HERNIES DE 1.' ABDOMEN
SfOMENCIiATUBE DFS inîRIVIES. — Les dillôrentes espèces de hernies ont 616 dénommées d'après les viscères qu'elles conticnuent , et d'après leur situation. Ainsi on les appelle hernies épiploïques ou épiplocèles , lorsqu'on n'y trouve que l'épiploon ; hernies intestinales ou enterocèles, si elles ne l'enferment que l'intestin; eniéro-épiptocèles, si l'épiploon et l'intestin s'y trouvent réunis; gastrocùle, si c'est l'estomac qui y est contenu ; hépatocbte , si c'est le foie ; cystocèle ou hernie cystique-, si c'est la vessie; hystér^cèle, quand c'est l'utérus, etc.
Viscères COMPOSANT LES BERNiEs. — Al'exception du duodénum et du pancréas, qui sont trop éti'oitcmcnt unis à la colonne vertébrale pour subir des changemens de situation , tous les autres viscères abdominaux peuvent entrer dans la composition d'une tumeur herniaire. Toutefois, les viscères cjui composent le plus habituellement les hernies sont l'épiploon et l'iléon; viennent ensuite par ordre de fréquence le colon, le cœcum, et le jéjunum ; quelquefois l'appendice cœcale est la seule partie de l'intestin qu'on rencontre dans le sac herniaire.
Sac herwiaire. — Le péritoine , dans la formation des hernies, descend au devant des viscèi'es et leur forme une poche dans laquelle ils sont contenus. Cette règle générale comporte cpielques exceptions pour les viscères qui dans leur état normal ne sont qu'incomplètement revêtus par le péritoine.
Les anciens chirurgiens croyaient que les hei'nies étaient produites par une déchirure du péritoine et des muscles abdominaux, de là le nom de rupture ; mais il est démontré par l'examen anatomico-pathologique, qu'une telle déchirure n'a presque jamais lieu.
Poui- former un sac herniaire , le péritoine n'est point entraîné hors de sa situation normale ; mais il s'alonge par une distension graduelle, et, le plus souvent cette élongation est accompagnée d'un léger épaississement. En effet, une pression modérée , mais long-temps continuée , est propre à déterminer l'alongement et l' ép aississement des tiss us. Aussi , quan d on compare le sac herniaire avec le péritoine d'où il tire son origine , on le trouve ordinairement formé par une membrane plus dense et plus compacte. Mais lorsque la hernie acquiert un volume considérable , les parois du sac s'amincissent , car l'extension peut dépasser ce degré où elle produit l'épaississement. C'est pour cela que,dansles hernies anciennes et volumineuses, on peut apercevoir quelquefois à traveis les parois du sac, le mouvement péristaltique des intestins ; c'est aussi pour cela que l'on trouve parfois des hernies sans sac, parceque l'extensibilité de celui-ci ayant atteint ses limites, il est entièrement détruit [absorbcd] , ou ne se conserve qu'au niveau de l'orifice. Aussi dans certaines hernies , ne trouve-t-on pour toute enveloppe sur la plus grande étendue de la tumeur , que la peau et le tissu cellulaire- D'autres fois, on a trouvé le sac tellement
épaissi , qu'il ne conservait plus aucune trace de son organisation primitive, et pouvait se diviser par couches. Mais, d'après mes obsei-vations, je suis porté à croircj que cette apparence de transformation du sac en plusieurs couches, dépend de ce qu'on n'a pas suHIsamment distingué du sac iui-mCme les envduppes du sac; car, autantquej'aipum'enassuier par la dissection , ce sont ces enveloppes qu i s'épaississent dans les hernies anciennes, tandis que le sac lui-même n'offre qu'une épaisseur un peu plus considérable que celle du péritoine.
Un sac herniaire, quelque petit cpi'il soit, adhère toujours aux parties qui l'entourent; toutefois, il peut être facilement repousse dans l'intérieur de l'abdomen. J'ai plusieurs fois répété cette expérience sur le cadavre , et j'ai vu alors que ce sac était maintenu lâchement dans la cavité abdominale à l'orifice qui lui avait livré passage. Cependant, la réduction du sac n'est possible que quand la hernie est petite et très-récente ; car si elle date d'une époque reculée, ou si elle est très-volumineuse, elle a toujours contracté avec les parties environnantes des adhérences si intimes qu'elles ne peuvent être détruites que par la dissection. Dans le principe, les adhérences sont faibles et peu nombreuses; mais leur force s'accroît progressivement , et elles se répartissent d'une manière imiforme sur toute la surface du sac.
L'ouverture par laquelle le sac communique avec l'abdomen est ordinairement sa partie la plus étroite; c'est ce qu'on appelle son collet ; mais à une petite distance de l'abdomen , et au-delà du point où les ouvertui'es aponévrotiques embrassent son collet, le sac herniaire se trouvant entouré de parties moins résistantes que le tissu fibreux, s'épanouit en une poche pyriforme.
Le sac herniaire s'échappant habituellement à travers les ouvertures destinées au passage des vaisseaux sanguins , il importe d'apprécier avec la plus grande exactitude ses rapports avec ces vaisseaux. Indépendamment de ceux qui accompagnent la hernie , il en est d'autres qui méritent la plus grande attention; dans les deux hei'nies les plus importantes, la hernie inguinale et la hernie fémorale, une artère passe près de l'orifice du sac , et son trajet est tellement important à connaîti'e, que le chirurgien qui ne l'aurait pas étudié serait exposé à compromettre les jours du malade dans l'opération de la hernie étranglée, ainsi que le démontrent deux observations dont on lira plus tard les détails.
EiSVELOPPES DE LA HERMIE. — LcS enVCloppcS
de la tumeur heiTiiaire varient suivant la nature des parties que le sac entraîne au devant de lui : c'est ainsi qu'une variété de la heinie inguinale présente une enveloppe musculaire, qu'une autre est enveloppée par l'aponévrose serrée d'un muscle, et que,dans une troisième, ontrouve ces deux espèces d'enveloppes réunies.
Sacs multiples. — Quelquefois on trouve