kystes ne contractent-ils pas d'inflammation, lorsque leur cavité est au contact de l'air?
Il faut noter que la cavité de ces kystes est une surface tégumentairo naturelle , puisqu'ils ne sont autre chose que des follicules qui s'ouvraient à la surface de la peau, qu'ils sont tapissés intérieurementpar un prolongement épidermique, et que leur surface enveloppante est constituée par la portion sécrétoire de la peau qui forme le follicule. Une ouverture faite à ces kystes n'a donc pour elTet que de rendre plus libre leur communication avec l'extérieur de la peau, et de mettre h découvert leur épidcrme, mais non une surface nouvelle. Ensuite le kyste continue à sécré-
ter tant qu'il reste une portion de sa surface tégumentaire, absolument comme faisait le follicule primitif.
Quant à leur diminution soudaine, elle a lieu , par suite de l'évacuation de la matière qu'ils renferment et qui s'échappe par l'orifice du follicule; mais cet orifice se fermant de nouveau, la tumeur se reproduit.
Le traitement de ces tumeurs repose sur les principes suivans :
Si le follicule ne se présente que comme une simple tache noire formée par de la matière sébacée endurcie, ou introduira une sonde dans sa cavité, et ou exprimera la substance qu'elle renferme; ce qui n'entraîne presqu'aucun inconvénient.
Mais il pourrait survenir de l'inflammation si l'on était obligé d'user de violence pour déterminer la sortie des matières contenues. En pareil cas , il faudrait pratiquer au kyste une ouverture plus grande , afin d'en opérer l'évacuation.
Observation 536».— Une parente de M. Toulmin portait au bras une tumeur enkystée. Comme elle était trop volumineuse pour qu'on en fît l'ablation, et que l'ouverture du follicule avait un diamètre considérable, je me décidai à tenter d'expulser par cette ouverture la matière contenue dans le kyste; mais cette matière se trouvant plus consistante que d'habitude, je pratiquai une large incision, et, de celte manière, j'évacuai eu grande partie la substance contenue dans le sac. Je donnai à la malade le conseil de recourir au même moyen.
Le procédé ordinairement adopte pour l'eitirpation de ces tumeurs , consiste à les disséquer à leur surface extérieuie. Mais la meilleure manière d'opérer est la suivante. Après avoir incisé la peau et le kyste, on exerce une double compression latérale, tant sur la peau qui recouvre le kyste que sur les côtés du kyste lui-même, dont on obtient ainsi l'énucléalion.
Si l'on veut extraire ces tumeurs en totalité, la dissection est beaucoup plus longue ; et » avant qu'elle ne soit achevée, le kyste est coupé ou se crôvo. On peut éviter une dissection aussi longue , et les douleurs qu'elle entraîne, en incisant largement le kyste et en le détachant de ses adhérences avec le tissu cellulaire ambiant au moyen d'une pince à dissection.
Quand c'est au cuir chevelu qu'on a à pratiquer l'ablation d'une tumeur de cette espèce, on doit faire une incision qui s'étende d'un côté à l'autre de la tumeur, en passant directement par sa partie centrale , et qui pénètre dans la substance enveloppée, qui, dans ce cas, est très-solide, et dont l'évacuation se fait sans que la forme de la tumeur soit détruite. Ensuite, on fixe un lenaculum dans le kyste , et eu le soulevant, on en opère l'extration avec la plus grande facilité.
L'opérali.on peut être faite en moins d'une minute , et presque sans douleur. Ensuite, les cheveux sqrI tressés ensemble , d'un côté à
TIIMEIIRS. 5j)3
l'autre de la tumeur, ol, clans cclOlat de rap- tumeur eu bloc. Il est maintenant n'connu
prochement de ses bords, la plaie est fermée que, dans les plaies de tc-te, quand l'aponc-
par le sang qui en fait adhérer les deux lèvres, vrose est contuse et enflammée, l'inflanima-
Unc compression sur les petits vaisseaux qui lion se propage souvent ?i la tétc et à la face,
ont été ouverts dans le cours de l'opération ^>uelqu(! insignifiante que puisse paraître la
suditpour arrêter l'écoulement du sang. plaie qui résulte de celte opération, on doit
Les tumeurs de ce genre les plus difficiles à cependant se tenir sur ses gardes quand on a
enlever sont celles qui siègent au grand angle e.Mevé une tumeur de cette espèce placée à la
de l'œil. Elles pénètrent dans l'orbite, et sou- tête, vent elles adhôreut au périoste. Il est alors
très-difficile d'alteindre It; fond delà cavité; Observation 531'. ~ Vno dame k qui on avait
cette opération est toujoui's hérissée de diin- pratiqué l'ablation d'un kyste du cuir chevelu
cultes, et très-douloureuse. prit un bain chaud trois jours après l'opéra-
L'ablation du kyste n'est pas complètement tinn ; immédiatement après sa sortie du bain
exempte de dapger. J'ai tu trois fois une vio- elle fut prise de frisson et d'une vive douleur
lente inflammation érysipélateuse succéder à de tête. Une inflammation érysipélateuse enva-
l'extirpation de kystes siégeant au cuir cheve- hit le crâne et la face; et, malf^ré les soins
lu. Je pense que cet accident était dû à ce que aussi prompts qu'habiles du docteur Baillie
l'aponévrose occipito frontale avait été blessée elle succomba à cette inflammation, pendant les tentatives fentes pour enlever la
SUR