‹ Œuvres chirurgicales complètesChapitre 29 sur 214 · I,U\'\TIONS · texte numérisé non relu

I,U\'\TIONS

pue (lu côté de l'aisselle , entre le pcti t rond et le bras, afin do niellre le hiccps dans le rolâcliele prie-scapulairo. Lo tendon de ce dernier ment. Le bras doit (Hn; tiré en dehors dans une muscle était rompu à son insertion à la petite direction moyenne entre le grand pectoral tubérosité de l'humérus , dont la tôle appuyait d'une part, et d'autre part le très-large du dos sur le plevus brachial et l'artère axillaire. et le grand rond.

Je cherchai à opérer la réduction: mais la Si cependant on déviait lantsoitpeu de cette résistance étant au-dessus de mes forces, je direction, il serait préférable de porter le bras voulus savoir d'où elle provenait. Je divisai en avant , afin de diminuer la résistance du donc tous les muscles l'un après l'autre ; je grand pectoral.

coupai le coraco-brachial; les grand et petit Ces dispositions anatomiques expliquent ronds , et le sous-épineux ; cependant la résis- pourquoU'on réduit quelquefois le bras avec tance demeura presque entièrement la même, facilité, peu de temps après la luxation, en Je crus alors que le deltoïde était la cause l'élevant brusquement au-dessus de la ligne principale de l'insuccès de mes tentatives, et horizontale, et en plaçant les doigts sous la tète je mis ce muscle dans le relâchement en éle- de l'humérus , de manière à la pousser vers la vant le bras ; mais je ne réussis pas davantage, cavité glénoïde ; les muscles qui luttent contre Je divisai encore ce muscle, et je vis alors que les efforts de réduction se trouvant ainsi placés le sur-épineux était le véritable obstacle à mes dans le relâchement, n'opposent plus aucune effoi-ts ; portant alors le bras directement en résistance.

haut , la tête de l'humérus glissa dans la cavité Quand la luxation est restée long-temps non glénoïde. réduite, on trouve la tête de l'humérus altérée

Les muscles deltoïde et sur-épineux sont dans sa forme ; sa partie correspondant au donc ceux qui s'opposent le plus puissamment scapulum est aplatie, et elle est entourée par aux efforts de réduction dans la luxation enbas. unligament capsulaire complet. La cavité glé-

II résulte de ces observations, que la direc- noïde est comblée par une matière fibreuse, tion la plus favorable à donner au membre , qui s'y organise sous l'influence d'un travail pour la réduction, est celle dans laquelle il jnflammatoirechronique; dans cette substance forme un angle droit avec le tronc, c'est-à-dire fibreuse se trouvent de petits fragmens osseux, qu'il faut faire l'extension horizontalement qui semblent de nouvelle formation , car ni le plutôt qu'obliquement en bas ; par ce moyen , scapulum ni l'humérus ne sont entaillés. Il se en effet, on met dans le relâchement les mus- forme sur le bord axillaire du scapulum , pour clés deltoïde , sur-épineux et sous-épineux , la tête de l'os luxé , une cavité qui offre une qui sont les principaux obstacles à la l'éduc- forme glénoïdale , comme celle d'où la tête de tion. Il faut fléchir légèrement l'avant-bras sur l'os a été chassée {!].

(l) Ce qu'on cl^erche en vain dans l'histoire des luialions de l'hume'rus , ce ne sont pas les me'thodes de traitement; les meilleures datent même de loin; ce sont surtout les descriptions anatomico-pathoiciques de cette luxation , descriptions dont le besoin se fait encore vivement sentir. Notre principal Jjut dans cette note, a donc été de suppléer en partie h celte lacune. La cause de cette rareté des dissections tient évidemment à ce que très-peu de malades succombent par suite de luxation de l'humérus ou avec une luxation de l'humérus non réduite. On trouve, il est vrai , un assez grand nombre de dissections fuites long-temps après la luxation • mais celles-là ne sont pas les plus instructives. En effet, le point le plus important à étudier dans les diss^i tions de ce genre , c'est la disposition des parties diins une luxation récente j et nous aurons occasion dans le cours de cette note d'exposer les raisons pour lesquelles l'anatomie pathologique des luxations anciennes offre peu d'inductions pratiques , comparativement à celle des luxations récente».

Cette disette de descriptions anatomiques a été sentie par ceux qui se sont livrés à l'étude un peu approfondie de cette luxation, et il en est plusieurs qui, pour y suppléer, ont eu recours à l'expérimentation directe, en produisant des luxations sur le cadavre, et en étudiant les résultats de ces luxations; mais ces dernières, tout en fournissant des données importante ne sauraient jamais suppléer aux luxations produites pendant la vie^, dans an état où les muscles peuvent se contracter, circonstance qui manque d'une manière absolue dans le cadavre.

Youlant exposer dans l'ordre de leur importance les faits d'anatomie pathologique que nous avons réunis, nous rapporterons d'abord les cas de luxations récentes , puis ceux de luxations anciennes, et enfin les résultais fournis par l'expérimentation sur le cadavre.

Observation A. , par M. Crampton. [London médical Gazette, t. 12, p; 24'") "*" Luxation récente de

l'humérus en bas. — En i8o8 , on apporta ^ l'infirmerie du comté de Dublin, un ouvrier qui était expirant.

Les personnes qui l'avaient apporte racontèrent qu'étant occupé !i creuser dans les fondations d'une maison,

. un pan de muraille était tombé sur lui et qu'il avait été trouvé la tête ensevelie sous les décombres. Le

blessé ne survécut pas plus de deux heures.

Autopsie dix-huit heures après la mort. — Indépendamment des lésions de la tête qui avaient causé la mort, on trouva l'humérus droit luxé dans l'aisselle. Le tissu cellulaire de cette région qui était largemenl ecchymose , formait une espèce de capsule embrassant étroitement la tète de l'buniérus qui était située sur le bord axillaire du scapulum ou plutôt sur son col, La tête de l'os , en s'échappant de la cavité articulaire

La luxation dans l'aisselle peut être produite est élevé au-dessus de la ligne horizontale , ce par une chute sur la main, loi'sque le membre qui porte la tête de l'os en bas;oupar une chute

avait refoule en bas le petit rond et traverse' la partie infc'iieure du muscle prœ-scapulaire , dont un certain nombre de fibres embrassaient étroitement le col de l'os, tandis que la niasse du muscle était repousse'e en haut et détacbe'e de la surface interne du scapulum. Le col de l'humérus étajt donc en partie embrassé parles fibres séparées du prse-scapulaire, tandis qu'une portion de sa tête appuyait sur le col et sur une partie de la face antérieure du scapulum sans l'interposition d'aucune fibre musculaire. La. courte portion du bicép.f et le coraco-brachial décrivaient une convexité en dehors et en avant sur le col de l'humérus , tandis que \^lon^ue portion du triceps croisait le col humerai obliquement en arrière. Cet étranglement de la tète da l'os devenait apparent quand on exerçait une traction sur l'avant-bras. Alors le biceps et le tricej^s »'appliquaient en arrière contre la tête de l'humérus et s'interposaient entre elle et la cavité glénoïde. Le tendon de la longue portion du biceps était resté dans sa coulisse, mais la gaîne dans laquelle il glisse était en partiç déchirée. Le ligament capsulaire était complètement séparé de la partie inférieure du col de l'humérus , dans plus delà moitié de sa circonférence. Les bprds de la déchirure formaient comme une crête sur la tête de l'humérus. Les nerfs et les vaisseaux du bras décrivaient une courbure en arrière par suite de la pression de la tète humérale qui était en contact avec eux. Mais les parties les plus maltraitées étaient les musclât sus-épineux, sous-épineux et petit rond. Les tendons de ces muscles avaient été complètement arrachés à-Q l'humérus, et avaient entraîné avec eux la surface de la grosse tubérosité.

Dans l'intention de reconnaître d'où viennent les obstacles qui s'opposent à la réduction de l'humérus, je fis maintenir solidement le scapulum; et, le bras étant élevé presque ^ angle droit avec le corps, je fis pratiquer lentement l'extension en tirant sur le poignet; je remarquai que tant que la main restait daus la supination la tête de l'humérus demeurait immobile ; la piùncipale résistance paraissait être due au rapprochement du biceps et du triceps derrière la têle de l'os. Les muscles qui s'insèrent à la surface postérieure de l'omoplate ayant perdu leur insertion à la grosse tubérosité, ne pouvaient évidemment apporter aucune résistance. Mais lorsqu'on eut placé la main dans la pronation et qu'on eut imprimé à tout k membre un mouvement de rotation en dedans, la tête de l'humérus glissa facilement dans sa cavité.

Observation B. — Luxation primitive de l'humérus en avant. {Ibid.) — James Wilson, âge d'environ 3o ans, tomba dans un four k chaux, tandis que la chaux brûlait encore : il en fut retiré au moyen de cordes; mais au moment où il atteignait le haut du pilier, la corde se rompit et il tomba de npuveau d'une hauteur de i5 pieds sur les pierres en ignition. A peine retiré du four il fut apporté ù l'hôpital Meatb, où M. M'Namara lui administra les soins que réclamait son état. Indépendamment de plusieurs lésions graves, l'humérus était luxé sous le muscle pectoral.

M. M'Namara réduisit tout seul la luxation en tirant doucement le bras en avant et en bas avec une main, tandis que de l'autre il poussait la tête de l'os vers la cavité glénoïde. Le malade succomba dans (a journée.

Autopsie huit heures après la mort, par M. M'Namara. — La luxation n'était accp.mpagi»e dp U rupture d'aucun muscle, ni de la séparation d'aucun des tendons qui s'insèrent 11 l'os. Elle fut reproduite par un léger effort, et Jes muscles pectoraux étsnt enlevés, on vit la tête de l'ps logée sur le col de i'omoplate, k la racine de l'apophyse coracoïde , mais très près de l'échancrure du bord supérieur de l'ooioplate. EU» avait passé \ travers une déchirure du ligamept capsulaire située aix-dessus du bord supérieur du tendon du prae-scapulaire , en détachant les connexions de ce muscle, qui dans cet endroit soqtpeu forte?, avec la surface interne du scapulum, et refoulant ses fibres en bas de manière à former une agse qui erabrassail le çpi de l'os Les muscles sous et sus-épineux étaient tendus, mais non déchirés. Le tissu cellulaire qui recouvre 1 s teiJdons était fortement ecchymose, de manière à dessiner leur trajet tris visiblement. Ow put voir A' linctemenl l'ouverture de la capsule, à travers laquelle la tête de l'os s'était échappée, lorsqu'on replaça dernière. Le ligament capsulaire e'tait arraché dans toute la lougueur du bord interne de la cavité glé-

-'i ' terne de la tète de l'humérus el éta'ient un peu déviés en dehors ; l'axe de la tête de l'os, daps 1^ "tion anormale de celle-ci , était !i peine élevé d'un quart de pouce au-dessus de l'axe central de Ja Mvitç glénoïde.

Oh ervation C PW Heorv Thomson [Médical obf. md Jnçuirics, t. 3, p. 34o). — heô décembre 1760,

William Roi»»'"»»» ^8é d'environ 5o ans, ayant été atteint, par le recul subit dune roue, fut apporté i

Vh' "lai de Londres. Je reconnus une luxation complète de l'épaule aux signes suivans : excavation copsi-

A' 1 le au-dessous de l'acromion ; coude un peu élevé, tourné en dehors et ne pouvant être ramené' au con.-

t c le Ironc ■ vers le milieu du bras , concavité manifeste en dehors ; en porl^nt le bras en haut et ea

1 nt les doicis dans l'aisselle, on y trouvait la tête de l'iiumérus logée y une hauteur çousidérable j après

a olr essayé en vain la réduction par divers procé.tés et entre autres par celui du talon, je renonçai k tou^

e moyen violent et je crus qu'il était prudent d'attendre que la douleur el les tiraillemeps produits

par ces efforts eussent disparu.

La malade qui était très indocile s'exposa au froid, fut prjs de toux violente , de fièvre , et mourut le a4

sur le coude, quand le bras est écaylé du chute dans laquelle l'épaule heui-le directetronc; maisla cause la plus fréquente, c'est une ment contre une surface inégale, et dans la-

du même mois, après dix-huit jours de séjour à l'hôpital. Autopsie : le muscle deltoïde était dans un état de tension et de tirailleiuent considérables ,ce qui donnait lieu à l'apparence de courbure qu'on avait remarque'e au milieu du bras. Cette tension du diilloide était causée parle déplacement de h tète de 1 humérus qui était considérablement écartée de sa position naturelle; le toraco-brachial était légèrement tendu, mais la courte portion du biceps était relâchée. La longue portion de ce dernier muscle décrivait une courbure tr^s prononcée , et se trouvant ainsi dans un état de tension et de distorsion violente, déterminait une fleiion insurmontable de l'avant-bras. Cette dernière circonstance démontre l'inconvenance de pratiquer l'extension sur L'avant-bras qui au contraire doit être mis dans la plu» grande flexion possible, afin d'opérer le rclàcbemeut de cette portion du bicjps, qui sans cela serait une cause d'obstacle à la réduction.

J'enlevai le deltoïde, le grand pectoral, le coraco-brachial , la courte portion du biceps, le grand dorsal et le grand rond à leur insertion à l'humérus et au scapulum; je mis ainsi à nu l'eipaasion ten lineuse des muscles sus et sous-épineux ; expansion qui s'épanouit ^ la partie antérieure du ligament capsulaire et qui semblait être dans un état de tension considérable; mais le ten.loa du petit rond uni aveclcs précédens était relâché lorsque le bras pendait le long du thorax. Au-dessous de cette aponévrose, on observa un corps irrégidier paraissant au toucher composé de plusieurs fragmens osseux , non adhérens entre eux, et qui s'étendait à environ deux pouces, de haut en bas, sur le corps de l'huinérus; il était mobile en dedans et en dehors» j'incisai transversalement la partie supérieure de l'apcaévrose, je coupai le ligament capsulaire \ son insertion à la partie supérieure du col de l'oniophte auquel il adhérait comme à l'ét-it normal et j'étendis mon incision en bas de cliaque côté de manière a comprendre entièrement celte misse os.seuse. En renversant le lambeiu , je découvris la tête du scapuluna ei la misse osseuse qui était composée de plusieurs fragmens mêlés avec une matière molle et uniek sa partie inférieure avec un'prolongement osseux qui naissait du corps de l'humérus ; le tout adhérait à lasurface interne de l'aponévrose. La partie supérieure du corps de l'humérus était fendue en plusieurs fragmens, mais il était alors impossible du savoir jusqu'où s'étendait cette fracture du côté de la tète de l'os. Le périoste était complètemenl déchiré jusqu'à un pouce au-dessous de cet endroit; ayant .réparé l'épaule du tronc, je reconnus que la tête de l'humérus |élait logée k la partie interne du col du scapulum, ti la racine de l'apophyse coracoïde entre les muscles prse-scapulaire le grand dentelé; les v?isseaux et les nerfs étaient situés à la pirtie interne et antérieure de l'Iiumérus et n'étaient nullement comprimés par elle. La tête de l'humérus était entourée pir le ti*su cellulaire, dont la surface, en contact avec la lête de l'humérus, était polie et donnait naissance Ji de nombreuses brides formant plusieurs cavités irrégulières qui renfermaient une petite quantité de liquide albuniineux rassemblant à de la synovie.

Le ligament capsulaire avait é-é complètement séparé de toute la circonférence du col de l'humérus où l'on ne retrouvait plus que quelques petits lambeaux indiquantle Il:u d'insertion. S.>n inseriion autour de la tête du scapulum était intacte: la membrane qui entourait la tête de l'humérus n'était qu'une capsule accidentelle formée aux dépens du tissu cellulaire que la pression delà tête de l'os avait moulée en une trame résistante; une veine considérable se ramifiait à sa surface interne. L'humérus lui-même avait éprouvé au, niveau de son col une perte de substance dans une étendue de deux pouces, et comprenant en largeur la portion d'os qui est située entre l'insertion du prfe-scapuljire et celle du petit-rond, de telle soi te que l'insertion humérale des tendons du sus et du sous-épineux avait été arrachée avec la portion d'os à laquelle ils s'insèrent. Les fibres tendineuses des muscles sus et sous-épineux se confondant avec le périoste qui avait été arraché du cpl et du corps de l'humérus, formaient la partie antérieure de la capsule à la surface interne de laquelle étaient retenues les esquilles dont il a été parlé. Les fibres tendineuses des muscles prœ-scapulaire et petit rond, étaient er: partie arrachées de leurs insertions aux lubérosités interne et externe de Uiumérus. La portion de ligament capsulaire située entre les tendons de ces deux muscles, s'étendait du bord delà cavité gléuoïde, à la partie externe et antérieure du col de l'humérus sur lequel elle était flottante. La partie du ligament qui ayajt été séparée de la partie antérieure du col de l'humérus adhérait à la surface interne de l'expansion tendineusî des muscles sus et sous-épineux. La partie interne du ligament capsulaire limitait une espèce de fente qui embrassait le col de l'humérus , et dont les lèvres étaient formées parles tendons du pree-scapulaire et du petit-rond. La portion inégale de l'humérus dans te lieu de sa perte de substance était en contact avec le pourtour extérieur et intérieur de la cavité glénoïde, et avec la portion externe du lambeau de capsule situé entre les deux tendons. Il s'éiait formé à sa surface des bour. geous charnus qui établissaient un commencement d'adhérence avec ces parties, et qui plus lard auraient déterminé l'ankylose. Dans l'intérieur de l'arliculalion, la synovie oflfrait sa viscosité naturelle.

Observation V , par Henry Thompson [Ibid). — Sur un cadirre livré aux dissections, je troui-ai une luxation de l'épaule droite. La tète de l'humérus étaif logée dans l'aisselle; lorsqu'on faisait agir le bras, la tète de l'os semblait se mouvoir dans une cavité située en dedans du scapulum. J'enlevai l'épaule sans examiner l'état des muscles ou du ligament capsulaire; le bord interne de la cavité glénoïde avait été fiacturéj il n'existait aucune trace du cartilage ; l'intérieur de l'articulation ne contenait qu'un peu d'humidité. La tête de l'humérus s'était lormé une nouvelle cavité à la partie interne du col du scapulum; en cet endroit le muscle prœ-scapulaire avait été décollé de la surface de l'os. Celle cavité, un peu plus large que la cavité glénoïde et de figure circulaire, était probablement le résultat d'une exsudation de matière osseuse, que la pression et les WOUTemeoj de la tête de l'bumérus avaient moulée en forme de cavité articulaire. La tète de l'humérus était

quelle la tête de l'humérus est poussée en bas, Lorsque l'humérus a été une fois luxé , il est dans un moment où les muscles ne sont pas très-exposé à se luxer de nouveau, sil'on ne préparés à la résistance. prend les plus grandes précautions après la ré-

un peu aplatie j elle offrait une petite surface polie dans les points où le frottement e'tait plus conside'rable dans les niouvemens du bras, qui n'e'taient possibles qu'en avant et en arrière. Le rebord interne de la cavité' "le'noïJe qui avait e'te' sc'pare' du corps de l'os avait disparu complètement. La cavité' de nouvelle formation s'etvndait du rebord de la cavité e'chancre'e jusque dans la fosse sous-scapulaire et avait une e'paisseur très conside'rable dans l'endroit de sa terminaison.

Les cinq observations qui vont suivre serviront utilement à l'histoire de l'anatomie pathologique de la luxation scapulo-humérale, lors même, ainsi que nous le croyons, que toutes ne se rapporteraient pas à de ve'rilables luxations de l'e'paule. Elles ont e'te' publiées par le docteur J. Gre'gory Smith , dans la London médical Gazette (i/J mai i834).

Observation E. — Le cadavre d'un homme apporte' pour les dissections, dans le mois de fe'vrier i832' , offrit les le'sions anatomiques suivantes : après avoir fait une section transversale à la partie moyenne du deltoïde pour le renverser , on remarqua que la bourse muqueuse "^itue'e au-dessous de ce muscle e'tait plus volumineuse qu'à l'e'tat normal ; ses parois étaient épaissies; elle communiquait avec la cavité de l'articulation scapulo-humérale par une ouverture large et irrégulicre. L'insertion du muscle prEe-scapulaire ^ la petite tubérosilé de l'humérus avait été détruite. Les muscles sur-épineux, sous-épineux et petit-rond avaient été également détachés de la grosse tubérosité. Le tendon de la longue portion du biceps avait été arraché de la partie supérieure de la cavité glénoïJe, et entièrement retiré de l'articulation; il avait contracté des adhérences solides avec le bord antérieur de la coulisse bicipitale. La tète de l'humérus était mobile dans toutes les directions sur la cavité; la cavité de l'articulation avait été considérablement accrue par la déchirure très large du ligament capsulaire ; elle renfermait le col et les deux tubérosités de l'humérus. L'épaississement de la capsule a la partie inférieure semblait indiquer qu'elle avait été également dccbirée en cet endroit au moment de la luxation. Une petite portion du bord externe delà cavité glénoïde avait été séparée par fracture; le fragment, ainsi que la surface inférieure de l'apophyse acromion et les tubérosités de l'humérus étaient en partie recouverts par des plaques d'une substance semblable a de l'émail oui de la porcelaine (enamel-Uke or porcelain sécrétion). De nombreuses brides de tissu fibreux traversaient la cavité de l'articulation en divers sens. Une fracture de l'extrémité humérale de la clavicule s'étendait jusque dans l'articulation de cet os avec l'acromion.

Celte observation nous offre sans doute un exemple des désordres qui peuvent suivre la luxation de l'humérus dans l'aisselle. Une particularité remarquable est l'arrachement du tendon de la longue portion du biceps. Sir A. Cooper considère celte dernière circonstance comme peu commune (Page 2 ). La lésion semble avoir été produite par un coup violent sur le sommet de l'épaule, qui aura causé en même temps la fracture de l'extrémité humérale de la clavicule.

Observation F. Mary B. , âgée de 3o ans , mourut phîhisique, et fut apportée à la salle de dissection ,

en novembre i832. L'articulation scapulo-humérale gauche offrit les lésions suivantes : la bourse muqueuse sous-iacente au muscle deltoïde communiquait avec l'intérieur de l'articulation par une ouverture large et irré^ulière • le tendon du prœ-scapulaire était en partie arraché de la petite tubérosité de l'humérus ; mais les insertions du sus-épineux, du sous-épineux et du petit-rond étaient intactes; le tendon de la longue portion du biceps était rompu; la portion supéiieure, longue d'un pouce et demi, était attachée à la •nartie supérieure de la cavité glénoïde , la portion inférieure s'était retirée de l'articulation et se trouvait solidement fixée aux lèvres de la coulisse bicipitale. Les bouts de la division du tendon étaient arrondis et polis- le fragment supérieur était très-apliti. De petites brides de tissu fibreux se trouvaient dans l'articulation mais on n'y observa aucune trace de sécrétion de la substance éburnée notée dans le cas précédent. Observation G. — Ann. D. , âgée de 38 ans, mourut le i" janvier i833. L'épaule droite présenta les lésions suivantes, qui furent notées par M. G. Knox. En enlevant le deltoïde, on découvrit la tête de l'humérus qui était plus volumineuse qu'à l'ordinaire. Le tendon du prae-scapulaire avait été en partie arraché de la petite tubérosité, et les muscles sur-épineux , sous-épineux ei petit-rond avaient été complètement détachés de la grosse tubérosité. Le tendon de la longue portion du biceps avait été également arraché de son insertion, et était devenu adhérent à la partie supérieure de la coulisse bicipitale. La surface inférieure de l'acromion était devenue plus compacte par suite du frottement de la tête de l'humérus, et était recouverte par une substance semblable h de l'émail Le ligament capsulaire paraissait extrêmement épais intérieurement, ce qui fît penser qu'il avait été déchiré au moment de la luxation, et qu'un épanchement de lymphe plastique en avait opéré la réunion.

Les lésions qui viennent d'être décrites étaient peut-être la suite d'une luxation dans l'aisselle ou dans la

fosse sous-épineuse. Il est a remarquer que tous les tendons avaient été arrachés de leurs points d'insertion.

Observation H. — Catherine S. , âgée de 56 ans, mourut en février i833; elle fut apportée à la salle

de dissection, avec cette note : mort subite. C'était une femme petite, vigoureuse et fortement musclée ; il

paraît que, jusqu'au moment de sa mort, elle s'était livrée avec activité à de rudes travaux.

Epaule droite. — La bourse muqueuse sous-deltoïdieune communiquait avec l'articulation par une ouverture u bords dentelés, de la largeur d'une demi-couionoe. L'insertion du prœ-scapulaire était détruite;

duction. Je me l'appelle avoir vu un charpen- tait fréquemment à l'hôpital de Guy, pour s tier qui, pendant plusieurs anmies, se présen- faire remettre le bras.

le tendon du sur-epineux était detaolie de la grosse tubc'rositc Immerale : les deux tendons s'c'laient codfoiidus avec le tissu de la capsule. Le tendon de la longue portion du biceps avait été arrache de la parlie supe'rieure de la cavité glénoïde, attiré hors du l'articulation , et s'éiailfixé solidement par un tissu ligamenteux aux lèvres de la coulisse bicipitale. Les tiibérosités de l'humérus offraient plusieurs petites ey.ostoses, recouvertes de substance éliurnée qui se trouvait en rapport avec une couche semblable déposée Ix la ïurface inférieure de l'aci-omion. L'acromion était fracturé h un pouce de son extrémité; il s'était formé en cet endroit une fausse articulation munie d'un cartil.ige et forlitîée par une capsule fibreuse. L'étal du biceps était très-remarquable ; le corp.i de la longue portion de ce muscle était extrêmement court, et sa courte portion , remarquablement développée, paraissait en grande parlie suppléer la première.

Observation J. — Epaule gauche. — La bourse muqueuse sous-deltoïdienne avait acquis une capacité anormale; ses parois étaient épaissies; ellecorarauniquait avec l'intérieur désarticulation. L'ouverture de communication avait été produite par l'arrachement incomplet du sur-épineux et du prfe-scapulaire dans leur insertion à l'humérus; l'extrémité des tendons de ces muscles se voyait dans l'intérieur du ligament capsulaire. La surface interne de ce ligament offrait un aspect fibreux et inégal, dû à la présence des tendons déchirés. La membrane synovislc présentait de petites productions villeuses, dues selon toute apparence, à de la lymphe organisée. Le tendon du biceps manquait dans sa partie intra-articulaire ; il dvait été rompu et divisé en plusieurs filamens qui étaient fixés à la partie supérieure de la coulisse bicipitale. 11 s'était développé de petites exostoses sur les tubérosités ; et les surfaces cartilagineuses de Ihumérus et du scapulum étaient couvertes ça et là de petites plaques de substance éburnée. L'apophyse acroraion avait été fracturée dans le même point que celle du côté opposé et il s'\ était formé une fausse articulation toute semblable.

Dans ce cas, il est probable que la tête de l'humérus, violemment poussée vers l'acromion, en aura opéré la fracture. On a dit que cet accident pouvait être cause par une chute du haut d'un escalier, les liras étant à moitié étendus, ou par toute vio'lence qui tendrait à porter puissamment en haut la tête de l'humérus. C'est un fait digne de remarque, que de voir la co-exislence des mêmes lésions dans les deux articulations. Elles semblent avoir été produites eu même temps des deux côtés, et avoir été également suivies des symptômes d'une inflammation intense , ainsi que l'indiquaient, et l'organisation des brides et la production de substance éburnée. Les mouvemens de l'acromion sur le scapulum étaient très-étendus ; les deux surfaces de la fracture étaient recouvertes par un cartilage.

Observation K. — Thomas K. , âgé de ^o ans, mourut en avril l834; il fut apporté de l'infirmerie d'Islington aux dissections, avec cette note : consomption.

Epaule droite, — La bourse muqueuse sous-deltoïdienne communiquait avec l'articulation par une ouverture irrégulière. Le tendon du prfe-scapulaire était entièrement détaché delà petite tubérosité; les fibres de ce muscle avaient été arrachées de la fosse prae-scapulaire, et formaient inférieurement une petite cavité tapissée par un tissu fibreux inégal, qni communiquait avec l'articulation. Le tendon du sur-épineux était détaché de la grosse tubérosité. Les muscles sous épineux et petit-rond avaient conservé leur insertion; mais il semblait qu'ils avaient dû être soumis à un alongement forcé. Le tendon de la longue portion du ticeps n'était point séparé de son insertion, mais il avait été chassé hors de la coulisse bicipitale, et flottait Ma partie interne de l'articulation. Il était aplati, et offrait des traces décompression; celle de ses faces qui correspondait à la tête de l'humérus était polie ; l'autre face présentait un faisceau de cordons brillans et comme argentés que l'on pouvait étaler sur le doigt de manière îi leur faire occuper une étendue d'un pouce en largeur. La coulisse bicipitale étaitpresque comblée par unesubstance fibreuse, disposée par bandelettes tendues transversalement. Le ligament capsulaire avait été fortement tiraillé, et permettait de porter facilement la tète de l'humérus sous l'apophyse coracoïde, contre le bord interne de la cavité glénoïde. Rien ne semblait annoncer que la capsule eut été déchirée en un autre point que celui qui a été indiqué , et par lequel 1 articulation communiquait avec la bourse muqueuse sous-deltoïdienne. On voyait autour des tubérosités de 1 humérus quelques concrétions qui étaient contenues dans l'articulation ; il y avait c'a et Ih de petites plaques de matière éburnée.

Observation L. — Epaule gauche. — La bourse sous-deltoïdienne était très-volumineuse ; sas parois étaient fort épaisses; mais elle ne communiquait point avec l'articulation, dont elle était séparée par une' couche épaisse de lymphe. Le ligament capsulaire était entier, mais très-grand, et plus épais qu'à l'ordinaire. La tête de l'humérus était très-mobile dans sa cavité, et pouvait être portée au-dessous du bord intérieur de la cavité glénoïde; le tendon du prœ-scapulaire était séparé de son point d'insertion ; ses fibres charnues étaient arrachées, dans une granda étendue, de la fosse prœ-scapulaire. Les tendons des muscles sur-épineux, sous-épineux et petit-rond avaient conservé leurs attaches; mais ils avaient dû être soumis à un tiraillement considérable; comme à l'autre épaule, le tendon delà longue portion du biceps était situé hors de la coulisse bicipitale, à la parlie interne et inférieure de l'articulation, et glissait sur une surlace polie appartenant à la petite tubérosité; une de ses faces était parfaitement polie et brillante , l'autre présentait un assemblage de fibres. Des brides fibreuses d'un blanc éclatant s'étendaient en grand nombre à travers la cavité delà capsule. La coulisse bicipitale était presque comblée par__un tissu de même nature; il s'y était même déposé de la matière osseuse.

La luxation est reproduite dans ces cas par déterminée la première fois. Je l'ai rue se des causes moins intenses que celle qui l'a renouveler en levant le châssis d'une fe-

Dans les deux observations qu'on vient de lire, les le'sions de l'épaule droite (observation K), semblent indiquer l'exislence antérieure d'une luxatiou sous le niuscle grand pecloral. Celles de l'éjiaule gauche , (observation L) , d'une I.ixation sous le grand pectoral ou d'une luxation dans l'aisselle.

On doit noter ici ce fait curieux du de'placemf ut du tendon du biceps. Les douleurs que les malades ressentent queli/uefois long-temps après la réduction d'une luxation de l'épaule no seraient elles pas dues à un déplacement semldable qui causerait la tension douloureuse du biceps et gênerait les mouvemens del'avant- Lras.

Rapprochons des faits qui précèdent les résultats qui ont été obtenus par expérimentation directe en produisant des luxations sur le cadavre.

Molhe , chirurgien de Lyon , s'est livré à des recherches de ce genre qui ont d'autant plus d'intérêt qu'elles l'ont conduit ^ une méthode de réduction dont nous aurons à discuter la valeur. « Lorsque j'eus lusé le bras, dil-il , et ensuite disséqué les mustlos qui le mouvaient sur l'épaule , et mis à découvert les liganiensqui le lient h l'omoplate, la luxation étant en bas, j'observai que lé muscle deltoïde, le sur-épineux et la portion supérieure du lignnient capsulaire étaient tendus. Quand la tête de l'humérus ét;iit dépl.icée en devant, mais peu élevée, ce qui était tendu étaiint les muscles sur-épineux, les portions moyenne et postérieure du delloïde, la lon!,ue lêlc du biceps, li portion supérieure et postérieure du ligament capsulaire ; et quand cette tèle de IhuniéruS était élevée, !a tension avait lieu dan^ les muscles pctil-rond, dans le sous-cpineux, le sous-scapiilaire , le grand-dorsal , le grand-rond et la portion postérieure du ligunent capsulaire. Quand la lète de l'humérus était déplacée en airière, les parties tendues étiient les muscles coraco-brachial, les portions moyenne et antérieurj du deltoïde , le grand pectoral , la longue tète du biceps et la portion supérieure et antérieure du ligament capiûltiire

Faisant titfs tentatives d'extension, le bras un peu élevé, j'aperçus que tout l'clFort portait sur la portion supérieure du lijianient capsulaire, sur les muscles deltoïde, sur-épineux et biceps. Si je rapprochais le bras davjntage du tronc ,1a tension de ces parties devenait plus forte; au lieu (;ue si je relevais le bras en faisant l'eitensiun, la résistance devenait nioinlre, au point que le bras r levé près de l,i tète, ou relevé dans une ligne pf rpendic ulaire en supposant le corps debout, alors avec le plus petit effort pour l'extension, la tête de l'huu.érus rentrait dans sa cavité sans éprouver nulle lésistance.» {Mélanges de C/iirurgie. Paris, 1812). Le même mode d'expérimeut lijon eiuployé par M. Malgaigne, lui a fourni l'occasion de faire quelques remarques importantes sur l'état des p.irties dans la luxation de l'épaule. Nous noiis bornerons h extraire celles de ct s remarqiies qui se rattrichen' à l'éta t de la capsule dans les luxations et au siège de la tête de l'os dans la luxation qu'on appelle coiuinunément /«xai/ore en bas.

«J'incisai, dii-il, les tendons qui environnent l'article, les ligamens coraco et acromio-huméraux et les deux tiers inférieurs de la capsule, et je poussai fortement la tête en bus Tout ce que j'ai jiu obtenir en ramenant l'humérus près du corps, néanmoins encore dans une légère abduction, c'est que la tèle reposât par sa partie moyenne sur le rebord glénoïdien inférieur, et moitié seulement de sa convexité faisait saillie hors de la cavité articulaire. Que ceci se rencontre ou non sur le vivant, jamais du moins , tant qu'il reste un lambeau ln.'act de la partie supérieure de la capsule, la tête ne touche lo bord axillaire de l'omoplate.

)) Je pense donc, et je me crois autorisé à le conclure des faits ci-dessus exposés, que dans toute luxation primitive où la capsule n'est qu'en partie déchirée, le col humerai repose toujours sur le bord glénoïdien, soit en avant, soit en arrièie, jamais en bas. {Journal des Progrès. i83o, t. 3.)

M. Malgaigne fait remarquer que la seule luxation dans laquelle la capsule puisse n'être pas déchirée, est celle qui aurait lieu sous l'apophyse coracoïde, et que toute autre espèce de déplacement entraîne nécessairement la déchirure de la capsule.

Les faits que nous venons de rapporter, ceux qui se trouvent consignés dans le texte de sir A. Cooper, ceux que nous avons observés nous-mêmes, d'autres enfin , qui existent dans la science et que nous ne reproduisons pas dans cette note déjà un peu longue, ne porteront toute leur utilité qu'autant qu'on en présentera dans un ordre systématique les résultats généraux. Tel est le but que nous nous sommes proposé dans le résumé qui suit. Nous serons encore guidés ici par la distinction que nous avons établie pour le classement des observations entre les luxations récentes et les luxations anciennes. Nous allons donc étudier d'abord les caractères anatomiques des luxations récentes.

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