LUXATION INCOMPLÈTE DE L'HUMERUS
Je crois que cet accident n'est pas très-rare ; l'humérus. — M. Brown , âgé de 50 ans , fit une il se reconnaît aux signes suivants : chute sur l'épaule de la hauteur de sa chaise.
Latùte de l'humérus est perlée en avant con- A l'examen de l'épaule, après l'accident, on re- Ire l'apophyse coracoide; il existe une dépres- marquaqueccUepartieavaitperdusarondeur, sion correspondant à la partie postérieure de et qu'il y avait une excavation au-dessous de l'articulation scapulo-humérale, et la moitié l'acromion ;la tète de l'humérus était projetée postérieure de la cavité glénoide peut être en avant et en dedans contre l'apophyse corasentie avec les doigts, à raison du déplacement coide ; le bras pouvait être porté en avant; en avant de la lêle de l'humérus. L'axe du bras mais son élévation directe était extrêmement est dévié en dedans et en avant; les mouve- difficile. En ramenant les épaules en arrière , ments du bras, dans l'abaissement, peuventen- je pai'vins à porter la tète de l'os dans la cavité core s'accomplir; mais son élévation est cm- glénoide ; mais elle glissa de nouveau en avant pêchée par la tête de l'humérus qui heui-te dès que l'extension eut cessé. contre l'apophyse coracoide ; la tète de cet os
forme , dans sa nouvelle situation, une tumeur Observation lOe^. — Luxation incomplète de manifeste qui obéit aux mouvements de rota- l'humérus en avant.— M.Bachulov, deSouthville, tion que l'on imprime au membre. âgé de 33 ans , tomba de dessus une chaise , le
12 novembre. Le malade croit que c'est l'é-
Observation 105°. — Luxation incomplète de paule qui porta. Quand il se releva, il ne pourras. Celui-ci, très-inclinë de haut ea bas et d'arrière en avant, croisait obliquertient la direction verticale du corps. En imprimant au membre de légers efforts de rotation, on les voyait se répeter dans la fosse souse'pineuse, et l'on sentait sous la main appuye'e sur la saillie indique'e, la lête de l'hume'rus qui jouait un neu sous les te'gumens, et laissait même entendre un bruit de frottement très distinct. Le bras, mesure du sommet de l'ole'crâne au bord externe de l'acromion e'tait d'un pouce plus long que celui du côtci opposé ; la distance du rachis au bord externe de l'épaule était diminuée j le membre, vu de colé, semblait dirigé en baut vers le dos, et en portant le coude en arrière on exagérait la dépression offerte par le grand pectoral et les faisceaux antérieurs deltoïtliens , qui étaient alongés et aplatis sur la cavité glénoïde; le sillon qui indique la limite de ces deux muscles était plus profond et plus marqué.
Les mouvemens de supination de la main étaient rendus impossibles par suite de la fixation d« l'humérus dans une forte rotation en dedans; le plus baut degré de supination du radius parvenait seulement à placer de champ la paume de la main , tandis que les mouvemens de pronation semblaient exa"érés. Tout le membre était amaigri, d'un tiers moins gros que celui du côté gauche, habituellement froid j le malade ne pouvait s'en servir; a peine pouvail-il tracer quelques mots, et il élevait difficilement la main jusqu'au menton.
Aucune circonstance ne paraissant contre-indiquer la réduction, M. Sédillot y procéda de la manière suivante :
Deux fois on essaya les moyens ordinaires de réduction, en confiant à des aides l'extension et la contreextension, et deux fois on échoua. Dans ces tentatives, la tête de l'humérus fut momentanément déplacée et portée en dehors déplus d'un demi-pouce.
Ces difficultés portèrent M. Sédillot à employer l'appareil suivant :
La première pièce servant à la contre-extension était destinée à soutenir et à fixer l'épaule. Le plein en était placé sous l'aisselle ; une des extrémités remontait de là sur la clavicule , passait sur le bord supérieur du scapulum , l'épine de cet os, et allait se réunir, en croisant ainsi l'épaule, à l'autre extrémité qui s'étendait horizontalement derrière le dos. Chacune de ces extrémités supportait un anneau traversé par un lien dont les bouts étaient assujétis d'une manière immobile à un crochet en fer scellé dans le mur.
Une seconde pièce d'une forme ovalaire et de huit pouces de longueur devait encore servir à assujétir l'acromion (bandage acromial). Le milieu ou plein devait être placé sur cette apophyse , les deux extrémités portées en avant et en arrière de l'épaule, étaient garnies d'anneaux. Les liens qui y étaient attachés passaient dans des poulies fixées au plancher, et permettaient l'emploi de toutes les forces nécessaires pour abaisser l'omoplate de haut en bas et un peu de dehors en dedans.
Une Ireisième pièce, ou brachiale, était destinée à l'extension (bracelet adapté à un luoufle} : une longue bande de flanelle fut roulée autour du membre depuis les doigts jusqu'au-dessus du coude, afin de prévenir l'engorgement. La pièce axilkire contenait l'épaule. Les deux anneaux scellés dans le mur pour soutenir les efforts extensifs et contre-extensifs n'étaient pas sur le même plan. L'anneau destiné i la contre-extension étant plus bas que l'autre (et que l'épaule) , la pièce placée sur l'épaule pressait obliquement de haut en bas sur l'acromion et sur le bord supérieur de l'omoplate, de manière à empêcher cet os de basculer.
Tout étant convenablement disposé, une saignée d'une livre et demie fut pratiquée au bras gauche sans aucun effet de syncope, et la traction commencée ; elle dura huit ou dix minutes; d'abord successive elle
Tait mouvoir son bras; maïs au bout de dix l'apophyse coi'acoïde , tandis que dans la luxaminutes, un spasme subit imprima à cemem- tion complète en avant, elle est portée contre tore des mouvemeiis indépcndans de la volonté le côté interne de ceite éminence. du malade. Il survint de l'inflammation ; l'é- Le seul cas d'autopsie que j'aie eu occasion paule se tuméfia ; de la douleur se manifesta le de voir, après un accident de cette nature , est long du bras jusqu'aux doigts, suivant le trajet le suivant : du uèrf cubital. En examinant son bras le soir
du inème jour, le inalade remarqua que l'hu- Observation 107% recueillie par M. Patey. — mérus paraissait porté en avant. Deux mois Laoéatioii incoinplèie de r hdmér us , trouvée sur après l'accident, la maiii était engourdie, un cadavre apporté poui^ tes dissections A l'hôpital L'insertion du biceps à l'avant-bi-as était jé Saint-Thbmds,vèrèlafindelSl^.—AVèxâiii&ïi siège d'une douleur si vive, que souvent lé ducadaVi-e, on trôtivalateie de l'hurnërusgàùmalade était obligé de se lever deux fois pèn- ché luxée; Si on cherchait à placer le dant la nuit pouf baigner sa main dans de bras à angle droit avec le tronc , ou ne poixl'cautiède. On voyait une saillie correspondant tait lui faire faire que la moitié du trajet, àl'acromion, et nue excavation au-dessous de A la dissection, on constata les dispositions la voûte acromieune. La tète de l'humérus ap- suivantes: Les tendons des muscles qui ëiipuyailcontierapophysécoracoïdëetâu-dessous lourenl l'afticulalion n'étaient point déàÉiide cette éminence. L'extrémité scapulaire dé fés. Le ligament capsulaire était attaché à la clavicule correspondait au milieu de la l'apophyse éôracoïde. Quand on ouvrit Ce ligàtéte de l'humérus. Le musclebiceps se trouvait ment, orï (roûva que la tête de l'hùméruà était dans le relâchement et était raccourci. On située soi^is l'apophyse cÔracolde, qui fôirmaït sentait, mais avec peine, l'apophyse coracoïde la partie supérieure de la nouvelle cavité glêau-dessus et au côté interne de là tète de l'hu- noïde. La tète de l'os paraissait avoir été jetée mérus. sur la partie antérieure du col de l'omoplate,
Les principes sur lesquels le traitement doit qui était excavée , et formait Ja portion infé-
être fondé dans les cas de ce genre, sont les rieure de la cavité glénoïde. La tête de l'hu-
suivans : contre-balancer l'action du grand mérus était ii-ès-altérée dans sa forme; elle était
pectoral par un bandage à clavicule (voyez devenue irrégulièrement ovoïde, ayantsori plus
pag. 72) , en ayant soin de faire passer une large long diamètre de haut en bas.ïl iie restait de la
courroie sur la tète de l'humérus; porter le cavité glénoïde primitive qu'une petite portion
coude en avant, alïn de maintenir en arrière dont la surface était devenue très-inégale par
la tète de l'os luxé. suite de la déposition d'une substance cat-
Celteluxation diffère de laluxatioh en avant tilagineuse. Il y availaussi plusieurs fragnièns
sous le muscle pectoral, en ce que Ja tôte de d'une substance çai'tilagineusè sur la tété de
l'humérus repose contre la face inférieure de rhamérus,etdané la cavité glénoïde de hotrtèllë
fut ensuite renilue pennuneiite d'intervalle en intervalle. Le malade se plaignait violemment : il accusait de vives doideurs au coude, et demandait qu'on suspendît l'o|jeration , cependant nous apercevions la tète de riiume'rus s'approcher peu à peu du boid eslerne de l'acromion , sans craquement, sans secousse, sans que la peau de l'aisselle et du Lras fiit tendue outre mesure. Lorsque la tète de l'hume'rus eut dépasse' le bord externe de l'acromioa , et qu'elle fut par conséquent au-delà du niveau de la cavité' gle'noïde , j'essayai avec la main, puis avec le genou de la repoiusser sous l'acromion , en même temps que je portais le coude ea arrière et que j'imprimais au bras quelques mouvemeasde rolaliun; mais ces efforts restaient sans succès. Je fis alors appliquer le plein du Landage acromial, reste sans emploi , sur la face postérieure et supérieure du bras ; quatre aides en saisirent les cordes et tirèrent vigoureusement en avant, tandis que je tirais les cordes en arrière, dans une direction absolument oppose'e, j)uis, confiant cet effort à un aide, je pfiçaî moa avant-bras gauche sous l'aisselle et je fis desserrer lentement lé moufle au fur et h mesure que j'abaissais le coude. En combinant ces deux mouvemens de hascale sur la lète de l'buniérus, l'un qui tendait h la pousser en avant , et l'autre î\ la faire saillir en deb<ii-s , nous eûmes la salisfaclion de voir la lète de l'os s'engager sous l'acromion , s'f loger tout entière, et le moignon dé l'e'paule se reformer ; cessattt alors lout-à-fâit l'eilension du motifle, le coude fut rapproche' du corps et la liïiation se trouva re'duitè.
Toute saillie à la face postérieure du scapulum avait dispardj le rhoignon de l'e'paule e'tait arrondi et fcfôvme' en avant. Le sommet dé l'apophyse corrfcoïilè était enfonce et profond sous les te'gUraenS. Les doigts, p'orles au-dessous de l'acromion, rencontraient la lèle liume'ralê occupant de nouveau la cavité. Quelques njôuvémens furent éiecules avec pre'cautiori , et la main, qui pouvait !i peine s'élever jusqu'au menton, avant l'opération, fut portée derrière le cou on passant au-dessus de la tète.
On pkç.i un coussin dins l'aisselle; des compresses graduées remplirent la fosse sousepineuse. Le coude fut porte en haut et en arriéré au moyen d'un bandage en 8 de chiffres terhiine' par des circulaires autour do la poitrine. Une c'chnrpe fixe'e par des points de suture compléta l'appareil, et le malade retourna chez lui sans éprouver de douleur ni de faiblese.
L'appareil fùf renouvelé et re'applii|ue' tous les deux jours , après quelques embrocnfîons chaudes sur le membre. La tète de l'hume'rus avait un peu dé tendance à se repoiter en arrière ; elle faisiît entendre un l^ger bruit de choc dans ses niouyerrteni en avant, et il seiAblait ûëcessai'rc de la fixer dans de sens.
(iVb/e dès trad.)
tUXATlÔN.^. il!
forttiaHôn. A la t)'aiti('ëUi5!'l"'ïè6'f'êfet postérieure que Ja ïtixatlôrî ch âvâfjt. La partie antérieure
de l'articulation , on trouva tih large fragment du ligament est déchirée, ce qui permet à la
flu cartilage qui pendait dans la cavilé articu- tôle de l'huméfus de s'échapper en avant vers
laire,etqui était réuni en haut sculcrnont îi l'apophyse coracoï(^e.
ia fiiembrahe synoviale, par doux oit l fui s Lémode dé réduction peut être le WCme que
petits prolttrigcmén.'? membrriheui. Il paraît pour Ja luxation en avarit; mais il est néces-
^iiC le tchddn de Id longue portion du hiccps siùrè de tiic/- leè épàuleS en ah'ière, afin de
àiitilt été rom^U t^rés de son attache ;"! la partie pôrftir Id tète de l'humérus vers la cavilé glé-
Supérietiré de la cavité glénoldc,car en cet noïdc. Aus'sitôt que la réduction' est obtenue,
endroit le tendon é'tait IrèS-pélit, et semblait on doit iriaîntenir les épaulés au Moyen d'un
être de nouvelle formation. bandage à clavicule, sous peine de voirla luxa-
Cette luxation reconnaît les mêméè bâftséS tion se reproduire.