‹ Œuvres chirurgicales complètesChapitre 50 sur 214 · LA PARTIE SUPERIEURE DU FEMUR · texte numérisé non relu

LA PARTIE SUPERIEURE DU FEMUR

Il est de la plus haute importance de ne hanche. Cette méprise n'a eu lieu que trop pas confondre les fractures de la partie su- souvent : il est \rai que les signes distinctifs périeure du fémur avec les luxations de la de ces deux ordres de lésions sont quelquefois

levée j l'ischioa lui-même fracture' enire la tube'rosité sciatique et la cavité cotyloïde; la racine gauche du pe'nis et l'urètre divisés ; et, ea passant mes doigts sous les testicules, je ramenai plusieurs esquilles qui cemblaieot ;ivoir été séparées du pubis par un instrument tranchant. Enfin le bras droit était tellement maltraite, que je fus obligé de l'amputer quelques jours après, non dans l'espoir de guérir le malade, mais pour le délivrer de la douleur qu'occasionait le grand nombre d'esquilles.

, Le cas me paraissant d'ailleurs désespéré, je ne fis que remettre les parties en place , et je prescrivis d'appliquer constamment des cataplasmes et de maintenir le malade aussi tranquille que possible. 11 demeura dans cet étal, en proie ^ une extrême excUation , jusqu'au dixième jour après l'accident. Je m'aperçus alors que la gangrène avait complètement séparé les parties molles lacérées ; le moignon était toujours tres-tuméfié. Le douzième jour, le toll^psus succéda à l'excitation j la face prit un aspect cadavéreux; les plaies claicnt languissantes. C'est à cette période que je pensais que succomberait le malade ; toutefois je lui fis prendre du vin à grande dose, et je fus agié^iblement surpris de le trouver, le seizième jour, en meilleur état, et se plaignant de la douleur ocrasionée par les extrémités pointues des fraginens. J'enlevai toutes les saillies de ce genre que je rencontrai à la branche ischiatique, et je réussis également à emporter deux ou trois petites esquilles du ]>ubis qui entrelemient beaucoup d'irritation. Dès-lors, le malade alla évidemment mieux ; le moignon et la plaie commencèrent à sécréter du pus de bonne nature. Un mois après l'amputation, le moignon était tout à fait cicatrisé ; et quinze jours plus tard, de toutes les portions d'os qui s'étaient exfoliées, surgissaient des bourgeons charnus qui comblèrent rapidement le vide eÉFj-ayaut des parties molles ; et la tubérosité scialique s'étaut réunie solidement au corps de l'os, le malade put se lever et même se promener en traîneau sans inconvénient. La seule chose qui restait h faire était de rétablir le cours naturel de l'urine, qui jusque-là avait coulé parle périnée. J'essayai de réunir la plaie fistuleuse avec l'emplâtre aggluiinalif, après aïoir irrité les bords et avoir introduit une sonde. Mais, à mon grand désappointement, je trouvai le lendemain qu' in ami officieux avait fait ôter la sonde , et le malade n'a plus voulu depuis se soumettre k son introduction ; non seulement je crois qu'il aurait été possible de guérir celte fistule ; mais je ne serais pas surpris que la nature en vînt à bout seule ; car, quand je le revis cinq mois après, il me dit que quand il bouchait avec le iloigl l'ouverture du périnée, toute l'urine coulait y.ar l'urètre comme dans l'étai normal. Dans celle grande maladie, on n'employa 'd l'intérieur que des potions béchiques, à cause d'une toux qui le tourmentait , et des potions apérilives. A l'estérieur , des cataplasmes d .ibord , puis du céral calamlnaire et des lotions avec du sulfate de zinc , et enfin le nitrate d'argent, pour réprimer les bourgeons luxurians, furent les seuls remèdes auxquels il fut besoin de recourir.

(^Nole des trail.)

difficiles à défeouvrir, et ^aè les différentes es- Ces fractures sont plUs fréguentes que Ici

pèces de fractures de la partie supérieure du luxations de la cuisse; car, tandis qu'à l'hôpl-

féHiursont.deaitimeJréqucmment confondues tal de Guy et à l'hôpital Saint-Thomas (qui

les unes avec les autres. En effet, sous la dé- contiennent environ 900 malades), nous ne

nomination commune de fractures du col du recevons pas plus de deux de ces luxations par

fémur,on a réuni trois espèces de fractures très- an, il est rare que nossalles ne présentent pas

distinctes dans leurs caractères et dans leurs en tout temps ua cas de fracture de la partie

effets. De là, la divergence des opinions et les supérieure du fcmur,^

discussions interminables sur le mécanisme de II y a , comme je l'ai déjà dit, trois espèce^

leur consolidation, discussions qu'auraient fa- de fractures de la partie supérieure du fémur.

Cilement prévenues des raisonnemens moins 1° Celles où la solution de continuité siège

hypothétiques et des recherches d'analomie pa- au col de l'os et tout-à-fait à l'intérieur du

thologique plus satisfaisantes. En effet, pen- ligament capsulaire; 2" celles qui ont lieu en

dant que les uns affirment que tous les moyens dehors du ligament capsulaire , à la jonction

employés pour lagu^rison des fractures du col du col avec le grand trochanter, et dans la-

da fémur sont infructueux, d'autres soutien- quelle le trochanter est fendu et le col du fé-

nent qu'elles sont susceptibles -de réunion, mur /eçu dans le tissu spongieux delà partie

aussi bien que celles des autres os. Cette der- supérieure de l'os ; 3* celles qui ont lieu dans

nière opinion n't-st vraie qu'autant qu'elle re- l'épaisseur du grand trochanter, au-delà de sa

garde deux de ces espèces de fracture. jonction avec le col du fémur.

Page 1