‹ Œuvres chirurgicales complètesChapitre 94 sur 214 · L\ TUNIQUE VAGINALE · texte numérisé non relu

L\ TUNIQUE VAGINALE

naire , lorsque, dans un léger effort , la hernie se reproduisit brusquement , et à partir de ce moment, resta irréductible; il était alors sept heures du matin.

Le malade ne tarda pas à ressentir, dans le ventre, de la douleur, et il fut pris de nausées et de vomissemens, ainsi que de douleur à l'anneau inguinal , et, depuis ce moment, il n'y eut point de selles. Un chirurgien ayant été appelé, essaya le taxis, mais sans succès. Il tira , dans la journée du samedi , environ soixante onces de sang. Ensuite , on plaça le malade dans un bain chaud, et on appliqua des réfrigér ens sur le scrotum, mais tout resta sans succès.

A son entrée à l'hôpital , les symptômes n'avaient rien de très-urgent. Le malade se sentait disposé à aller à la selle, mais il n'eut aucune évacuation. Le pouls était plein et dur; la peau chaude et sèche ; le visage trèsanxieux.

Le malade ayant été couché sur le dos, les cuisses fléchies sur l'abdomen, les genoux très-rapprochés, et les épaules un peu élevées, le taxis fut soutenu sans interruption, pendant vingt minutes. Ensuite, on administra de petites doses d'émétique, à intervalles rapprochés, et on renouvela les tentatives de taxis pendant que le malade était sous l'influence de ce médicament. Mais ces tentatives ne furent encore suivies d'aucune diminution apparente de la tumeur qui était très-volumineuse ; il y avait oedème des tégumens du pénis et du côté correspondant du scrotum. Aucune altération de couleur du scrotum ; impossibilité de sentir le testicule du côté droit. [Bain chaud; saignée de douze onces.) Le malade fut tenu dans le bain pendant une demiheure, sans qu'il survînt de faiblesse, mais aussi sans diminution de la tumeur ; le taxis ne causa que peu de douleur. Au moment oh le malade fut retiré du bain, pour être placé sur la chaise, il eut une faiblesse, pendant laquelle on le coucha sur le dos ; et on recommença les tentatives de taxis , mais toujours sans succès. Le malade fut alors reporté dans son lit , et on prescrivit un lavement de tabac. On lui en donna la moitié à midi trente-cinq minutes : cette première dose n'eut que peu d'effets surl'étatgénéral du malade; au bout de trente autres minutes, l'autre moitié fut administrée, et en peu de temps, le malade eut la poitrine couverte de sueur. Il éprouva une sensation pénible de débilité, fut pris de vomissemens et d'une prostration musculaire profonde. M. Winhinden profita de ce moment pour renouveler le taxis, mais ce fut encore sans succès; le malade fut ensuite laissé à luimême pendant quelques heures. Les symptômes n'étaient pas pressans; seulement, il n'y avait pas eu de selles, et de la douleur se faisait sentir à l'anneau inguinal ; en outre, l'abdomen était légèrement douloureux à la pression. M. Forster, ayant vu le malade à six heures du soir, le décida à subir l'opération, et la pratiqua de la manière suivante.

HERNIE ENKYSTÉE DE 11 commença l'incision des tt-gumens an niveau de Vanneau , et la prolongea en bas, dans une étendue à peu près égale au tiers de celle que présentait la tumeur. Le tissu cellulaire fut ensuite divisé; puis le sac dans une étendue d'un pouce. Le doigt fut alors introduit dans tonte sa longueui' à travers l'ouverture, et on dilata le sac au moyen du bistouri ; on n'y rencontra ni intestin, ni épiploon; mais une poche ou tunique, dont la transparence permettait de voir la couleur noire de l'intestin. M. Foi'ster fit, à cette enveloppe de l'intestin, une petite ouverture, dans laquelle il introduisit le doigt , afin de la déchirer de haut en bas, ce qui mit l'intestin à nu: il ne s'écoula de liquide à aucun moment de l'opération. Deux anses intestinales appartenant probablement à l'iléon, étaient renfermées dans le sac herniaii-e, et paraissaient avoir une longueur de neuf pouces. L'intestin était d'une couleur foncée, due seulement à la stagnation dans le cours du sang , mais , sous tous les autres rapports, était parfaitement intact. Il contenait quelques matières et beaucoup de gaz. On reconnut que l'étranglement siégeait à l'anneau inguinal , et que pour le débrider, il devenait nécessaire que l'incision des tégumens remontât au-dessus de ce point. On débrida directement en haut avec le bistouri boutonné ; porté sur le doigt et introduit dans l'anneau. Il existait , au niveau de l'anneau, de légères adhérences siégeant au collet du sac; mais onles déchira sans difficulté avec le doigt. La réduction de l'intestin fut laborieuse, parce que le chirurgien n'avaitpas pris la précaution de le débarrasser , au moyen de pressions exercés sur les matières qu'il renfermait. Toutefois, non il est vrai sans quelques difficultés , les intestins furent replacés dans le ventre. Alors on vit à nu , 1° le testicule à la partie postérieure du sac ; 2° l'aspect brillant et poli de la tunique vaginale dans la cavité de laquelle se trouvait une portion du sac, qui recouvrait immédiatement l'intestin, et que M. Forster avait déchiré dans l'opération , avant de mettre l'intestin à nu. Ce sac avait l'aspect d'une membrane vasculaire et tellement mince, que, comme je l'ai déjà dit, on pouvait voir l'intestin à travers son épaisseur. La tunique vaginale avait été reconnue avant qu'il eût été divisé. Le testicule était moins volumineux qu'à l'ordinaire.

Les lèvres de la plaie furent réunies à leur partie moyenne, à l'aide d'une suture. Celle-ci ne comprenait pas la tunique vaginale; audessus et au-dessous furent placées des bandelettes de diachylon; le tout fut recouvert d'un plumasseau et d'un bandage en T. Le malade, après avoir été placé dans son lit, se trouva beaucoup mieux. On lui prescrivit de l'huile de ricin en lavement. Deux heures api-ès , il n'avait pas encore eu de selles.

Huit heures du soir : le malade a dormi pendant une demi-heure, et repose encore. A onre heures et demie, le malade a dormi trois heures et éprouve un soulagement marqué. Il a

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