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INTRODUCTION XXXIII

nations étrangères il adressa; dès le i mars, un Manifeste retentissant, œuvre du même Lamartine1. Jamais peut-être la diplomatie n'avait parlé un langage si hautement philosophique, si libre, si dégagé des petites-habiletés de cabinets. On imagine lWdente satisfaction de Lamartine, — le Lamartine de la Politique rationnelle et des discours parlementaires, — adressant à l'Europe des paroles comme celles-ci : « La volution française vienl d'entrer dans sa période définitive. La France est République : la République française n'a pas besoin d'être reconnue pour exister... Elle est la volonté d'un grand peuple qui ne demande son titre qu'à lui-même. » Et encore : « Les gouvernements monarchiques, aristocratiques, constitutionnels, républicains, son! l'expression des différents degrés de maturité du génie des peuples. Ils demandent plus de liberté à mesure qu'ils se sentent capables d'en supporter davantage... Un peuple se perd en devançant l'heure de cette maturité, connue il se déshonore en la laissant échapper sans la saisir. » A une comparaison entre la France de 1 T *. t -2 et celle de 1848, destinée à rassurer les gouvernements trop portés à juger le présent d'après le. passé, il ajoutait enfin cette fière déclaration : « La République française n'intentera la guerre à personne. Elle n'a pas besoin dé dire qu'elle l'acceptera, si on pose les conditions de guerre au peuple traînais... Heureuse la France si on lui déclare la guerre, et si on la contraint ainsi à grandir en force et en gloire, malgré sa modération ! Responsabilité terrible à la France si la République déclare elle-même la guerre sans \ être provoquée ! »

Ces affirmations généreuses, donl on ne saurait mettre en doute la sincérité, couvraient mal cependant, et sur un point essentiel, rembarras de Lamartine et de ses collègues : pris entre l'impossibilité d'accepter les traités de 1815, que l'opposition avait si durement reprochés à L'ancienne monarehie, et l'impossibilité de faire la guerne, force leur était de s'en tenir au\ formules vagues. De même, le désir de favoriser l'émancipation des nationalités e^i contrebalancé par la volonté de maintenir la paix. La neutralité, sans humiliation pour la France, sans arrière-pensée de perfidie à l'égard de l'Europe, voilà tout ce que pouvait demander ou promettre le Gouver nement provisoire. Mais à ces conseils de la prudence Lamartine, philosophe et poêle, avait su donner la forme magnifique d'une déclaration de paix internationale.

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