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LUXATION DU RADIUS EN AYANT

Le radius peut être séparé du cuhitus, dé J'ai vu six exemples de cette luxation. Ses

manière à ce que sa tête soit portée dans l'ex- symptômes sont les suivans : L'avant-bras est

cavation située au-dessus du coudyle externe légèremeut fléchi , mais il ne peut être Qt'chi à

de l'humérus, position dans laquelle elle ré- angle droit avec le bras , ni étendu compléte-

pond à l'apophyse coronoïde du cubitus. meut. Dans un mouvement brusque deflesion

de l'avant-bras sur le bras, la tète du radius heurte contre la partie antérieure de l'humérus , et détermine un choc facilement appréciable pour le chirurgien. La main est dans une pronation presque complète ; mais , ni la pronation ni la supination ne peuvent être opérées parfaitement. On peut, en portant le pouce à la partie antérieure et supérieure de l'articulation du coude, sentir la tète de l'os luxé.Cette éminence osseuse obéit aux mouvemens de rotation imprimés à la main. Cette dernière circonstance, et le choc dont il vient d'être parlé, sont les signes les plus caractéristiques de cette luxation.

Si l'on dissèque une luxation de ce genre, on trouve que la tète du radius repose daus l'excavation située au-dessus du condyle externe de l'humérus; le cubitus est dans sa position naturelle. Le ligament aunulaire du radius , le ligament oblique et la pai'tie antérieure de la capsule sont rompus. Une poition du ligament inlerosseux est également déchirée, et c'est ce qui permet la séparation des deux os. Le muscle biceps est raccourci.

Cette luxation reconnaît pour cause une chute sur la main, l'avant-bras étant dans l'extension; le radius recevaut tout le poids du corps , est poussé en haut et déplacé de la manière déjà indiquée.

Observation 112°. — Je l'ai observée pour la première fois, chez une femme qui était placée dans le service de M. Cline, à l'hôpital Saint- Thomas. Les tentatives de réduction les plus variées furent impuissantes, et cette femme sortit de l'hôpital avec sa luxation.

Observation 113'.— Le sujet de cette observation était un jeune garçon; je soutins l'extension et la variai de plusieurs manièies pendant cinq quarts d'heure sans succès.

Observation 114°.— Le troisième cas se présenta chez un coififeui-,qui, étant ivre, se luxalei'adius; il ue vintme consulter que le lendemain matin. Pendant que j'examinais le membre, le malade eut une syncope et tomba sur le plancher. Je profitai de cette circonstance favorable pour tenter la réduction, que j'effectuai, pendant qu'il était encore étendu par terre. Pour cela , j'appuyai l'oléci-àne sur mon pied, pour empêcher le cubitus de fuir, pendant que je mettais l'avant bras dans l'extension.

Observation 115=. —Dans le quatrième cas, je parvins à réduire de la manière suivante : le malade fut placé sur un sofa , sur le dossier duquel le bras fut fléchi; alors, l'humérus étant ainsi retenu par le sofa, je fis l'extension de la ma in, en faisant en sorte de ne point agir sur le cubitus. Le radius glissa en quelques minutes dans sa place.

Observation 116%— Dans le cinquième cas, la réduction ii'avait pas été obtenue, et la pièce anatomique est conservée dans la collection de l'hôpital Saint-Thomas.

Observation 117'. — Enfin le sixième cas m'a été offert par un homme tenantunrang distingué au barreau, et chez lequel la réduction n'avait pas été effectuée.

D'après des essais faits sur le cadavre, je suis convaincu que le meilleur mode d'extension est celui qui consiste à agir sur la main de manière à ce que l'extension, ue s'exerçantpas sur le cubitus, porte exclusivement sur le radius. Il convient aussi de mettre préalablement la main dans la supination, afin d'écarter la tête du radius de la partie supérieure de l'apophyse coronoïde. Il faut alors exercer l'extension sur l'avant-bras, en saisissant la main pendant que l'humérus est solidement fixé.

ObservationllS', communiquée par M. Tyrrell. — Un matelot, ûgé d'environ 30 ans, s'était présenté à l'hôpital St-Thomaspour une luxation du radius eu avant, existant depuis six ou sept mois. On pouvait sentir très-distinctement la tête du i-adius à la partie antérieure de l'humérus , siu'tout quaudle membre était fléchi aussi loin que pouvait le permettre la luxation, et quand la main était fortement fléchie sur l'avant-bras. L'avant-bras était dans une demi-supination , et, quand l'humérus était fixé, la main ne pouvait être placée complètement ni dans la supination, ni dans la pronation. Dans les essais pour fléchir l'avant-bras, on sentait le choc produit par la tête du radius heurtant contre l'humérus. Par suite des mouvemens continuels qui lui avaient été imprimés depuis l'accident , le membre avait recouvré une grande partie de sa mobilité , puisque le malade pouvait porter la main jusqu'à ses lèvres. Le malade était venu daus l'intention de faire réduire sa luxation; mais on le dissuada de se soumettre aux tentatives de réduction (1).

(i) Les luxations de rextrémite supérieure du radius e'tant peu communes, nous rapprochons de celles qui se trouvent dans le texte de Sir A. Cooper, les deux cas suivans :

Observation y4. — Luxation de l'extrémité supérieure du radius en avant, parle docteur Jousset. {Qaz. med , i833, p. 2i6.) — Au mois d'avril !83i, mad. Lory, âgée d'environ 6'o ans, descendant précipitamment une rue dont la pente est fort rapide, glisse sur lo pive et tùnibc violemment. Arrivé auprès d'elle deux heures après 1 accident, je trouve l'avant-Lras lrès-gonfle',le'gèrement excorie' au coude, un peu ecchymose en cet endroit. Laruainesl porte'e en dehors, l'avant-bras faiblement fleclii sur le l.ras; tout mouvement est impossible, et 1 essai fort douloureux. En suivant le radius, on trouve qu'il n'a plus sa direction : il est porté en avant et en dedans de l'avant-Lras. Les doigts, maigre le gonflement, sentent distinctement l'extrémité' supérieure faisant saillie et joignant le cubitus adossé k la face antérieure de cet os. Une dépression existait'

LUXATION DU RADIUS EN ARRIlERE.

Je n'ai jamais eu l'occasioa d'observer cette était en partie dcchiré, et, si la tète du radius

luxation sur le vivant; mais j'en ai trouve un n'eût été rcloniie par l'aponévrose anti-bra-

cas sur le cadavre d'un homme qui fut apporté chiale , elle eut été portée beaucoup plus loin

à la salle de dissection de l'hôpital Sniut-Tho- en arriére.

mas, dans l'hiver de 1821. La tèle duradius était La réduction sera facile à obtenir aumoyen

portée en arrière et un peu en dehors du con- d'un mouvement de flexion imprimé k l'avant-

dyle exlerne de l'humérus. Quand on plaçait bras. Mais, pour prévenir une récidive, il fau-

l'avant-bras dans l'extension, la tête de l'os dra maintenir l'avanL-hras fléchi à angle droit

pouvait être sentie et même vue dans le lieu avec le bras au moyen d'altelles et débandes ,

indiqué. Le ligament annulaire était rompu jusqu'à ce qu'on ait obtenu la consolidation

à sa partie antérieure; le ligament oblique du ligament aunulaire, ce qui exige.au moins

était également déchiré; le ligament capsulairc trois ou quatre semaines.

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