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LUXATIONS COMPLIQUÉES DE L'HUMÉRUS

Une violence extérieure très-considérable Obsei'vation 10Q\ communiquée par Rf. Dixon.

peut quelquefois faire sortir la tète de l'humé- Luxation compliquée de l'humérus en avant. -—

rus à ti-avers les tégnmeus, en pi-oduisant la «Robert Price,agé de 55 ans. étant dans un état

luxation en avant. d'ivresse, tomba sur l'épaule. A l'examen du

(î) ^U travers de l'os (ihrougli the tone) , telle est la traduction littérale de la phrase de Sir A. Cooper, Veut-il dire que le tendon, recouvert par la matière osseuse épanchée par suite de la fracture , aurait e'té enveloppé dans ua canal osseux: complet? (Wote des trad.)

malade, je reconnus que la tête de l'humérus avait traversé les tégumens de l'aisselle, et reposait sur le muscle grand pectoral du côté droit {l).La réduction fut facile, parce qu'elle fut tentée dans l'état de stupeur et d'insensibilité où se trouvait le malade. On employa le procédé ordinaire d'extension et de contreextension. Le malade fut mis au lit, on fit usage de lotions évaporantes. Le lendemain , douleur et tension considérables (Saignée; purgatif: large cataplasme sur l'épaule; potions calmantes.)

Pendant les dix ou quinze premiers jours, on fit de fréquentes applications de sangsues dans le voisinage de l'articulation ; au bout de ce temps, il sortit une grande quantité de pus par la plaie de l'aisselle ; le malade commença à maigrir; fièvre, insomnie. Au bout de dix ou douze semaines , la suppuration diminua un peu. De petits abcès, situés dans le tissu cellulaire qui entoure l'articulation, se succédèrent pendant plusieurs mois , et compliquèrent la marche de la maladie. Il en résulta des trajets flstuleux qui durent être largement ouverts. La suppuration ne cessa qu'au bout d'un an. La plaie se cicatrisa , mais il y eut anky-

lose. La guéi'lsoa était complète quatorze mois après l'accident ; à cette époque, le malade se servait trèg-facilement de son avant-bras pour écrire. »

Dans des cas de cette espèce, il conviendrait de procéder immédiament à la réduction par le procédé que j'ai conseillé pour la luxation en avant. En général, plus la violence a été considérable , plus la réduction est facile, à cause de l'affaissement général que doit produire une secousse assez forte pour amener cet accident.

Quand l'os est replacé , il faut appliquer sur la plaie, de la charpie imbibée de sang ; ou, si la plaie est large, il faut faire une suture, et appliquer ensuite ce topique. Le rapprochement des bords de la plaie est maintenu par des agglutiriatifs ; le bras est tenu appliqué contre le tronc par une bande placée autour du corps , de manière à empêcher le plus léger mouvement.

Par ce traitement, on peut prévenir l'inflammation suppurative , et la guérison peut être obtenue sans souffrances prolongées pour le malade , et sans danger pour sa vie.

(l) On s'explique difficilement comment la sortie de la tête de riiumérus i travers les te'gumens de l'aisselle, a pu être le rc'sultat d'une chute sur l'e'paule. II est donc Si regretter que M. Dixoa n'ait pas donné des détails plus circoostancie's sur le genre de cause qui a produit la luxation. [Note des tratl.)

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