‹ Œuvres choisiesChapitre 112 sur 124 · MÉMOIRES INÉDITS · texte numérisé non relu

MÉMOIRES INÉDITS

nous allions, i^ous nous arrêtâmes à Saint-Denis, sur une grande place remplie de troupes, devant une caserne ; on nous remit en marche à cinq heures du matin. La voiture du roi avait passé en silence au milieu de la nuit, prenant la roule de Lille. Nous comprîmes qu'on avait cédé sans combattre à l'empereur. Le maréchal Marmont, suivi d'une vingtaine de généraux, se mêla à cheval dans nos rangs ; le comte d'Artois, le duc d'Angoulême et le duc de Berry ' marchaient tristement à distance sous une pluie fine. On ne parlait pas. L'orgueil de la France était humilié. Cette grande désertion en masse ne pouvait rendre ce qu'elle sentait que par le silence. J'étais bien jeune, mais je puis dire que le poids de vingt révolutions pesa en ce moment sur ma poitrine.

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