IV. — Extension
Quelqu'importance qu'on attache aux autres parties de la réduction , on ne peut s'empêcher de reconnaif 1-e que le point fondamental, c'est l'extension ( au moins dans la plupart des méthodes ; car nous verrons plus Las, qu'il en est dans lesquelles l'extension est nulle ) ; aussi, devons-nous examiner minutieusement tous les détails de celte partie de la réduction. Nous passerons donc eu revue successivement : X° l'iitiitude du membre; 2° la direction qu'on lui donne; 3° le lieu où s'applique la force extensive ; 4° la nature de la force employée à l'extension.
i' attitude dumemhre. — Nous devons nous expliquer d'abord sur ce que nous entendons par attitude dumemlire: il s'agit seulement du rapport des diverses brisures du membre entr'elles : ainsi, l'avant-bras est-il fléchi sur le bras, est-il dans la pronatiou ou dans la supination? Remarquons d'abord, quant à la flexion ou à l'extension de l'avant-bras, que cette altitude est îubordonnée nécessairement au lieu sur lequel on applique la force extensive. Ainsi, il est évident que, quand celle-ci est appliquée au poignet, l'avant-bras ne peut être que dans l'extension ; quand , au contraire, la force est appliquée à la partie infélieure du bras, on peut fléchir l'avant-bras à un degré plus ou moins prononcé.
La demi-flexion de l'avant-bras est une condition très-favorable, en ce qu'elle ne place aucun des muscles du bras dans un état de tension trop forte : or, si on se rappelle que, dans la note sur l'jnatomie pathologique (page 83) , nous avons insisté d'après Henry Thompson, sur la manière dont l'extension de l'avant- Lras peut nuire aux manœuvres de réduction , en déterminant la raideur et la résistance du tendon du, Liceps, on sentira que l'attitude la plus favorable est celle de la flexion.
11 est facile de se convaincre, en examinant un malade atteint de luxation , des avantages de la demiflexion, îln effet, si l'on pousse très-loin la flesiou de l'avant-bras, on cause delà douleur, parce qu'on augmente la tension du triceps; si l'on veut étendre l'avant-bras lout-à-fait, on cause encore de la douleur par la tension forcée du biceps. Dans la flexion, le malade sent la douleur tout le long de la face postérieure du Jjrae, au lieu que dans l'extension la douleur existe le long de sa partie antérieure. Pott , quia si bien compris les avantages des positions demi- fléchies dans les fractures et dans les luxations , insiste sur l'utilité de la demi-flexion, qui a pour olijet de faire cesser la lésislance considérable qu'oppose la longue portion du biceps, quand l'avant-bras est dans l'extension,
G est pour concourir au même résultat qu'il convient de mettre l'avant-bras dans la p-onation , attitude qui tend à relâcher de plus en plus le biceps. D'ailleurs, l'avant-bras en pronalion constituant avec le Iras un levier beaucoup plus recliligne que lorsqu'il est dans la supination , c'est encore une circonstance qui favorise le jeu de l'extension (Malgaigne, loc. cit. ).
2° Direction. — La direction que l'on donne au membre est la circonstance qui influe de la manière la plus marquée sur l'état de tension ou de relâchement des muscles qui entourent immédiatement l'articulation ; muscles qui, d'après ce que l'anatoniie-pathologique de la luxation scapulo-humérale nous a démontré, sont les plus puissans olistacles à la réduction. Eu faisant parcourir au membre luxé toute l'étendue d'un demi-cercle , depuis la juxta-position au tronc , jusqu'il la juxta-position à la partie latérale de la tète , ou voit que les trois muscles sur-épineux, sous-épineux et petit-rond, qui constituent ces obstacles, sont placés successivement dans un état de relâchement de plus en plus prononcé. Sous ce rapport, la méthode de Mothe et celle du Withe ont une incontestable supériorité sur toutes les autres, et c'est sans doute & celte circonstance quest due la facilité surprenante avec laquelle on réduit, dans certains cas, la luxation de l'humérus par ces méthodes.
Si nous voulions ranger les autres méthodes d'après leur degré d'analogie avec celle de Mothe , nous placerions d'abord la méthode de sir A. Cooper, qui conseille de tirer le membre dans une direction telle que .ion axe soit un peu au-dessus de la ligne horizontale, le malade étant assis; puis le procédé de Belle- ■viUe, de Trenton , dans lequel le membre est tiré dans un sens perpendiculaire au tronc ; ensuite la méthode ordinaire, dans laquelle on tire en bas et en dehors; et enfin la méthode du talon , dans laquelle le membre est rapproché du tronc jusqu'au parallélisme.
Z' Lieu d'élection pour l'ajiplicallon de la force extensive, — La force extensive s'applique tantôt au poignet, tantôt au-dessus du coude; mais cette circonstance n'est en rapport nécessaire avec aucune méthode en particulier, car dans toutes, on peut à la rigueur appliquer cet e force à l'un ou h l'autre de ces points. Cependant, nous devons faire remarquer que, dans l'enjploi de la méthode ordinaire, on a beaucoup plus d'avantage à appliquer cette for<e au poignet, parce que, dans le mouvement qxi'exécutent les aides pour porter le membre en avant, <;i;lui-ci présente un levier plus favorable à l'exécution de ce mouvement.
que présente le bord supérieur de l'os ; la tête antérieure de l'os. La iéte de l'humcrus était de l'humérus ctromoplatese touchaicntimmé- siluéeau côté interne de l'apoptiyse coracoidc, diatement, le muscle prae-scapulaire étant dé- et immédiatement sous le bord de la clavicule, taché, en partie , dans ses insertions à la face sans avoir le moindre contact avec les côtes ,
Ce que nous avons dit h roccasion Je la flexion et de l'extension de l'avant-Jjras , met & mcme de juger pour tous les autres cas, la question du lieu ;iuquel doit être applique'e l'extension.
l\' Moj'en d'application. — Le moyen d'application est un lac ou une serviette longue, qu'on fixe sur les parties, tantôt en en croisant et en tordant les chefs, tantôt en ;ippliquant d'abord, sur le lieu où doit être fixe' le Inc, une bande mouille'e. Nous avons de'jà insiste' ailleurs sur 'es avantages qu'on trouve à mouiller ainsi les appareils qu'on applique sur la peau (Voy. note i, pag. ii.).
5° Nature de la force extensive. — Ce travail étant fait au point de vue do la pratique et non de l'histoire de la science, nous avons dû ne'gligcr celles des machines qui sont tombc'es en desue'tuJe.
Dans le plus grand nombre des cas, la force extensive consiste dans l'action musculaire du chirurgien ou des aides réduite à elle-même , ou du moins n'empruntant sa puissance que d'une altitu. le plus ou moins convenable, en un mot, de l'e'con oraie bien entendue de la force. Dans d'autres cas, la force extensive rc'side principalement dans l'emploi du moufle , et ce genre de force a sur le pre'ce'dent plusieurs avantages qui ne font point, i la vérité', une loi de l'employer indistincleraent pour fous les cas , mais qui le rendent inGniment pre'fe'rable pour certaines circonstances données. Les avantages de cette force sont : 1° de s'exercer d'une manière uniformément croissante ; 2* de comporter des momens d'arrêt qui fatiguent la résistance du malade , sans épuiser en rien la force extensive ; 3° de placer sous une dépendance immédiate du chirurgien , le degré d'intensité de la force ; ^'^ enfin, si l'on attache quelque importance à celte condition , de permettre à ce dernier d'évaluer l'intensité de la force au moyen de mesures déterminées (Dynamomètre de M. Sédillot).
On comprend que, dans les cas de luxations anciennes, où il faut vaincre la résistance plutôt par la continuité des efiorts que par leur violence , ce genre de force est de beaucoup préférable à l'action des aides,