DU COUDE
Dans les cas de ce genre , l'union osseuse peut être obtenue facilement.
Dans la fracture de l'apophyse olécrânc , le fragment supérieur n'est pas toujours écarté du corps du cubitus. Une bande fibreuse s'étend obliquement de la partie latérale interne de l'apophyse coronoîde à l'olécrâne; eu outre, du côté radial du cubitus, la partie supérieure du ligament annulaire du radius se porte de l'olécrâne vers le col du radius. Si ces ligamens ne sont pas rompus, l'olécrâne, quoique fracturé, restera en place.
Fracture compliquée de l'olécrâne. —
Dans cette fracture , les indications sont les suivantes: rapprocher les bords de la plaie ; recouvrir celle-ci avec de la chai-pie imbibée de sang ; maintenir le tout par des agglutinatifSj et tenter la réunion primitive, s'il est possible. Du reste -, il faut agir comme pour une fracture simple.
J'ai vu deux cas de cette espèce; tous deux se sont terminés heureusement.
Fracture du col du radius. — J'ai entendu des chirurgiens affirmer que cette fracture se présente fréquemment ; mais il est probable qu'il y alira eu à ce sujet quelque méprise , car je n'en ai jamais observé d'exemple. * '
Un mode d'exploration qui mettrait à mèinë de reconnaître cette fracture, consiste à fixer le condyle externe de l'humérus et à imprimer des mouvemens de rotation au radius. Cette manœuvre déterminerait de la crépitation.
Le traitement serait le même que pour la fracture du condyle externe de l'humérus.
Fractures et luxatioss compliquées du coude. — Le plus ordinairement la fracture est oblique ; elle siège au condyle interne dé l'humérus, et s'étend dans l'articulation. Les cas les plus graves peuvent être suivis de guérison, s'ils sont traités convenablement et si l'on obtient la réunion de la plaie des tégumens par première intention.
Observation 167=. — Un garçon brasseur entra à l'hôpital de Guy pour une fracture compliquée du coude ; les os avaient été fracturés comminutivementpar une charrette qui avait passé sur le bras. Je pouvais introduire le doigt dans l'articulation et sentir l'artère brachiale qui battait à la partie antérieure de celle-ci. Considérant la violence de la lésion, et la mauvaise constitution du malade, qui était habitué à boire beaucoup de porler et de liqueurs spiritueuses , et qui avait un régime insuffisant, je conseillai l'amputation comme seul moyen de sauver sa vie. Le malade s'y refusa. En conséquence, les os étant replacés dans leurs rapports , les parties molles furent rapprochées avec soin. Le membre fut mollement attaché sur une attelle , et l'avant-bras fut maintenu à angle droit avec le bras. La plaie se cicati'isa sans accidens; la guérison ne fut entravée que par la formation d'un abcès à l'épaule, qui fut ouvert et qui guérit promptement. L'articulation du coude ne fut
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pas même complètement ankylosee , car le
malade y conserva assez de mobilité pourpou- Toir reprendre ses travaux habituels.
Observation 168% — M. Stevsart , fut jele'hors de sa voiture, et se fit une fracture des condyles de l'iiumérus , avec saillie d'une portion du condyle interne à travers lapeau. Les bords de la plaie furent rapprochés immédiatement; de la charpie imbibée de sang fut appliquée dessus; on employa les lotions évaporantes , et le membre fut maintenu dans la flexion jusqu'à consolidation de la fracture. Le membre ne resta pas complètement inutile ; mais la mobilité en était beaucoup plus limitée que dans le cas précédent.
Observation 369'. -* M. L. , âgé de 74 ans , tomba, le 20 avril 1818, de la hauteur de quelques marches, et se fit une fracture comminutive du coude. Les condyles de l'humérus et l'olécrâne étaient fracturés ; le condyle interne sortait à travers la peau; il y avait une hémorrhagie considérable ; et le délabrement était tel qu'on pouvait imprimer à l' avant-bras des mouvemens de rotation dans tous les sens. (Charpie imbibée de sang sur la plaie , bandage à plusieurs chefs, attelle de^çirton, lotions évaporantes.) Cet appareil ne fut levé que le 15 mai. La plaie extérieure suppura un peu ; mais à aucune époque, l'articulation n'offrit de tendance à la suppuration. La pression exercée par l'attelle qui soirtenait le bras, retarda un peu la cicatrisation de la plaie. Aussitôt que cette cicatrisation fut obtenue, et que les fragmens osseux furent consolidés , on commença l'usage des mouvemens passifs ; et , quoique l'articulation restât très-déformée , le mem- I^rc recouvra des mouvemens fort étendus.
Le malade, qui était d'un grand âge et d'une constitution débilitée, n'aurait pu supporter un travail de suppuration dans l'articulation, et n'àuraitprobablement point survécu'i l'anruputation du bras. Si au lieu du traitement simple qui a été suivi dans ce cas, on applique des cataplasmes , le travail d'agglutination est empêché, la suppuration est produite, ce qui fait naitre de graves dangers, et oblige de 'fecourir à l'amputation.
Observation 170°. — Une femme de 50 à 60 ans , entra à l'hôpital~de Guy, pour une fracture des deux condyles de l'humérus avec plaie de l'articulation du coude, (cataplasme , fomentations deux fois par Jour.) Le lendemain, fièvre intense. Le troisième jour, gonflement considérable du. bras, suppuration sàîiieusé, abondante, à la plaie. Le quatrième jour, prostration des forces , cessation presque complète de la suppuration , gonflement du bras ; moii; le cinquième joui'.
Dans tous les cas de ce genre , le bras doit être placé dans la flexion, car l'ankylose à un degré plus ou moins prononcé est la conséquence presqu'inévitable de cette lésion. Si les fractures sont comminutives, et la plaie large, il faut enlever toutes les portions d'os isolées. Mais chez les vieillards , il arrive souvent que les forces ne peuvent supporter le travail d'agglutination, et alors l'amputation devient nécessaire. Il faut tenir les bords de la plaie rapprochés, les recouvrant avec de la charpie imbibée de sang , que l'on soutient avec des agglutinatifs et un bandage appliqué légèrement et humecté d'un mélange d'eau et d'alcool.
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