FRACTURES DO POIGNET
ture a ordinairement son siège à un pouce audessus de l'articulation. Quand elle est trèsoblique, le déplacement du radius peut être tellement considérable , qu'il en résulte une luxation du cubitus en avant.
Il existe, dans la collection de l'hôpital Saint- Thomas , une pièce anatomique qui représente cette double lésion. L'extrémité inférieui'e du radius est dans sa situation normale , son articulation avec les os du carpe est conservée. A un pouce au-dessus du ligament annulaire du cai-pe, le fragment supérieur du radius fait une saillie sous les tendons fléchisseurs qu'on a eu soin d'écarter; le cubitus est luxé en avant, et repose sur le grandes du carpe.
Les symptômes de cette lésion sont les suivans : la main est rejetée en arrière sur l'avant-bras , de manière fcà simuler, au premier aspect , une luxation du poignet ; on sent une saillie sous le tendon du cubital antérieur , précisément au-dessus du grand os; enfin, on reconnaît facilement sous les tendons fléchisseurs de la main, l'extrémité du fragment supérieur du radius. J'ai rencontré fréquemment cette lésion ; mais dans le principe, je n'en saisissais pas bien le véritable caractèi'e , et je ne l'ai parfaitement comprise qu'après la dissection.
Une extension très-puissante est nécessaire pour réduire cette fracture, et il est très-difficile de maintenir ensuite les fragmens au contact. Tandis que le chirurgien exerce des tractions sur la main , le bras et l'avant-bras doivent être tirés en arrière par un aide ; ensuite ou fixe solidement , au moyen d'une bande , un coussin à la partie interne du poignet , et à la partie postérieure de la main , afin de maintenir en position le cubitus et les fragmens du radius ; on place ensuite une attelle bien rembourrée k la partie postérieure et au côté interne de l'avant-bras ; ces attelles doivent s'étendre de la partie supérieure de l'avant-bras jusqu'au poignet et non au-delà. Le bras est placé dans une écharpe. Cette position doit être conservée pendant trois semaines chez les jeunes sujets , et pendant quatre ou cinq chez les sujets âgés , avant de commencer l'emploi des mouvemens passifs. La guérison se fait long-temps attendre; et quelquefois , il s'écoule six mois avant que la mobilité des doigts ne soit complètement recouvrée. .
Fracture DU radius, avec luxation compliquée DU CUBITUS. — Cet accident est trèsgrave, quand la fracture du radius est trèscomminutive ; mais la guérison s'o))tient trèsfacilement, quand cette fracture est simple.
■'■ Observation 171°. —J'ai observé cette lésion chez un homme qui était tombé sur le dos de la main; le cubitus faisait une saillie d'un pouce et demi à travers la peau. L'os fut réduit immédiatement et entouré d'une bande ; la plaie guérit par première intention, et la guérison fut complète.
Observation 172,' recueillie par M. Peploe Cartwright. — Susannah Grifflth , figée de 72 ans , entra à l'hôpital de Guy , le 10 avril 1822. Elle avait fait une chute sur le pavé ; sa main s'étaittiouvéeplacee souselle,de telle manière, que la face palmaire avait été fléchie avec force contre le côté interne de l'avant-bras ; l'extrémité inférieure du cubitus avait été portée avec violence à travers la peau, et celle du radius s'était fracturée obliquement [rédaction ; rapprochement aussi exact que possible des bords de la plaie ; charpie imbibée de sang sur la plaie, et maintenue par une bande ).
Le ti'oisième jour, le bi'as s'étant tuméfié et enflammé , on appliqua des cataplasmes.
Le 21 mai, la fracture du radius était consolidée ; la malade avait recouvré l'usage du pouce et des deux premiers doigts. La totalité du cartilage articulaire s'était séparée sous forme d'escharres noires, mêlées d'esquilles provenant du radius. Les bourgeons charnus étaient exubéraus. On recouvrit la surface de la plaie avec des agglutinatifs. La guérison fut considérablement retardée par le déplacement fréquent de l'extrémité du cubitus , déplacement qui était causé par l'agitation extrême de la malade, et par l'état œdémateux du membre, qui ne permit pas l'application des bandes aussi exactement qu'elle aurait dû être faite.
Le 18 juin, la plaie était presque guérie ; il y avait cependant encore une petite portion de l'extrémité du cubitus qui était sur le point de s'exfolier, et sur laquelle, afin d'en hâter l'exfoliation, on faisait des lotions où entrait l'acide nitrique.
Observation 173'. — Un homme entra à l'hôpital Saint-Thomas , dans le service de M. Chandler. Le cubitus sortait à travers la peau à la partie postérieure du carpe; il y avait en outre, une fracture compliquée et très-comminutive du radius. Le cubitus fut d'abord replacé, mais il reprit aussitôt sa position anormale , sans cependant faiz'e , de nouveau , saillie à travers la peau. La main et l'avantbras furent placés dans un cataplasme, et des fomentations furent prescrites deux fois par jour. Il en résulta une suppuration abondante, accompagnée de réaction générale violente. Dans le désir de sauver la vie du malade, M. Chandler fut obligé d'amputer le membre au bout de cinq semaines.
Autopsie. — Le cubitus était luxé en arrière ; son extrémité inférieure était logée dans la plaie, à travers laquelle elle avait fait saillie au dehors. Le radius était fracturé .'comminutivement ; quelques fragmens qui étaient libres, devaient être une cause d'irritation considérable; quelques-uns des tendons et des muscles , notamment le long radial externe , et les extenseurs du pouce , étaient déchirés.
Dans un cas semblable , quand on peut sentir des fragmens complètement détachés , il faut agrandir la plaie pour en faire l'extrac-
lion; et, nu lieu de cataplasmes et de fomcntai ions , il faut clioisir pour topique la charpie imbibtîe de sang , mollement fixée par une bande ; le bras doit Otre placé sur une attelle , afin que tout mouvement soit prévenu ; il faut recourir en même temps aux lotions évaporantes; et l'on ne doit plus toucher à l'appareil , à moins qu'il ne survienne des symptômes de suppuration ; si ces symptômes se manifestent, il faut pratiquer au bandage une petite ouverture pour l'écoulement du pus , mais, même dans ce cas, l'appareil ne doit jamais être dérangé. On doit, si l'inflammation et la fièvre sont intenses, recourir à la saignée et à des applications de sangsues. II faut entretenir la liberté du ventre; mais proscrire tout purgatif violent.
ObservationVUi' , Fracture du radius, luxation compliquée du poignet. — John Winter, fit une