‹ Œuvres choisiesChapitre 101 sur 124 · PAU F, I · texte numérisé non relu

PAU F, I

brutalement exécuté de Paire descendre de leurs voitu dans la neige ou dans la boue, les hommes el les femmes

aussitôt qu'ils apercevaient l'empereur, | 1 se prosterner

devant lui, et les sévérités dont furent punies les infractions ;i cette étiquette extérieure, souleva l'indignation muetti Russes et des étrangers. La rencontre inattendue de l'empereur devjnt un dangéY public dans Pétersbourg.

L'étiquette de l'intérieur «lu palais ne fui ni moins pué rile, ni moins humiliante, m moins brutale. < >n punissait celui i|ni. en s'agonouillant devanl l'empereur, n'avait pas

fait ré»( ei assez fortement la salle du bruit de son genou

bui le parquet : on sévissait contre relui qui, en baisant la main de l'empereur, ne faisait pas retentir avec assez d'éi I >i le baiser servilo du courtisan sur l.i main du tyran. Le prince Galitzin lui-môme, grand chambellan du palais, rut envoyé à l.i forteresse pour avoir plié !<• genou et collé les lèvres trop négligemment dans ses fonctions auprès de l'empereur. Le changement de l'uniforme commode, souple et chaud do

l'armée russe, contre le coslui ïtroit, disgracieux el froid

des troupes allemandes, acheva d'exaspérer la nation. M.ii^ l'habitude de I obéissance aux caprices despotiques des tsars, l,i vigilance de la police, l« promptitude des supplices, coin primèrent longti mps toute émotion

LES « CANUTS d LYONNAIS A LA FUS DU XVJIb SIÈCLk

On appelle « canut», dans le dialecte de la région lyonnaise, l'on \ri<T qui tisse la soie. Ecrivant la vie de .lacquard (l75a-i834), Lamartine dépeint d'une manière saisissante l'existence des familles dei canuts avant l'invention du métier perfectionné auquel cet ouvrier de génie a laissé son nom.

Entrons dans co faubourg de Lyon. Les toits, noircis par la fumée des machines et par la vapeur des chaudières où l'on teint les laines et les soies, sortent à peine du brouillard de la me; on \<>ii peser d'en haut, sur ces maisons, un miasme lourd, éternel, visible; le vènl frais qui suit le courant de deux fleuves s'efforce vainement de rejeter ces lambeaux de brume sur les collines. La brise du Rhône et de la Saône ne parvient à arracher au soleil que quelques rayons pluvieux qui semblent répugner à salir leur lumière par le contact de cette haleine immonde d'une \ille de feu et de bruit.

A droite et à gauche de ce faubourg, artère malsaine d'un corps souffrant, s'élèvent des rues grimpantes, étroites, tortueuses, entrecoupées de degrés de pierre, bordées des deux côtés de maisons à quatre ou six étages, qui se disputent l'air, le jour, et qui, n'ayant pas sur le sol assez de place

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