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LUXATION EN BAS OU DANS LA FOSSE OVALE

Cette espèce de laxatlon seproflaitqaand les Êuîsses sont largement écartées l'une de l'autre. Le ligament rond et la partie inférieure du ligament capsulaire sont déchirés , et la tèle du fémur vient se placer à la partie postérieure et interne de la cuisse , sur le muscle obturateur externe.

On a supposé à tort que le ligament rond jtt'est pas déchiré dans cette espèce de luxation. Il est vrai que sur le cadavre, et après que le ligament capsulaire est divisé, la lêle du fémur peitêtre attirée surle bord inférieur de la cavité cotyloïde , le ligament rond restant Intact. Mais la luxation sur le trou ovale t lieu lorsque les cuisses sont laigement écartées l'une de l'autre; dans cette attitude, l« ligament rond est distendu, et lorsque la tète du fémur est chassée hors de sa cavité , ce ligament est rompu avant qu'elle n'en soit sortie complètement.

Dans cette luxation, le membre est plus long que l'autre de deux pouces. On peut sentir la tête du fémur en appuyant la main sur Ift partie interne et supérieure de la cuisse , Vers le péi'inée, mais seulement chez les sujets très-maigres. Le grand trochanter est moins «aillant que du côté sain. Le corps est incliné en avant par la tension des muscles psoas et Iliaque. Le genou fait une saillie coniidérable en avant , lorsque le tronc est redressé ; il est très-écarté de celui du côté opposé, et ne peut, sans les plus grandes difficultés, être rapproché de la ligne médiane et mis en contact avec l'autre, à cause de la tension des muscles fessiers et pyramidal. Le pied , Quoique très-écarté de l'autre , n'est , en général, tourné ni eu dehors ni en dedans ; j'ai rencontré à ce sujet quelques différences slans certains cas; mais ici, la direction du pied n'a aucune importance diagnostique.

La flexion du tronc, l'écartemeutdes genoux etl'accroissement delonguçur du membre sont les signes caractéristiques. La tête du fémur est située au-dessous et un peu au-devant de l'axe de la cavité cotyloïde, et on remarque une excavation au dessous du ligament de Poupart. Nous possédons dansla collection de l'hôpital Saint-Thomas une excellente pièce analomique de cette luxation, que j'ai disséquée il y a plusieurs années. La lôtc du fémur repose sur le trou ovale ; le muscle obturateur externe a complètement disparu , ainsi que le ligament qui occupe d'ordinaire cette ouverture, laquelle est maintenant toute entière occupée par la tète du fémur. Autour du trou ©vale s'est déposée une matière osseuse, formant une piofoude cavité dans laquelle la lete de l'os est logée, de manière à pouvoir exécuter des mouvemcns étendus ; celte ca- SM. (le nouîclie loimatioi; eulourc le col de

l'os sans le toucher, et renferme si complètement sa tête qu'on ne pourrait la retirer Bans briser le rebord de la cavité. La surface interne de cette nouvelle cavité articulaire est extrêmement polie et n'offre pas la plus légère aspérité osseuse capable de faire obstacle aux mouvemens de la tête de l'os : \e$ muscles seuls limitaient l'étendue des mouvemens. La cavité cotyloïde est comblée par de la matière osseuse et n'aurait pu admettre la tète du fémur, en supposant qu'on eût fait des tentatives pour replacer celle-ci dans «a situation normale. La tête du fémur offre peu d'altération: son cartilage articulaire est intact ; le ligament rond est entièrement rompu et la capsule en partie déchirée. Les muscles pectine et court adducteur avaient été lacérés ; mais ils étaient réunis par une expansion tendineuse. Les muscles psoas, iliaque, fessiers , et pyramidal , étaient dans un état de tension.

La réduction de cette luxation s'opère eu général avec beaucoup de facilité , si l'accident est récent. Il faut coucher le malade sur le dos , écarter les cuisses autant que possible, et placer entre les parties génitales et la partie supérieui'e du membre luxé, une ceinture transversale que l'on attache à un anneau fixé dans la muraille. Alors le chirurgien, plaçant la main sur le coudepie'd, tire sur la jambe, en croisant celle du côté sain en avant, ou bien en arrière si la cuisse est très-volumineuse. Cette manœuvre suffit pour faire glisser la tête du fémur dans sa cavité. J'ai vu réduire ainsi avec nne grande facilité, à l'hôpital St. -Thomas, une luxation très-récente.

Dans un cas de cette nature, la cuisse peut être fixée par un montant de lit reçu entre les parties génitales et la partie supérieure du menir brc, pendant quela jambe estportéeen dedans, de manière à croiser celle du côté opposé. Mais en général, il est nécessaire de fixer le bassin par une ceinture dirigée transversalement et passant par-dessus le chef antérieur de celle qui a été placée autour de la partie supérieure delà cuisse et à laquelle les poulies doivent être attachées: autrement le bassin sera entraîné avec la tête du fémur.

Dans les cas où la luxation exiite depuis troi» ou quatre semaines, il vaut mieux faire placer le malade sur le côté sain, fixer le bassin par une ceinture, et porter sous le membre luxé une autre ceinture à laquellelcspoulies doivent être fixéesperpcndicula)rcment.Ontire alors la cuisse en haut, tandis que le chirurgien appuie sur le genou et sur le pied pour empêcher la partie inférieure du membre d'être élevée avec le fénmr : le membre se trouve ainsi transformé en un levier dont la force est considérable.

Il faut aToir grand fioin de ne pas trop porter la jambe en avant , car la tCle du fémur serait entraînée en arrière de la cavité cotyloïde, dans l'échancrure sciatique, d'oî» l'on ne pourrait plus ensuite la dégager.

Observation 20% communiquée par J. S, Danif//.— «Le û janvier 1818, un individu fut jetéà terre par un écart soudain que fît son clieval k droite ; comme il s'efforçait de maintenir son équililne en piTssant la cuisse droite contre la selle , il fut lancé à terre et reçut à la tête une violente contusion qui produisit des symptômes alarmans. Le jour suivant , on lemarqua que la cuisse du côté droit ne pouvait se mouvoir, que le genou était<yevé et ne pouvait être amené parallèlement à l'autre dans le sens antéro-postérieur, et qu'il pi-ésentait en mf'mc temps une direction en deliors , ce qui engagea i^i le lier avec celui du côté opposé. Les symptômes du côté de la tête excluaient pour le moment toute tentative de réduction. Quatorze jours après, le malade était tellement bien rétabli, qu'il pouvait se lever, et, au bout d'un mois, il commença à marcher avec des béquilles.

Je le vis pour la premièi'c fois le 1" novembre 1818. L'aspect du membre luxé était le suivant : la cuisse dépassait celle du côté sain de toute la longueur de la rotule ; le genou était saillant en avant; lorsque le malade était couché sur le dos , la jambe ne pouvait être ramenée à la même longueur que l'autre; la partie Rupérieure du fémur était refoulée en ai'rière, de telle sorte que l'excavation de l'aine était plus profonde du côté malade que du côté sain.

Les orteils étaient légèrement renversés; mais dans la station ils pouvaient appuyer sur le sol , quoique le talon ne pût pas y atteindre. On ne pouvait pas sentir la tête du fémur, et le trochanter était beaucoup moins saillant qu'à l'ordinaire. Quand la partie supérieure du fémur était pressée contre la nouvelle cavité, et qu'on lui imprimait des mouvemens , On percevait la sensation d'un frottement entre deux surfaces cartilagineuses, bien qu'ilnefût pas nettement caractérisé. Ce frottement, quoique difficile h décrire, se distingue facilement de la crépitation qui accompagne les fractures.

Dans l'attitude assise, la jambe du côté malade était plus longue que l'autre de deux pouces, et le genou débordait celui du côté opposé de la même longueur ; dans la maxxhe , le genou était fléchi , et le corps étant incliné en avant, le malade s'appuyait principalement sur les orteils et boitait considérablement ^ les muscles couturier et grêle interne étaient fortement tendus.

Le malade sentit d'abord de violentes douleurs dans la hanche et dans la cuisse luxée ;

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bâton , 11 ne put aller au-delà d'un demi-mille, tandis que maintenant il peut parcourir une dislance quadruple. Dans la flexion, la cuisse est susceptible de mouvemens considérables; mais il ne peut l'élcndi-e au-delîi du point où, son jarret se trouve sur le même plan que la rotule du côté sain; les genoux ne peuvent être rapprochés l'un de l'autre; dans les essais de ce genre, celui du côié malade se place toujours sur un plan antériem-. Il s'assied sans douleur; mais la secousse d'une voiture lui est excessivement pénible. Les efforts pour monter à cheval sont extrêmement douloureux; l'extension de la jambe est impossible dans l'attitude verticale du tronc; il ne peut pas non plus se baisser pour attacher le cordon de son soulier du côté malade ; le décubitus sur le côté malade est impossible. Aucune tentative de réduction n'a été faite : les lésions de la tête auraient rendu cette opération dangereuse dans le commencement; et lorsque je le vis pour la première fois, il n'y avait plus de chances de succès.»

Observation 27' , communiquée par M. J. S. Danic//. — M. Thomas Clarke, âgé d'environ 50 ans, fit une chute de voiture dans laquelle ses cuisses furent fortement écartées. La roue , d'apiès le récit du malade , passa sur sa hanche. Doit-on attribuer la luxation à cette dex-nière circonstance ou à l'écartement forcé des cuisses î

M. Potter et M. Danîell virent le malade deux ou trois semaines après l'accident. La nature de la maladie était évidente : le membre luxa était de trois pouces plus long que l'auti-e ; le tronc était fléchi en avant, les genoux écartés^ et le pied légèi'ement incliné en dehors.

Le malade étant robuste , on pratiqua une saignée de bras. Cette évacuation étant insuffisante pour remplir l'objet qu'on se proposait , on lui lit prendre une solution de tartre stibié; ensuite il fut placé sur le côté , près du bord de son lit ; une ceinture fut passée autour du bassin, et fixée au bois de lit, pour rendre le trône immobile pendant l'extension ; une seconde ceinture fut appliquée entre les cuisses, fixée à la première , et fut mise en rapport avec les poulies. Pendant que l'extension s'opérait , M. Potter saisit le membre près dugenou , l'attira légèrement en haiit et vers la cuisse du côté sain, en faisant éprouver de temps en temps au membre un mouvement de rotation* Quand l'extension eut duré dix minutes , l'état de nausée déteiminé par l'émétique devint tel que le malade pria les opérateurs de suspendre leurs efforts jusqu'au lendemain. Cette prière ne put que les encourager à redoubler leurs efforts, et cinq minutes après, Tos renti-a brusquement avec bruit dans sa cavité. On appli-

mais maintenant il ne souffre plus, excepté qua une bande autour du bassin. Cinq jours

quand il essaie de s'appuyer seulement sur ce membre. Dans le principe , le gros orteil n'atteignait le sol qu'avec peine; mais la progression s'est améliorée ; en effet, lors de ses prenuers essais avec l'aide d'une bésjaiUe et d'un

après, l'état dumalade était tellement satisfaisant qu'il put quitter la chambre : au bout de quelque temps il ne lui restait qu'un peu de raideur dau si' articulation.

L'observation suivante est un exemple dos

accidens qni peuvent être causés par des ef- proche de l'autre, ce qui ne pouvait se faire

forts mal dirigés. eans déterminer de la douleur et de l'engour- Observation 28*. — Un jeune garçon , de 16 dissement à la partie Interne de la cuisse , les ans, avait une luxation de la cuisse sur le trou rotules restaient écarte'es de onze pouces ; et ovale : il fut couché sur le côté sain , et une aussitôt que la main abandonnait le coudeti-action fut exercée à la partie supérieure du pied , la jambe était portée en dehors , comme membre dans im sens perpendiculaire à sa par une espèce de ressort, par la réaction des longueur ; alors le chirurgien appuya sur le petit et moyen fessiers. Le membre ne pougenou de haut en bas , mais dans le deuxième vait être porté en arrière, mais il restait dans temps de la réduction la cuisse ayant été en une flexion permanente; et, quand on faisait même temps portée trop en avant , la tête du des efforts pour le fixer, le malade accusait une fémur fut portée en arrière et passa dans l'é- vive douleur dans la dii'ection des muscles chancrure sciatique. Tous les efforts furent psoas et iliaque. La dépression observée dans infructueux pour la retirer de cette situa- le lieu ordinairement loccupô par le grand tion nouvelle. Irochanter était telle, qu'il était difficile de Observation 2Q% communiquée par M. W. sentir cette éiainence; tandis qu'à la partie A. Key. — « Stephen Holmes , ûgé de ùl ans , interne de la cuisse une saillie distincte était travaillant dans une carrière à Camberwell, formée par la tête du fémur, facile à sentir fut tout à coup enseveli sous une énorme au-dessous des adducteurs. Ces derniers musquantité de sable. Quand le sable eut été en- clés étaient très-tendus par la saillie de l'os; levé, on le trouva assis, les jambes for- les fesses paraissaient avoir conservé leur contement écartées, et dans l'impossibilité de les formation natui'elle.

rapprocher. Il fut pox'té dans cet état à l'hôpital Réduction. — L'appareil décrit par sir A.

deGuy, vers sept heures du soir, une heure après Cooper, étant une fois appliqué et fixé avec

l'accident, et confié aux soins de M. Carey. soin, ne se dérangea point, et n'occasionna

On observa les symptômes suivans: Le ma- aucune gêne au malade; l'extension fut .alors

lade étant couché sur le dos, la cuisse gau- pratiquée en tirant sur le membre luxé

che était fléchie sur le bassin ; le genou par dans une direction qui croisait celle du mem-

conséquent était élevé , et tout le membre fixé bre opposé, pendant que le moufle tirait

à une distance considérable de l'autre; la han- la tète de l'os en dehors. Mais en agissant

che présentait une déformation manifeste ; la ainsi , nous courûmes le risque de porter

caillie du trochanter était complètement effacée la tète du fémur dans l'échancrure sciatique;

etl'on trouvait à sa place une profonde excava- car la cuisse étant volumineuse et charnue à

tion. A la partie interne delà cuisse, près du sa partie postérieure, elle se trouvait néces-

pubis, on remarquait une saillie distincte ayant saireraent , pendant les tractions qu'on lui fai-

la forme de la tête du fémur recouverte par sait subir obliquement à l'axe de l'autre mem-

les muscles adducteurs. D'après ces signes, bre , enti'alnée un peu en avant , et par-là

nous diagnostiquâmes une luxation du fémur la tête de l'os était portée en ai-rière. Si un

6ur le trou ovale. changement quelconque s'était effectué dans

Nous ordonnâmes au malade de se lever et la situation de la tête du fémur pendant cette de s'asseoir sur le bord de son lit ; ce qu'il fit extension , elle eut été portée au-dessous de la sans gène et sans douleur. Dans cette position, cavité cotyloïde dans l'échanci'ure sciatique: le genou gauche s'avançait au moins de deux en conséquence on jugea convenable de porter pouces et demi au-delà de celui du côté sain. Cet la jambe en arrière de celle du côté sain. Aussialougement apparent de la jambe provenait sur- tôt que cela fut fait, la tête du fémur rentra tout de la direction oblique du bassin. On con- dans la cavité cotyloïde avec un bruit manistata ensuite queralongemeni;réern'étaitpas de feste. La réduction ne dura que quinze miplus d'un pouce et quart. Dans la station, que le nutes.

malade conservait avec peine, letroncétaitpen- Cetteespôce de luxation du fémur estbeau-

ché en avant par suite de la flexion du bassin coup plus facile à réduire que toutes celles

6ur la cuisse ; le genou était fléchi, et les or- que j'ai observées ; etl'on peut présumer, que

teils, qui étaient légèrement tournés en de- si d'abord la jambe avait été portée en annère

dans , s'appuyaient sur le sol; tout le membre de l'autre, au lieu d'être portée en avant , le

6' avançait au-devant de celui du côté sain , et replacement du membre aurait pu être effec-

restait dans l'abduction. Le malade fut alors tué de prime-abord. Lorsque le membre est

porté sur une table solide, et couché sur le dos; volumineux, il est impossible de le porter

Je genou fut d'abord fléchi vers la poitrine dans une ligne droite, transversalement à

sans difficulté, et dans une étendue aussi la direction du membre opposé ; et , pour

grande que celui du côté sain. L'abduction éviter le danger dont il vient d'être question, 11

était de même complète , et ces tentatives pou- serait convenable d'adopter le mode d'exten-

vaient se faire sans douleur; mais l'extension sion qui a si bieu réussi dans le cas présent,

et l'adduction delà cuisse étaient plus difll- Le malade pouvait se tenir debout sans ap-

elles. Quand le membre malade était rap- pui, huit jours après l'accident (1).»

{ij Aux faits elles par sir A. Cooper, nous croyons devoir ajouter le fait suivant qui s'en rapproche sous beaucoup de rapports , mais qui présente des circonstances qui ne se sont points offertes dans ceux-ci, En effet,

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