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LA MACHOIRE INFERIEURE

La luxation de la michoire inférieure peut être complète ou incomplète. Dans le pi^emier cas , les deux condyles sont portés dans l'espace compris entre l'arcade zygomalique et la surface du temporal ; dans le second cas , un seul condyle est déplacé (1).

Luxation des deux condyles. — La luxation de la mâchoire inférieure se reconnaît aux signes suivans. La bouche est béante; elle ne peut être fermée ni par les efforts du malade , ni par une pression exercée sur le menton. Cet état ne s'oppose cependant pas à ce

que la mâchoire inférieure puisse être encore rapprochée jusqu'à un certain point de la supérieure par la contraction musculaire. Mais si, dans cet état, le rapprochement des mâchoires était porté assez loin pour que la bouche se fex-mât, les dents inférieures se trouveraient au-devant des supérieures. L'abaissement de la mâchoire est lui-môme encoi'C possible , mais à un degré très-limité. La face présente donc l'aspect d'un bâillement permanent. Les joues sont rendues proéminentes par la projection des apophyses coronoïdes qui appuient contre les muscles buccinateurs ; il existe

augmentée , gonflement de la langue qui obstrue le peu d'espace qui reste encore entre les dents, et menace de suffocation. (Huit sangsues aux glandes sous-maxillaires.) Diniinulion du gonflement de la langue, salivation toujours abondante; déglutition difficile. Le dix-neuvième jour, on donna à l'inte'i-ieur dix goutt es de teinture d'opium foutes les deux heures , en alternant avec une solution de potasse ; lavemens nourrissans et opiace's. Le vinglième jour, de'lire, pouls excessivement fre'quent , déglutition impossible, salivation abondante , mort avec des accidens de suffocation. A cette occasion, le docteur Cramer appelle l'attention des me'decins, sur le danger qu'il y a d'employer dans les trismus, les pre'paraUonj mercurielles, que quelques praticiens ont vante'es contre cette maladie.

M. Lisfranc a présente' à l'Académie de médecine (séance du 12 avril 1827) , une pièce d'anatomie pathologique , sur laquelle ou voit une luxation ancienne de la première phalange du pouce sur la face posiérieure du premier métacarpien : celte pièce prouve que les tendons extenseurs peuvent rester sur la lace dorsale des os; mais que le tendon du long fléchiiseur propre du pouce se place sur le côté interne et ensuite postérieur de l'extrémité inférieure du métacarpien, ce qu'il importe de savoir pour la réduction de cette luxation; les os déplacés, du reste, se sont formé de toutes pièces une fausse articulation. l.Note des irad.)

(l) Sir A. Cooper appelle luxation incomplets , celle d'un seul condyle, et luxation complète , celle des deux condyles. Ces dénominations pouvant donner lieu à de fausses interprétations, nous avons , dans la suite de ce chapitre, recouru aiu dénominations usitées en France. {Note des trad,)

126, LTÎXATIONS.

au-devaiit du conduit auditif, uue dépression la réduction se fit avec facilité et promptitxide. due à la sortie du coudylehors de sa ca\'ité. La Dans le cas qui précède, les manclies des salive, dont la sécrétion est augmentée par fourclicttes ne servirent point de levier, ils l'irrilation de la pai'otide, ne pouvant plus restèrent fixés sur la mâclioire qui prit son être rolenue , s'écoule sur le menton. La dou- point d'appui sur eux , de sorte que les condyleur qui accompagne cetle luxation est très- les étaient abaissés à mesure que la portion vive , m lis je n'ai jamais vu résuller de cette antérieure de l'os était élevée. Mais, comme le luxation aucun accident grave, et même, après bois peut blesser les gencives , on peut le remun certain temps , la mâchoire se ferme près- placer avec avantage par deux morceaux de que complètement etrecouvreune assez grande liège, mobilité. On a conseillé de se servir d'un levier de

La luxation de la mâchoire inférieure peut bpis, que l'on in'roduit entre les dents molaiêtre causée par riutroduction dans la bouche res, d'abord d'un côté, puis de l'autre, réduid'un corps trop volumineux. J ai vu, par sant ainsi ciiaque condyle successivement. M. exemple, un cas dans lequel, deux en fan s se Fax opéra la réduction , dans le cas dont j'ai disputant pour une pomme, l'un des deux la pai'lé plus haut, de la manière suivante: Il fit entrer de force dans sa bouche, et se luxa plaça un morceau de bois long d'un pied sur la mâchoire. Elle peut aussi être produite la dent molaire d'uu côté, et élevant l'exlrépar un coup sur le menton, quand la bou- mité qu'iltcnait à la main, il abaissa l'exlréche est laigement ouverte ; pal- iin bâillement mité ffùi portait sur la mâchoire et replaça le poussé très-loin; enfin, par unmouvementspas- condyle de ce côté; il agit de la même mamodique et soudain des muscles, quand la nière pour l'autre condyle. Mais le procédé bouche est ouverte, ce qui est parfois arrivé que j'ai suivi dans l'observation précédente, dans les tentatives pour ra\ulsion d'une dent, en supposant toutefois qu'on substitue aux ainsi que l'a observé M. Fax, chez une dame à manches de fourchettes des morceaux de liège, laquelle il pratiquait cëtlé opération. me paraît préfél'ablë.

Cette luxation demande à être réduite le Ordinairement , les chirurgiens après avoir plus tôt possible; le mode de réduction se enveloppé leurs pouces avec un mouchoir, les trouve décrit dans l'observation suivante. placent à la base des apophyses coronoïdcs, et

appuyant sur la mâchoire, ils la poussent en

Observation 127°. — Un aliéné eut la ma- arrière et en bas : mais ce procédé ne réussit choire luxée dans les efforts qu'on faisait pour pas si bien que les autres, si ce n'est dans les lui faire avaler de la nourriture. Le malade luxations récentes.

étant très-robuste et très-indocile, je le fis Quand la mâchoire inférieure a été luxée placer sur uiie table, dans le décubitus dor- une fois, elle a beaucoup de tendance h se désàl, la tête appuyée sur un coussin; il fut placer de nouveau; c'est pourquoi il faut* maintèiiu dans cette position par plusieurs après la réduction, placer autour du menton personnes. Alors . me plaçant derrière ^a tête, une large bande, offrant une feute pour rdcei'intrôduisis derrière les dents molaires {de voir celui-ci; cetle bande, dont les chefs sont cTiaauecôlé) le manche d'une fourChetle de divisés en deux lanières, vient s'attacher au table (i) dont j'eus soin d'envelopper les dents sommet de la tête et sous l'occiput, et mainavec uii mouchoir ; et, pendant qu'un aide les tient la mâchoire jusqu'à ce que la consolidatenait dans cette position, j'attirai avec force lion des parties déchirées ait fait cesser toute la mâchoire inférieure vers la supérieure, et tendance à la luxation (2).

(i) Poui' comprendre le procf'tle indique pnr Sir A. Ccoper, il faut se rappeler que les fourchettes dontse servent les Angl lis, ont un manche arrondi, d'une certaine épaisseur, classez ordinairement en ivoire ou en chêne. (Noie des Irad.)

(2) La luiation des deux condjlesde la mûcboire infe'rieure ne peut pas toujours être re'duite par lôs procede's qui viennent d'èlre indique's. Lorsque la luxation est ancienne, elle offre un degré' de re'sistance qui exige l'emploi de moyens spe'ciaux.

Le docteur Slronieyer a imagine, pour vaincre ces difficultés, un instrument dont voici la description: Cet insiriiment'se compose de deux brandies terminc'es à leur extrémité antérieure , celle qui doit être introduite dans la bouche, par un élargissement ou plaque en fer Ji cheval, et articulées vers leur partie moyenne, sans se croiser j l'articulation étant à distance, représente un point d'appui sur lequel chacune des branches peu*, basculera la façon d'un levier du premier genre, de toile sorte, que le rapprochement des cilréniile's postérieures (tes liranches, entraîne l'ccarloment de leurs extre!railes antérieures, mouvement pîr lequel l'instrument est ouvert et vice versa. Un ressort tend à produire l'ecartement des exirc'mile's poste'rieurfcs, et par conséquent k maintenir rinslrument ferme'. De ces deux branches , l'une est inlérieure et l'autre supérieure. L'exire'nlilc postérieure de la première porte k sa face supérieure , uri trou borgne, desliiic à recevoir le bout d'une clieville en fer, qui y est solidement fixée par une vis de pression, place'e sur le cote' de la branche. L'éitrc'inile' poste'rieure de 1.-1 bi-ainche supeiieure est percée d'un trou par où passe librement l'autre bout de la cheville qui de'horde. Cette cheville , e'Iant à vis , reçoit un e'crou à oreilles. A mesure q^u'on fait avancer cet ecrou, l'extrémité' postcrieufè de là branche supe'rieure est rapprochée de celle

Ll«A'^TONS. i27

LlJ!**T!0?l n'il^ Stist tà^tf^hi. ~ t'irflf)0^- l^iidfi d'il» coulcaù à ouvrirlesiiuîtres, auquel sibilitd de fèrrfièf Jii boiièWe s'Wiëèrvp Cgrtl^- olTe fil fnire un mouvement de deini-ccrclc caillent d'(ns cpUd lil.'iiiliott. rtiiïfs loi la boitdhe tie les dénis, du côté (te la luxation. M'est pds aossF latgtfnent otivfcrtc' (jut dans la Le luvier de bois est très- convenable pour Inxatfoh des dttd* cahdylé.< ofiérer la réduction ; maison peut, comme

Le diagnostic est facile :iô TtièHitlti tîéiâ6i(îié p'ottf la luxation des deux condyles, placer un

du côl(?opi1«*t! à celui ddia irtia'fiôH, îc^ (tents inorccau de liégc du coté du d(!placement,

hl(îi.<!lv«y§ îftferieureâ dC'botdeiît th av;<lit les pendant qu'on élève le menton. SttpGl-îe'Hres, et sont dCvit^eS de t'a:4é ttc /a face.

Cet acetdéfit reècrttiiaît pftm- causé uii coii^ LciAtloPÎ l^icÔMPLÉtÈ des cdi^Dvr.ES DÉ

fOf lecôté de la face, tfUrtOdla bouche est ôii- I-A MACHCiinÈ iiNFÉniEt; E ~ De même qu'à

tèrtfe II existe Mn oxehipic dé liliatiôh d'un i'articulation fémuro-iibiaié, le fémur glisse

seul Coftdyle déterminée par le vdmisseinônt quelquefois sur les cartilages scmilunaires,

«ftris le nia/ rie »W<?r. Miss Gelfoor, fille de l'ami- aiiisî, lés condyles de la mâchoire semblent

ralBelfour, de PdrtnsttiOiutlT, ehèz^aî cet accî- cfùelqtiefois quitter Je cartilage inter-artlcu-

dent eut lieu, opéra elle-même la réduction à luire de la cavité glcuo'idc du temporal, et

de 11 Li'anche inférieure , et l'instrument est ouvert, c'est-à-dire, <jue les plaques en fer 'a cheval sont e'cartées l'une de l'autre. Si rflùrs on desserre' la Vis de pression qui miitifien' In cheville dans le trou jjorgne de la branche iftfè'riedré , riéh fié relient JiluS tétié {/raticHe, qiii est cnasse'i.- loîu du l'autre par l'eff t du ressort, el l'inslfuriieht est férfrie' suhitertieftt, ce *(ui pirniét de lé retirer de la houclie assez proni[)lenient pour que les n/uscles , a'méne's h uh état dé reîàtLéiti^rît li'aiérit pas le temps de se contracter de nouveau. Les d.iix pla([ues sonHrecotivërtés d'une côtiéhèe'paissë Aë cuir.

Le docteur Strumevèr a obtenu, à l'aide de cet instrlîn'i'éiit , là fe'duclion d'une lusalion ancienne de la mâchoire ; noui éitrajoHs cette ohsèrtafion dti litiàt'i magaziu , i.'ig, partie 2 , p. 2 ly.

Ohservation yi . — huxation des deux condyles de lamâr.ltolre inférieure, réduction après irente-cinq jours. — Ame'lie Elsner, âge'e de aS ans, domestique , se luxa la niâchoi>e inférieure, le r mai 182c), dans un hâillement. Le premier médecin qui la vit ayant attribué l'ouverture de la houche ù un état spasmodique des muscles, la traita pendant un mois par l'opium, les frictions, les sinapismes, etc, Ce fut alors seulement que la luXrilion fut reconnue par un autre médecin, qui essaya d'en opérer la réduction, mais qui échoua complètement d;ins ses tentatives , ainsi que quatre ou cinq autres de ses confrères.

Quand le docteur Slromeyer tenta la réduction de cette luxation , elle était arrivée au trente-cinquième jour, et les parties présentaient 1 état suivant : l'arcade dentaire inférieure débordait la supérieure de plus d'un pouce en avant ; les deux mâciioires étaient écartées de plus d'un pouce; cependant les lèvres pouvaient, sans trop d'efforts, être rapprochées l'une de l'autre. La parole était rcdcveuue distincte, la uinslicalion ne s'opérait qu'impariaitemenl par les dernières mol lires, mais la déglutition était faci.'e; il existait une dépression manifeste au-devant des oreilles , le goiiflement s'était dissipé et les condyles étaient faciles à sentir. — Le docteur Stromeycr décrit ainsi l'opération :

« J'introduisis l'iuslrunient fermé de manière à ce que l'exlrémilé de la plaque supérieure fût placée sous les dernières dents molaires de la mâclioire supérieure ; j'écartai les branches de l'instrument en faisant avancer l'écrou d'abord rapidement, puis plus lentement à mesure que la résistance devenait plus forte, en ayant soin de m'arrêler entre chaque quart de tour, pour donnera la douleur le temps de se calmer. Pendant les derniers tours, on entendit un craquement, comme si les adhérences se déchiraient subitement. Lorsque l'éloigneroent des plaques eut e'ié porté à trois-quarts de pouce, le moindre tour de vis causait les plus vives douleurs , je cessai alors toute extension, mais je laissai l'instrument en place pendant quelque temps. Cette première partie de l'opération dura en tout une demi-heure. Alors, desserrant la vis de pression, située h l'extrémité de la cheville ; je fermai l'instrument tout d'un coup et le retirrii le plus proraptement possible. Le docteur Wellsauien, ayant les pouces enveloppé.s, pratiqua la manœuvre ordinaire pour la réduction; celle-ci fut obtenue sans effort considérable , tandis que j'exerçjis une compression sur les condyles luxés pour en favoriser la rétrocession. Au moment de la réduction, les niâchoires ne se rapprochèrent point subitement et comme par un mouvement de ressort. A i-aison du relâchement des muscles, l'arcade dentaire inférieure resta située un peu au-devant de la supérieure; ce ne fut qu'au bout de quelques heures qu'il s'y opéra un changement notable. Au bout de quelques jours, les parties avaient repris leur disposition normale, la malade recouvra promptemont les fonctions de la partie , et jusqu'à présent il n'y a pas eu de récidive. »

Le docteur Junk avait déj'a imaginé un instrument pour la réduction delà mâchoire inférieure (/Îks^'a' magazine , t. 3g, partie 2, p. 222.) ; mais il s'était appuyé sur un autre principe. Son instrument forme, en quelque sorte, un manche !» la mîchoire inférieure, puis({ue sa branche inférieure vient se placer audessous de celle-ci, et la supérieure, au-dessus de l'arcade dentaire inférieure. 11 rend l'introduction des pouces inutile. Mais l'extension doit être fiite parla seule force des mains, et, pour les luxations anciennes, l'instrument du docteur Stromcyer lui est préférable. Ce dernier a d'ailleurs l'avantage de pouvoir servir dans les cas de luxation d'un seul condyle, parce que ie côté qui n est pas le siège de la luxation permet un écartement beaucoup plus considérable que celui qui est nécessaire pour l'extension du coté luxé. Comme on n'a pas toujours à sa disposition des inslrumens spéciaux, on peut dans certains Ccts recourir

glisser au-devant de son rebord; la m&choire rer la mâchoire du temporal et à permettre au

est alors immobile et la bouche légèrement cartilage de se replacer sur le coudyle.

ouverte. Ce déplacement se réduit d'ordinaire Dans les cas de relâchement extrême des li-

très-promptemenl par les seuls efforts muscu- gamens, on perçoit au-devant de l'oreille, dans

laires ; mais je l'ai vu persister pendant très- l'articulation temporo-maxillaire, une sensa-

long-temps, et cependant la mobilité de la tion de craquement accompagnée de douleur,

mâchoire ainsi que la faculté de fermer la qui est causée par la rentrée subite du con.

bouche out été recouvrées. Cette espèce de dyle dans la cavité articulaire , d'où la laxité

déplacement reconnaît pour cause le relâche- des ligamens lui avait permis de s'échapper,

ment des ligamens. Le malade éprouve une im- Cette sensation est surtout fréquente chez les

possibilité soudaine de fei-mer la bouche entiè- jeunes femmes. L'ammoniaque elle fer sont

rement, et une légère douleur correspondant les médicamens les plus propres à assurer leur

au côté du déplacement. guérison. On peut recourir aux douches et aux

La force de&tinée à opérer la réduction doit vésicatoires au-devant de l'oreille, quand la

être dirigée verticalement de manière à sépa- maladie dure depuis long-temps.

au procédé suivant décrit par le docteur Joseph Atti, professeur de clinique chirurgicale, {jirchives gêné" raies de médecine^ t. 5 , p. l44*)

Observation B. — Une femme de 35 ans se luxa la mâchoire inférieure des deux côte's, dans un bâille» ment survenu avec des convulsions graves pendant l'accouchement. Cet accident ne fut reconnu qu'un mois après. A cette époque, il fut impossible d'obtenir la re'ductioa avec les mains seules ; l.<i têle, quoique soutenue par un aide robuste, ce'dait aux efforts, et les muscles re'sistaient. Le docteur Atti imagina de se servir de deux fortes pinces à anneaux armées de longs manches, et dont les branches courtes étaient garnies de coussinets : ces pinces étant introduites fermées entre les dernières dents molaires des deux côtés , et ouvertes ensuite avec force, écartèrent l'une de l'autre les deux mâchoires , et permirent la réduction qui fut elTectuée en poussant, en même temps, la mâchoire inférieure en arrière.

[Note det trad,)

Les auteurs décrivent diverses espèces de luxations des côtes. Ils prétendent que la télé de ces os peut être chassée hors de sa cavité articulaire et portée en avant sur le rachis; si cet accident arrive, il est certainement trèsrare et doit être très-difficile à découvrir. Cependant , dans une chute sur le dos , on peut heurter contre un corps pointu , qui porte sur les côtes et en opère la luxation. Cette luxation présenterait les symptômes ordinaires de la fracture des côtes : inouvemens douloureux de ces os, respiration difficile , etc. Le traitement serait aussi le môme: on devrait pratiquer une saignée pour prévenir l'inflammation du poumon et de la plèvre, appliquer un bandage circulaire pour diminuer les mouvemens des côtes. Toute tentative de réduction serait complètement inutile.

Les cartilages costaux paraissent souvent luxés sur l'extrémité des côtes , et quelquefois sur le sternum. Le 6% le 7' et le 8* cartilages sont très-sujets à cette altération de forme que les pareus attribuent à une chute. Quand on examine les côtes atteativement , ou re-

marque que leur courbure est diminuée, leur portion latérale aplatie, et que, par conséquent, leurs extrémités et leurs cartilages sont portés en avant. Cet aspect est donc le résultat d'uae faiblesse constitutionnelle, et non la conséquence d'une chute.

L'extrémité sternalé des cartilages costaux fait quelquefois aussi saillie sous l'influence de la même cause.

Quelquefois cependant, mais très-rarement, un cartilage est séparé par une violence extérieure de l'extrémité antérieure de la côte, et fait saillie à la surface de celle-ci ; le traitement de la fracture des côtes convient ici. Il faut commander au malade de faire une profonde inspiration, et en même temps pousser en ari'ière l'extrémité saillante du cartilage. Il faut ensuite placer sur la côte une pièce de carton mouillée qui recouvre en même temps la côte supérieure et la côte inférieure avec leurs cartilages ; ce carton, eh se desséchant sur la poitrine, revêt la forme exacte des parties, empêche les mouvemens . et offre Je même appui qu'une attelle dans la fracture

des membres ; il est fixé par une bande de fla- antipblogistigue doit êlre suivi , pour prévenir

nelle autour du thorax. Enfin, le traitement l'inflammation des viscères thoraciques (1).

(i) Nous rapportons l'obseryation suivante avec tous ses délais, parce qu'elle offre le premier exemple de la lujalion d'une côte, à la fois diagnostiquée sur le vivant et con:>tale'e à l'aulopsie cadavérique; elle a été extraite de la Mediciiiische Zeitung.

Luxation d'une côte. (Gaz. méd. de Paris, ]834, p. 187.) —Un jeune homme roTiuste tomba le 16 octo- Lre dan» une fosse dont on retirait de l'argile; doux heures après, le docteur Kankel le trouva couvert d'une sueur froiile ; sa respiration était gênée, interrompue par une toux courte et sèchf , la % oix était faillie, le pouls b peine sensible, la chaleur peu prononcée, mais égale partout, et l'intelligence était entière. Il y avait douleur dans le dos, et les extrémités inférieure» étaient cotliplélement paralysées. Dans les environs de la dernière vertèbre dorsale, on remarryuait une tumeur de la grosseur du poing, bleuâtre, souple. Li partie supérieure était très-douloureuse, l;i partie inférieure ét.nit insensible. La force delà chute, l'ecchymose qui s était montrée aussitôt, et la paraplégie (aisaienl craindre une fracture de la colonne vertébrale, mais' le diagnostic n'était pas évident. La direction des apophyses épineuses paraissait tout à fait normale , seument il y avait une plus grande mobilité. 11 était impossible d'apprécier exactement l'état des autres apophyses et du corps des vertèbres: il y avait sur l'os de la hanche du côté gauche, une excoriation de la peau de la giandeur d'un demi-florin ; le malade fut placé sur le côté , on lui mit sur le dos des ventouses scarifiées, on lui fit des applications froides et on lui donna intérieurement une infusion de fleurs d'arnica avec de 1 extrait de jusquiame et du sel de Glauber. Apres une nuit, qui ne se passa pas tout à fait sans sommeil, le pouls, la chaleur et I1 respiration furent trouvés dans un état un peu plus satisfaisant, mais le gonflement était le même, le ventre était ballonné, les urines et les selles étaient supprimées , et la soif était grande. (Lavement, cutJiélérisme, continuation des moyens ordonnés.)

Dans les quatorze premiers jours (jusqu'au 3o octobre) , l'état du malade fut plus satisfaisant que les circonstances ne pouvaient le faire espérer. La tumeur du dos diminua j le blessé pouvait par intervalles se coucher sur le dos ; la soif était moindre ; il y eut de l'appétit , et de temps k autre un sommeil tranquille. La suppression des stUes n'existait plus ; la gangrène dans les parties excoriées était bornée à la hanche, etc. Mais la respiration restait gênée et anxieuse ; la toux redevint plus forte dans les derniers jours; ii était sur- Tenu de l'énurèse , et le 3o on trouva un déplacement latéral d'une vertèbre dans la région déjà indi({uée , et une luxation delà onzième côte. Jusqu'alors le malade avait pris presqu'uniquement la teinture de noix vonnque ; son état était alors beaucoup plus fâcheux ; déjà la dernière nuit, l'oppres.'ion et l'angoisse avaient fait craindre la mort, qui survint le 3i octobre, sans que le blessé eut perdu sa connaissance.

autopsie, — La colonne vertébrale séparée du tronc , ne montrait à la dixième et à la onzième vertèbre , quune faible adhérence, due aux fibres musculaires et aux ligamens déchirés. Ces moyens d'union étant divisés , on trouva le cartilage intervertébral presque enlièren)ent détruit ; la onzième côte gauche luxée ; la côte correspondante du côté droit tenait h un fragment du corps de la onjième vertèbre dorsale Iractu. ree, l'apophyse articulaire supérieure de cette vertèbre brisée, et la moelle épinière , ainsi que la duremere, déchirées complètement. Entre la dixième et la neuvième vertèbre dorsale, le canal pour la moelle epiniere était oblitéré, et ce ne fut que par force que l'on put séparer un fragment du corps de la onzième vertèbre, qui était encore très-adhérent au ligament long postérieur, d'avec le canal de la moelle, qui fpmblait coniplétement fermé comme par une soupape. L'extrémité de chacune des deux douzièmes côtes, •t l'apophyse Iransverse de la onzième vertèbre, était également fracturée. Au ligament intervertébral «Le 4a dixième vertèbre adhéraient encore des fragmens osseux du bord de lii onzième. (Note des trad.)

DES

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